Guerre au Moyen-Orient : L’Université Kurukanfuga de Bamako pose le débat sur les enjeux et implications pour le Mali

En réunissant des experts au sein de l’établissement pour évoquer les enjeux et les implications de la guerre en cours au Moyen-Orient, les responsables de l’Université Kurukanfuga de Bamako ont expliqué vouloir jouer un rôle d’avant-gardiste auprès des étudiants

13 Mar 2026 - 10:17
13 Mar 2026 - 10:19
 0
Ecouter cet article
Guerre au Moyen-Orient : L’Université Kurukanfuga de Bamako pose le débat sur les enjeux et implications pour le Mali
00:00
Guerre au Moyen-Orient : L’Université Kurukanfuga de Bamako pose le débat sur les enjeux et implications pour le Mali

Avecla situation conflictuelle qui prévaut actuellement au Moyen-Orient,l’Université Kurukanfuga de Bamako (UKB) a organisé une conférence-débats surle thème : «guerre états-Unis/Israël contre l’Iran : quels enjeux,quelles implications pour le Mali ?». C’était hier à la Faculté dessciences administratives et politiques (FSAP) sur la colline de Badalabougou.La cérémonie d’ouverture des débats a été présidée par le ministre del’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye.L’activité a également enregistré la présence du recteur par intérim de l’UKB,Pr Paul Traoré ainsi que celle du doyen de la FSAP, Cheick Hamala Touré. Lesconférenciers étaient Abdoul Sogodogo et Aly Tounkara (experts en sécuritéau Sahel) et l’économiste Modibo Mao Macalou. La modération des débats étaitassurée par l’ancien ministre de l’Agriculture et ex-secrétaire général de laPrésidence de la République, Baba Berthé.

Aucours de son intervention, le recteur par intérim de l’UKB est revenu sur laraison pour laquelle son établissement a initié cette rencontre de portéemajeure. Pour Pr Paul Traoré, la raison est que l’UKB ne pouvait pas rester enmarge du débat mondial en cours autour du conflit qui embrase le Moyen-Orient.Il ajoutera que son Université a organisé ce cadre d’échanges au profit des étudiantsdans le but d’approfondir leurs connaissances sur le sujet abordé et leurpermettre de cerner tous les contours relatifs aux enjeux et implications géopolitiques,sécuritaires et économiques qui peuvent résulter de ce conflit. Au regard desrisques d’effets de domino que ce conflit pourrait provoquer sur le continentafricain par ricochet au Mali, le recteur par intérim a souligné que l’UKBdevrait donc jouer ce rôle d'avant-gardiste. D’autant plus que, selon lui, lamission de son Université est d'assurer non seulement la formationinitiale, la formation continue, mais aussi la formation universitaireainsi que la formation post-universitaire dans le domaine du droit des sciencespolitiques et des sciences administratives. 

Saluantla pertinence du thème, le ministre de l’Enseignement supérieur et de laRecherche scientifique a laissé entendre que ce conflit pourrait nous affectersous trois dimensions. Pr Bouréma Kansaye a mentionné la sécurité, l’économieet la souveraineté. Concernant le dernier volet évoqué, le ministre dira quecela impliquera une vigilance constante, une capacité à naviguer avecdiscernement entre les blocs, à résister aux injonctions qui limiteraient notreautonomie décisionnelle. D’après lui, c'est dans ce contexte que l'éducation,la formation du citoyen et la recherche scientifique prennent toute leurdimension et toute leur responsabilité. « Notre rôle n'est pas seulementde transmettre le savoir, mais de le créer, de le déconstruire, de confronterles concepts et les théories dominantes aux réalités du monde. Nous devonsformer des esprits critiques, des analystes conscients, des chercheurs capablesd'apporter des solutions concrètes et innovantes », a-t-il fait savoir. Etde soutenir que l'époque où l'on pouvait considérer les conflits internationauxcomme des affaires étrangères à nos propres destins est révolu.

PourPr Aly Tounkara, avec la tension autour du détroit d’Ormuz où passeraient 20%du pétrole mondial et du gaz liquéfié, les opérations militaires pourraient êtreaffectées chez nous. D’après l’expert en sécurité au Sahel, les opérationsmilitaires aussi terrestres que aériennes pourraient en pâtir du fait d’une éventuellerareté voire de cherté de ces produits pétroliers dont nous sommes de grandsimportateurs. Face à ce genre de situation, l’enseignant-chercheur àl’Université Yambo Ouologuem de Bamako a mis l’accent sur la nécessité desonger dorénavant à constituer des stocks de réserve afin de pouvoir anticiperde telles situations à l’avenir.

De soncôté, Modibo Mao Macalou croit savoir que les impacts de ce conflit pour notrepays et même pour l’Afrique pourraient être colossaux dans la mesure où « nousallons » vers un nouveau choc énergétique. D’après lui, l’explosion desprix de l’énergie va forcément avoir des répercussions sur l’ensemble des bienset services qui seront produits. « Cela va faire que le pouvoir d’achatdes populations va diminuer avec des effets sur l’alimentation, le transport,le logement. Il va falloir prendre des mesures pour pouvoir faire face à toutesces situations », a préconisé l’économiste. Pr Abdoul Sogodogo a, quant àlui, évoqué une implication religieuse pour notre pays avec la possibilité devoir des manifestations de solidarité pour les religieux d’obédience chiite.L’Iran étant un pays à très grande majorité chiite.

Alassane Cissouma