” Drame au Sahara : j’avais seulement 18 ans, j’étais vierge. Brahim Ghali m’a violée”.

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Dans son édition  du samedi 1er mai 2021, le quotidien espagnol la Razon a publié un article, sous le titre : ” Drame au Sahara : j’avais seulement 18 ans, j’étais vierge. Brahim Ghali m’a violée”.

Khadijatou Mahmoud ne cesse de dénoncer, depuis 11 ans, Brahim Ghali  dans plusieurs fora internationaux et sahraouis.

– Elle dénonce celui qui fut ambassadeur de la rasd en Algérie, et qui est l’actuel leader du front Polisario et président de la République Arabe Sahraouie Démocratique (rasd) comme son violeur : ” il m’a violée quand je suis venue demander un visa pour me rendre en Europe”, déclare Khadijatou Mahmoud.

La jeune femme est née en juillet 1991 dans les camps de Tindouf, en Algérie, et a pris part depuis 1996 au programme “Vacances en Paix”.

Elle revenait dans les camps pour y rendre  visite à sa famille biologique,  profitant, au passage, pour y travailler en qualité de traductrice pour des ONG.

– “Je n’étais âgée que de 18 ans lorsque Brahim Ghali a abusé sexuellement de moi ; j’étais vierge ;  c’est la pire chose qui puisse arriver à une femme, surtout dans notre société fortement conservatrice. Ce viol a eu lieu à  l’occasion d’un étrange rendez- vous aux services consulaires à 19h00.”

– Totalement désorientée, Khadijatou s’est rendue chez un médecin privé, accompagnée d’une amie.

– Après avoir retrouvé ses esprits, Khadijatou a raconté sa mésaventure à sa mère biologique, laquelle lui a recommandé de ne pas dénoncer son violeur et de ne pas chercher de problèmes  qui risqueraient de salir son honneur.

De retour en Espagne, elle a pris son courage à deux mains et a déposé plainte, en 2013, auprès de l’Audience Nationale.

Khadijatou  bénéficie du statut d’apatride, quand bien même elle vit avec ses parents adoptifs espagnols. Cette situation a constitué, selon elle, un obstacle au moment de saisir la justice, car les faits se sont déroulés en Algérie et que son violeur est Sahraoui ;  l’Audience Nationale a fini par rejeter sa plainte en 2018.

Khadijatou  nourrit l’espoir qu’après le mouvement #MeToo et le cas de viol dénommé “la manada”, sa future plainte contre Ghali sera acceptée.

Khadijatou dit vivre avec l’espoir, qu’un jour, justice lui sera rendue.

La présence de Ghali en Espagne lui a fait revivre son calvaire. ” Je ne trouve pas le sommeil  depuis plusieurs jours ; je n’arrive pas à comprendre comment ce monsieur a pu entrer en Espagne en toute impunité.  C’est un criminel”, explique Khadijatou.

Pour Khadijatou,  le moment est idéal pour que les autorités espagnoles l’arrêtent ou lui interdisent de quitter le territoire, dès lors qu’il fait l’objet de poursuites judiciaires pour plusieurs affaires,  n’étant pas la seule personne à l’avoir dénoncé.                                Dans un reportage exhaustif , du quotidien espagnol la Razon, occupant une grande partie de page, illustré par une photo expressive de la victime, La journaliste Esther S. Sieteiglesias a livré un témoignage poignant de Khadijatou Mahmoud.

D’emblée, l’article s’attaque au vif du sujet et accuse directement Brahim Ghali d’être l’auteur du viol commis à l’encontre de Khadijatou.

Après un bref aperçu biographique de la jeune victime sahraouie ( naissance dans les camps, départ en Espagne dans le cadre du programme des vacances, séjour avec famille adoptive de Séville, retour aux camps en tant que volontaire traductrice), le récit s’arrête à la date fatidique du viol perpétré par l’ex-embassadeur de la prétendue rasd à Alger, devenu plu tard le chef du polisario.

L’auteur signale que pour des raisons familiales et culturelles liées à la société conservatrice sahraouie mais également t par crainte d’être persécutée, la jeune sahraouie n’a pu révélé son drame et dénoncé son violeur que de retour en Espagne avec le soutien de sa famille adoptive.

Toutefois, enchaîne la journaliste, la plainte a été rejetée en 2018 par l’Audience Nationale sous prétexte que les deux parties impliquées ne sont pas de nationalité espagnole et que l’accusé ne réside pas en Espagne.

Sur ce point, l’auteur précise que aussi bien Brahim Ghali que Khadijatou, du côté de son père Mahmoud étaient des citoyens espagnols jusqu’à 1975, oú le Sahara était une colonie espagnole.

La journaliste indique que le contexte actuel marquée par la répulsion sociale au crime de viol ( le mouvement mee to, les affaires de viol collectif en Espagne) pourrait faire arriver l’affaire au bon port.

De même, la présence de Brahim Ghali en Espagne, bien que Khadijatou n’arrive pas à comprendre comment on a permis à un violeur recherché d’accéder en territoire espagnol en toute normalité, est en quelque sorte une chance pour réclamer justice.

Pour cela, précise l’auteur, Khadijatou est soutenu par une avocate pour mieux cerner son drame et son traumatisme.

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