Forum du Réseau de la Gauche africaine : Les élections de 2012 au cœur des préoccupations

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Du 25 au 27 novembre 2011, à la faveur du 3ème Forum du Réseau de la Gauche africaine (ALNEF), organisé sous l’égide du parti SADI, Bamako a été, en l’espace de trois jours, la capitale des partis politiques de Gauche. A l’issue de cette rencontre, plusieurs résolutions ont été adoptées, parmi lesquelles une résolution sur les élections de 2011-2012 en Afrique.

Dans le cadre de la 3ème rencontre du Forum du Réseau de la Gauche africaine, 23 partis politiques et mouvements de gauche étaient en conclave à Bamako du 25 au 27 novembre 2011. Venus d’Afrique de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du Sud et du Centre, de la Suède, de la France, du Brésil, du Venezuela et des Etats-Unis d’Amérique, des partis politiques de Gauche, après une analyse profonde des enjeux et risques du contexte électoral dans lequel se trouvent plusieurs pays africains dont le Mali, le Kenya, le Maroc, le Sénégal, la Guinée, la Cote d’Ivoire, la République Démocratique du Congo (RDC), l’Egypte ont élaboré une résolution.

Les partis politiques de la Gauche ont constaté que « les régimes réactionnaires d’Afrique ne voient la perpétuation de leur règne qu’à travers un hold-up électoral, les coups d’Etat militaires  et les révisions internationales de constitutions pour  s’éterniser au pouvoir et asseoir une succession  monarchique à la tête de l’Etat ». Ils ont aussi mis en exergue le fait que ces régimes ne reculent ni devant l’ethnicisme, ni le tribalisme, ni même devant le meurtre pour défendre leur situation de sinécure, avant de déclarer qu’ils ne peuvent s’accommoder d’aucune forme de transparence, qu’elle soit en matière de gestion des affaires économiques, des médias d’Etat et des processus électoraux.

Face à cette volonté affichée, les partis de gauche expriment leurs vives préoccupations par rapport aux risques de basculement dans le chaos  de plusieurs pays d’Afrique engagés dans un processus électoral fort controversé. Mieux, ils ont interpelé  les Gouvernements, les Présidents monarques africains sur leurs responsabilités face à cette situation et l’Union africaine et aux autres instruments d’intégration ont été invités à  anticiper sur les crises électorales en participant à trouver des mécanismes de veille et de contrôle garantissant un vote libre des citoyens. Et, pour mettre les régimes africains face à leurs responsabilités, les partis politiques de gauche « exigent  des régimes africains de créer les conditions de nature à garantir le déroulement des élections dans un climat de démocratie, de liberté, d’égalité et de transparence ».

Pour cela, ils ont exigé l’organisation des élections  par une instance réellement indépendante,  la création d’un cadre légal organisant le financement des élections, la promulgation d’une loi électorale démocratique et la garantie d’un égal accès pour tous les candidats et listes de candidature aux médias publics. En invitant  toutes ses organisations  membres à intensifier les luttes populaires par la mobilisation des masses notamment les jeunes et les femmes contre toutes manœuvres de confiscation du suffrage au mépris de leur souveraineté et  de leur volonté et contre la dévolution monarchique du pouvoir, le Forum du réseau des partis de Gauche a dénoncé  vigoureusement le recours par les gouvernements à la solde de l’Occident au clientélisme,  à la corruption, à l’intimidation, à l’emprisonnement voire l’assassinat d’opposants pour diviser  et neutraliser les organisations politiques et  sociales en lutte contre leurs politiques désastreuses. Pour finir il a lancé un appel à  toutes les forces révolutionnaires, démocratiques et progressistes en Afrique et dans le monde à apporter leur solidarité active aux peuples africains en lutte pour  le respect et la réalisation de leurs droits à la libre expression, la démocratie et le progrès, la souveraineté, la libération nationale et sociale.

Assane Koné

 

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