RDC: Félix Tshisekedi, une victoire dans l’ombre du père

3
RDC: Félix Tshisekedi, une victoire dans l’ombre du père
Le leader du principal parti d'opposition UDPS et candidat à la présidentielle Félix Tshisekedi montre son bulletin de vote avant de le déposer dans l'urne, à Kinshasa le 30 décembre 2018. © REUTERS/Baz Ratner

Félix Tshisekedi de l’UDPS vient de remporter l’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC). Selon les résultats provisoires donnés par la Céni, il s’impose avec 38,5% des voix devant un autre opposant, Martin Fayulu, et le candidat du parti au pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary. Pour le fils de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, c’est la consécration, mais c’est aussi une victoire dans l’ombre du père.

Difficile de dissocier la carrière de Félix Tshisekedi, celui qu’on surnomme « Fatshi », de celle de son père, Etienne, la principale figure de l’opposition pendant près de quarante ans, lui qui a créé l’UDPS en 1982, s’opposant d’abord au général Mobutu, puis au clan Kabila. C’est de ce parti très structuré, avec des relais dans tout le pays, que Félix a hérité après le décès de son père en février 2017.

Simple secrétaire national de l’UDPS à l’époque, chargé de l’extérieur, à 55 ans, il se retrouve propulsé à la tête du parti, à l’issue d’un congrès de l’UDPS plutôt houleux. Des cadres du parti contestent alors sa légitimité politique, le qualifiant de « fils à papa ». Rappelant qu’il a fait sa vie en Belgique, où il est installé depuis plus de trente ans, plutôt que dans les manifestations de l’opposition au Congo.

L’échec d’une candidature unique de l’opposition

Mais c’est aussi ce lien de sang qui fait sa force, sa popularité, et sur laquelle il construit sa légitimité. N’hésitant pas à porter la casquette exactement comme son père le faisait dans les meetings, promettant aussi comme première mesure d’organiser des funérailles nationales pour son père. C’est aussi du fait de cet héritage que Félix est longtemps pressenti pour être le candidat unique de l’opposition.

Finalement, à l’issue des négociations de Genève en novembre dernier, il perd cette place face à Martin Fayulu. Mais dès le lendemain, il fait dissidence pour maintenir sa candidature. Il scelle alors une alliance inédite avec Vital Kamerhe, qui sera en première ligne tout au long de leur campagne et à qui le poste de Premier ministre a été promis. Il est réputé plus conciliant que son père : depuis des jours, son parti, l’UDPS, se targue de négocier avec le camp de la majorité en vue d’une victoire à la présidentielle.

Kabila, « partenaire politique »

Une victoire aujourd’hui confirmée pour Félix Tshisekedi qui, en 2015, déjà, était engagé dans des négociations avec le pouvoir pour un potentiel poste de ministre. C’est la consécration. Il est désormais président du Congo. Il s’est exprimé peu après sa victoire et a rendu hommage à Joseph Kabila disant qu’il le « considère comme un partenaire politique et non comme ennemi ».

Par RFI Publié le 10-01-2019

Commentaires via Facebook :

3 COMMENTAIRES

  1. Mr Martin Fayulu et la CENCO contestent les résultats.
    Je n’ai pas apprécié la sortie du chef de la diplomatie française qui pourtant est un homme d expérience. Par j ai apprécié celle du Secrétariat général des Nations Unies.
    Je tire chapeau pour le Président Dioncounda Traoré qui a fait une déclaration raressime a l issu des votes. merci

  2. Si c’est vrai que Mr Felix TSHISEKEDI est elu, Kabila alors a fait preuve de patriotisme en laissant le Congo avoir accès a un véritable processus démocratique.

    CEPENDANT, encore EN AFRIQUE NOIRE, s’il y a une leçon a craindre ici ça serait le fait que c’est toujours eux-mêmes qui sont démocratiquement élus et de façons la plus transparente et fair-play qui deviennent des despotes-dicatateurs-democrates et -tricheurs d’élections-anti-démocrates…. C’est-a dire des gens comme ce Tshisekedi qui ont passé beaucoup de temps a crier a l’injustice du système…. on a vu ce que Wade avait tenté de faire quand les sénégalais ne voulait plus de lui, Tandia au Niger quand il s’est senti en pouvoir de manipuler pour s’eterniser au pouvoir etc. Dès qu’ils goutent au pouvoir, ils oublient facilement comment ils ont accédé au pouvoir. Ils viennent au pouvoir porté par le peuple et ils le quittent en marchant sur le cadavre du peuple; ils viennent au pouvoir avec une branche d’olive en main et ils le quittent avec une épée en main…

    C’est pour cela qu’il ne faut pas trop s’enthousiasmer avec l’arrivée de nos “démocrates” négro- africains au pouvoir …il faut toujours attendre de voir ce que le pouvoir va le faire!!! Les maliens ne diront pas le contraire!

  3. Si c’est vrai que Mr Felix TSHISEKEDI est elu, Kabila alors a fait preuve de patriotisme en laissant le Congo avoir accès a un véritable processus démocratique.

    CEPENDANT, encore EN AFRIQUE NOIRE, s’il y a une leçon a craindre ici ça serait le fait que c’est toujours eux-mêmes qui sont démocratiquement élus et de façons la plus transparente et fair-play qui deviennent des despotes-dicatateurs-democrates et -tricheurs d’élections-anti-démocrates…. C’est-a dire des gens comme ce Tshisekedi qui ont passé beaucoup de temps a crier a l’injustice du système…. on a vu ce que Wade a tenté, Tandia au Niger…. des goutent au pouvoir, ils oublient facilement comment ils ont accédé au pouvoir. Ils viennent au pouvoir porté par le peuple et ils le quittent en marchant sur le cadavre du peuple; ils viennent au pouvoir avec une branche d’olive en main et ils le quittent avec une épée en main…

    C’est pour cela qu’il ne faut pas trop s’enthousiasmer avec l’arrivée de nos “démocrates” négro- africains au pouvoir …il faut toujours attendre de voir ce que le pouvoir va le faire!!! Les maliens ne diront pas le contraire!

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here