Déstabilisation du Sahel : Un sénateur américain dénonce les activités terroristes du Polisario
Le sénateur américain Ted Cruz a récemment affirmé devant une commission du Sénat qu’il disposait de preuves établissant que le Front Polisario, basé en Algérie, soutiendrait et armerait des groupes terroristes actifs au Sahel. Il a comparé ce mouvement aux Houthis du Yémen et plaidé pour sa désignation comme organisation terroriste.
Cette déclaration est lourde de conséquences. Sur le plan sécuritaire, elle conforte les inquiétudes exprimées par les États du Sahel, notamment le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui dénoncent depuis plusieurs mois l’existence d'ingérence répétées d'Alger et de son soutien caché aux groupes armés terroristes. Sur le plan diplomatique, elle place l’Algérie dans une position délicate, en le mettant chef de file de l'instrumentalisation du Polisario par les opérations constatées sur le terrain de la guerre véritablement engagée de déstabilisation de pays voisins. Sur le plan stratégique, si Washington venait à classer le Polisario comme organisation terroriste, cela bouleverserait les équilibres diplomatiques en Afrique du Nord et de l’Ouest, avec des répercussions directes sur les relations entre Alger et les pays parties prenantes, mais aussi sur les débats peu teigneux au sein de l’Union africaine.
Les États de la Confédération du Sahel (AES) - Mali, Niger, Burkina Faso - dénoncent depuis longtemps l’ambivalence de certains acteurs régionaux et internationaux. Les accusations de Ted Cruz rejoignent, au moins partiellement, ces griefs : elles mettent en lumière les soutiens logistiques et militaires aux groupes armés, l’hébergement et la formation de combattants dans certains pays voisins, ainsi que la fragilisation des institutions par des actions indirectes de déstabilisation.
Cette prise de position illustre une avancée notoire et un pas progressiste sinon évolutif sous un climat de tensions internationales où l'Amérique a une grande part de responsabilité devant l'histoire et l'humanité entière qui observe avec inquiétudes ce qui se passe ailleurs en mer d'Oman. À ne pas ignorer non plus dans ce jeu du «Je t’aime, moi non plus» sur le plan diplomatique. Washington veut certes afficher une fermeté nouvelle au Sahel, mais ses signaux contradictoires - coopération annoncée d’un côté, appels au départ de ses ressortissants de l’autre - entretiennent la méfiance. Bamako et ses partenaires de l’AES accueillent favorablement toute reconnaissance des menaces extérieures flagrantes, mais exigent une clarification diplomatique et une cohérence dans les actes politiques.
Les propos de Ted Cruz ouvrent ainsi un nouveau chapitre dans la perception internationale du conflit saharo- sahélien. Ils placent l’Algérie et le Polisario au centre d’un débat qui dépasse la seule question du Sahara occidental pour toucher directement la sécurité du Sahel entier.
Pour Bamako et ses partenaires de l’AES, cette prise de position américaine peut être interprétée comme une validation de leurs alertes, mais elle appelle à une vigilance accrue : la lutte contre le terrorisme ne peut se mener efficacement sans la transparence et la cohérence dans les actes posés visant à des alliances stratégiques durables et sincères. Comme c'est le cas dans notre espace Confédéral : l’AES !
La Rédaction