Pourquoi les États-Unis ont-ils empêché les Palestiniens de se rendre à l’ONU?

Après une nouvelle vague de reconnaissance de l’État de Palestine, le président palestinien Mahmoud Abbas s’exprimera jeudi devant l’ONU par vidéo, empêché de se rendre à New York par le gouvernement Trump.

25 Sep 2025 - 16:34
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Pourquoi les États-Unis ont-ils empêché les Palestiniens de se rendre à l’ONU?

Les États-Unis ont refusé d’accorder des visas à quelque 80 Palestiniens qui prévoyaient d’aller à l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, dont celui du dirigeant palestinien. Alignées sur Israël, les autorités américaines refusent à l’Autorité palestinienne le statut d’interlocuteur privilégié après près de deux ans de guerre à Gaza. Elles arguent que celle-ci a refusé de “répudier le terrorisme” et “les campagnes de guérilla judiciaire” contre Israël devant les institutions internationales.

Le précédent Arafat

Plusieurs pays, dont la France et le Royaume-Uni, ont tenté de convaincre Washington de réexaminer leur interdiction de visa pour le dirigeant palestinien de 89 ans, en vain. En 1988, Yasser Arafat, alors chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), s’était également vu refuser de se rendre à New York pour une session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU, obligeant l’institution à la tenir à Genève.

Discours préenregistré

Mahmoud Abbas sera entendu dans une vidéo préenregistrée. C’est par vidéo déjà qu’il s’était exprimé lundi à l’ONU, appelant notamment le Hamas à rendre les armes et condamnant les attaques du 7-Octobre. Lors de ce sommet, plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la France, ont rejoint la grande majorité des États membres de l’ONU reconnaissant l’État de Palestine (au moins 151 sur 193, selon les vérifications de l’AFP).

Pourquoi les États-Unis ont-ils révoqué les visas des Palestiniens ?

Comme le rappelait Le Point en août dernier, les États-Unis ont décidé de révoquer les visas du président palestinien et de 80 autres représentants à la fois de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Seules exceptions, la délégation de la mission permanente de la Palestine auprès de l’ONU, non concernée par ces restrictions. En vertu d’un accord de 1947, les États-Unis, qui accueillent sur leur sol le siège des Nations unies à New York, sont pourtant “tenus d’autoriser l’accès des diplomates étrangers”. Washington a néanmoins toujours le dernier mot et peut évoquer des “raisons de sécurité” ou “d’extrémisme”. Officiellement, les États-Unis reprochent aux deux entités palestiniennes de ne pas avoir “renoncé à l’extrémisme” et de pousser à une “reconnaissance unilatérale” d’un État palestinien. Officieusement, la mesure résonne comme une riposte diplomatique à l’initiative de plusieurs pays, dont la France, la Belgique et le Royaume-Uni, en faveur d’une reconnaissance d’un État palestinien.

Source: https://www.7sur7.be/