François Hollande se dit déterminé à réformer l'économie

François Hollande s'est déclaré lundi déterminé à prendre "tous les risques" pour réformer et relancer l'économie française en s'appuyant sur les "forces positives" du pays qui refusent de se laisser "submerger par l'angoisse" de l'avenir.

5 Jan 2015 - 09:34
5 Jan 2015 - 10:23
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Invité durant deux heures de France Inter, le président a dit espérer pour 2015 une reprise de la croissance, favorable à l'emploi, qu'il espère supérieure à la prévision officielle de 1% cette année, mais aussi plus élevée en 2016. "J'ai été élu sur le changement, je changerai tout ce qui bloque, empêche, freine et nuit à l'égalité et nuit au progrès, c'est quand même assez simple, je prendrai de ce point de vue là tous les risques", a-t-il déclaré. [caption id="attachment_176782" align="alignleft" width="344"]François Hollande C'est de Brastislava, en Slovaquie, où il était en visite officielle que François Hollande a annoncé la libération des quatre otages d'Arlit, après plus trois années de détention, le 29 octobre 2013.
REUTERS/[/caption] A l'orée d'une année marquée par deux scrutins périlleux pour la gauche - élections départementales en mars et régionales en décembre -, il a invité le pays ne pas céder au pessimisme. Au moment où le Front national séduit l'opinion tandis que lui-même bat des records d'impopularité, il a exhorté les Français à refuser "l'idée de la soumission, de la submersion, de l'invasion" pour miser sur les "forces positives". "C'est sur ces forces positives que je veux m'appuyer, moi, pour la France. Il y en a beaucoup, énormément", a-t-il assuré. Misant sur une croissance plus forte que les prévisions officielles pour les années à venir, le président a précisé que les éventuelles recettes supplémentaires serviraient en priorité à réduire des déficits plutôt qu'à faire baisser des impôts. Alors que le chômage a encore augmenté de 0,8% en novembre, François Hollande a dit "assumer" la responsabilité de l'échec sur le sujet de préoccupation numéro un des Français. Si beaucoup dépend de la conjoncture économique et des choix européens, "il y a une responsabilité que j'assume", a-t-il dit. "JE NE ME PRÉOCCUPE PAS DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE" Aux reproches d'une partie du camp socialiste et des écologistes, le président a affirmé que sa politique était bien de gauche puisqu'elle vise à "donner des forces" à l'économie tout en "préservant le modèle social" français. "Est-ce que j'ai pris le bon chemin, nous le verrons à la fin", a-t-il dit, jugeant hors sujet de se préoccuper pour l'heure de l'organisation d'une primaire à gauche pour 2017. "Pour l'instant je ne me préoccupe pas de l'élection présidentielle, je me préoccupe des Français", a-t-il dit. François Hollande a repoussé l'idée d'un passage en force, via l'article 49-3 de la Constitution, pour faire voter la loi sur la croissance de son ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, jugée régressive par une partie de la gauche. "Si c'est favorable à l'emploi, si c'est juste socialement, pourquoi la gauche ne la voterait pas ?", a-t-il dit à propos d'un texte qui n'est pas selon lui "la loi du siècle". Ciblé par une partie des écologistes, notamment par l'ancienne ministre Cécile Duflot, François Hollande a confirmé sa promesse de campagne de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace. Il a en revanche affirmé que la construction de l'aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, commencerait une fois les recours épuisés. François Hollande a qualifié d'"exemplaire" la politique française en matière de transition écologique, à un an de la grande conférence sur le climat de Paris où il espère obtenir un accord global contraignant contre le réchauffement climatique. (Elizabeth Pineau et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)