Le parquet de Paris ouvre une enquête pour vol d’uranium au Niger, dans des gisements auparavant gérés par un groupe français

Les enquêteurs soupçonnent que cet uranium, estimé à 160 millions d'euros, soit envoyé en Russie.

19 Déc 2025 - 16:04
19 Déc 2025 - 20:11
 2
Ecouter cet article
Le parquet de Paris ouvre une enquête pour vol d’uranium au Niger, dans des gisements auparavant gérés par un groupe français
00:00
Le parquet de Paris ouvre une enquête pour vol d’uranium au Niger, dans des gisements auparavant gérés par un groupe français
La carrière d'une mine d'uranium à ciel ouvert dans le désert d'Arlit, au Niger. (PATRICK GUYOT / MAXPPP)

Une enquête pour vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère a été ouverte par le parquet de Paris, après la disparition de 1 000 tonnes d'uranium civil, dans des gisements exploités auparavant par le groupe français Orano (ex-Areva) sur le site d'Arlit, au nord du Niger, révèle franceinfo vendredi 19 décembre. Une information que confirme le parquet de Paris sollicité par franceinfo.

De sources concordantes, les enquêteurs soupçonnent que cet uranium, estimé à 160 millions d'euros, soit envoyé en Russie. Toujours selon les informations de franceinfo, confirmées par le parquet de Paris, l'enquête a été ouverte au mois d'août 2025 après une plainte déposée par Orano. Les investigations sur ce sujet ultrasensible sont confiées à la DGSI, la direction générale de la Sécurité Intérieure, qui s’occupe notamment des risques d’ingérence et de la protection du patrimoine économique français.

Le géant français du cycle du combustible nucléaire a été exproprié par la junte, qui a pris le pouvoir en juillet 2023, et les gisements ont été nationalisés depuis juin au nom "du droit légitime du pays à exploiter ses richesses", revendique le chef de la junte le général Abdourahamane Tiani.

"Seule la Russie a manifesté un intérêt"

Le régime militaire du Niger a annoncé mettre l'uranium sur le marché international. "Seule la Russie a manifesté un intérêt" et "seule la Russie peut l'exploiter", affirme un connaisseur du sujet à franceinfo. Contacté par franceinfo, le groupe français Orano rappelle qu'en vertu d'un arbitrage international rendu en septembre, le Niger n'a pas le droit de vendre ni même de transporter cet uranium.  

Selon les informations de franceinfo, après avoir été déplacé en camion sous escorte de l'armée, l'uranium se trouve désormais à Niamey, la capitale du Niger, en vue d'un transfert possible vers le Togo en passant par le Burkina Faso. Ce scénario inquiète des spécialistes de la région, certaines zones étant aux mains d'Al Qaïda.

Dource: https://www.franceinfo.fr/