Paris s’oppose aux frappes sur les infrastructures civiles en Iran, avertit Barrot

Réagissant aux menaces du président américain Donald Trump, Barrot a averti qu’une telle stratégie entraînerait « une nouvelle phase d’escalade et de représailles », susceptible de plonger la région dans « un cercle vicieux très inquiétant »

7 Avr 2026 - 07:31
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Paris s’oppose aux frappes sur les infrastructures civiles en Iran, avertit Barrot

La France s’oppose fermement à toute frappe contre les infrastructures civiles en Iran et met en garde contre une escalade aux conséquences régionales et économiques majeures, a déclaré mardi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

« Nous nous opposons à toute frappe sur les infrastructures civiles », a affirmé le chef de la diplomatie française, rappelant que ces attaques sont contraires au droit international.

Réagissant aux menaces du président américain Donald Trump, Barrot a averti qu’une telle stratégie entraînerait « une nouvelle phase d’escalade et de représailles », susceptible de plonger la région dans « un cercle vicieux très inquiétant ».

Il a également insisté sur les conséquences économiques du conflit, soulignant que « nous connaissons déjà une flambée des prix des carburants », qui pourrait s’aggraver en cas d’attaques contre les infrastructures énergétiques iraniennes.

Concernant le détroit d’Ormuz, le ministre a rappelé que « la libre circulation des navires est un bien commun », appelant à sa réouverture et à la garantie de la sécurité maritime.

Il a indiqué que la France travaille avec ses partenaires à la mise en place d’un dispositif d’escorte navale, précisant qu’il s’agirait d’une mission « strictement défensive ».

Par ailleurs, Barrot a souligné que Paris ne souhaite pas être entraîné dans le conflit.

« C’est une guerre que nous n’avons pas choisie », a-t-il déclaré, ajoutant que la priorité est « la sécurité de nos compatriotes » et la protection des intérêts français dans la région.

Il a indiqué que la France a déployé des moyens navals importants, « comme on ne l’avait pas vu depuis très longtemps ».

Sur le plan militaire, le ministre a estimé qu’une intervention terrestre américaine comporterait « beaucoup plus de risques que de bénéfices », évoquant les précédents de l’Irak et de l’Afghanistan.

S’agissant du programme nucléaire iranien, il a plaidé pour une solution diplomatique.

« C’est par un dialogue exigeant et rigoureux que nous pourrons empêcher le régime iranien de développer une arme nucléaire », a-t-il affirmé.

Il a confirmé que des discussions étaient en cours via des médiateurs régionaux, estimant qu’elles constituent une alternative à l’escalade militaire.

Concernant les ressortissants français en Iran, Barrot a indiqué que deux d’entre eux sont toujours retenus, ajoutant que la France exige « leur libération immédiate ».

Évoquant la situation au Liban, il a dénoncé une situation « dramatique », appelant à un cessez-le-feu et au désarmement du Hezbollah.

Enfin, il a réaffirmé le soutien « indéfectible » de la France à l’Ukraine, dénonçant les frappes russes contre les infrastructures civiles.

Face à la hausse des prix de l’énergie, le ministre a souligné la nécessité de réduire la dépendance aux hydrocarbures, estimant que « ce n’est plus acceptable ».

Le conflit s’est intensifié depuis le 28 février, date du lancement d’une offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, ayant fait plus de 1 300 morts selon des sources iraniennes.
En représailles, Téhéran a mené des frappes de missiles et de drones visant Israël ainsi que des installations américaines et alliées dans la région, alimentant les craintes d’un embrasement régional.

Wafae El Baghouani

Source: https://www.aa.com.tr/fr/