Un soldat français tué « par un drone Shahed », six autres militaires blessés… Ce que l’on sait de l’attaque d’une base militaire en Irak

L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces est décédé dans une attaque en Irak dans la nuit de jeudi à vendredi. La frappe a fait six autres blessés.

13 Mar 2026 - 14:45
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Un soldat français tué « par un drone Shahed », six autres militaires blessés… Ce que l’on sait de l’attaque d’une base militaire en Irak

Un militaire français est mort « lors d’une attaque » dans la région d’Erbil au Kurdistan irakien, a déclaré Emmanuel Macron dans la nuit de jeudi à vendredi. Il s’agit du premier mort recensé au sein de l’armée française dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient. Voici ce que l’on sait.

Que s’est-il passé ?

L’état-major français des Armées a informé l’AFP jeudi que plusieurs soldats français avaient été blessés dans « une attaque de drones dans la région d’Erbil ». La frappe a eu lieu à 20h40 heure de Paris, a précisé le ministère des Armées ce vendredi matin. Au total, sept militaires ont été blessés.

Le gouverneur d’Erbil avait indiqué que la frappe ayant blessé ces soldats impliquait deux drones et avait eu lieu sur la base kurde située à Mala Qara située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d’Erbil. Plusieurs militaires français sont installés dans cette base.

L’attaque visait des forces antiterroristes, a indiqué le président français. « La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques », a souligné le chef de l’État, sans indiquer qui en était l’auteur.

Qui est le soldat décédé ?

Parmi les sept blessés, un militaire est décédé des suites de ses blessures. Emmanuel Macron avait révélé l’identité du soldat décédé dans la nuit. « L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak », a écrit le président. Le militaire était déployé en Irak depuis le 24 janvier 2026.

« Il était engagé dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme au profit des forces armées irakiennes », précise l’état-major sur X ce vendredi. Il a été tué « par un drone Shahed », a précisé le colonel François-Xavier de la Chesnais, chef de corps du 7e bataillon de chasseurs alpins.

Le soldat Arnaud Frion était engagé au 7e bataillon dechasseurs alpins, basé à Varces-Allières-et-Risset en Isère. Cette unité de l’armée de Terre est spécialisée dans le combat en milieu difficile, notamment en haute montagne et dans des conditions climatiques extrêmes.

Un rapatriement prévu en France

La ministre Aurore Bergé a évoqué les six autres soldats blessés, sur France 2 et rendu « hommage » à l’ensemble des soldats engagés en Irak.

« Dès la fin de la frappe, les sept blessés (dont Arnaud Frion) ont été pris en charge par les équipes médicales pour être amenées en structure hospitalière, où le décès de l’adjudant-chef Frion a été déclaré », a ensuite détaillé le ministère des Armées. « Leur rapatriement en France se met en place », ajoute le ministère.

Selon l’état-major français des Armées, ces militaires blessés étaient « engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens ».

Le chef d’état-major des armées, le général d’armée Fabien Mandon évoque « une profonde tristesse devant la mémoire de ce militaire mort pour la France dans l’accomplissement de sa mission », selon le communiqué officiel.

Dans le cadre d’une coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington, des militaires de plusieurs pays, dont l’Italie et la France, entraînent au Kurdistan irakien des membres des forces de sécurité kurdes.

C’est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février et qui s’est propagée dans plusieurs pays de la région.

Depuis le début de la guerre, sept soldats américains ont trouvé la mort au Koweït et en Arabie saoudite, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

L’attaque revendiquée par un groupe pro-iranien

En parallèle, le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf a annoncé vendredi sur Telegram prendre pour cible « tous les intérêts français en Irak et dans la région » après le déploiement du porte-avions français Charles de Gaulle dans le Golfe.

Le groupe a exhorté les habitants à rester à au moins 500 m d’une base au Kurdistan irakien où se trouvent des militaires français, sans revendiquer directement d’attaque.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la région autonome du Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes et pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.

La France se campe à un « rôle défensif »

Le président français Emmanuel Macron avait insisté ces derniers jours sur le « rôle défensif » de la France dans la guerre au Moyen-Orient.

Paris a dépêché pour cela un important dispositif aéronaval autour du porte-avions Charles-De-Gaulle en Méditerranée orientale. Ce dispositif est selon Emmanuel Macron appelé à mobiliser huit frégates et deux porte-hélicoptères amphibies dans une vaste zone incluant également la mer Rouge et le détroit d’Ormuz dans le Golfe.

Le président français s’efforce aussi de peser sur la situation au Liban où la guerre s’est étendue à la suite de frappes contre Israël du Hezbollah pro-iranien.

Source: https://www.leparisien.fr/