Commission réconciliation : Les victimes optent pour "la justice avant le pardon"

24 Fév 2016 - 01:20
Mis à jour: 11 ans
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Commission réconciliation : Les victimes optent pour "la justice avant le pardon"
Rémunération au comité de suivi de l’accord
La Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR) veut accélérer la mise en œuvre de son calendrier. Une assemblée plénière a réuni lundi à Bamako les commissaires et chargés de mission de la Commission. Parmi les points inscrits à l'ordre du jour figure la validation de la fiche de déposition des victimes. Les associations de défense des victimes tirent la sonnette d'alarme et exigent "la justice avant toute réconciliation". L’assemblée plénière est intervenue alors que la mission venait de boucler une série de missions dans les régions. Pour le président de la Commission, la rencontre lundi consacrait une étape décisive dans la mise en œuvre de la mission de l'institution. Selon lui, "la Commission mettra tout en œuvre pour réussir cette mission". Le président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé, a souligné que "ces fiches sont disponibles. La fiche comporte l’état-civil, l’appartenance de la victime aux différentes organisations dont elle serait membre. Toutes les informations relatives à la position où elle était au moment où elle a subi les violences. Nous disons aux victimes que nous travaillons activement pour la mise en place de toute cette logistique. C’est un travail qui nécessite non seulement la mise en place d’outils, la mobilisation de plusieurs acteurs (acquisition de locaux sur le terrain, recrutement des personnels, etc.). Je peux vous assurer que par rapport aux autres commissions dans le monde, on considère que nous sommes allés beaucoup plus vite que pratiquement toutes les commissions. Mais il y a un temps et j’espère que très prochainement nous allons pouvoir démarrer ce travail sur le terrain et faire face aux attentes des populations". Les associations de défense des victimes de la crise se réjouissent de l'élaboration et de la validation de la fiche de déposition des victimes. Toutefois, elles mettent en garde contre "les arrangements politiques qui peuvent entraver le travail de la justice". Selon elles, "la justice doit passer avant le pardon". Jointe au téléphone par Studio Tamani, Mme Bintou Founè Samaké, présidente de l'ONG Wildaf, une des associations de défense des victimes, a prévenu : "Les Maliens attendent beaucoup de cette Commission, car non seulement on veut connaître la vérité, que les responsabilités soient situées, mais également qu'elles puissent également proposer des stratégies et des solutions pour que désormais ce qui s'est passé au Mali ne se reproduise pas. Nous avons constaté qu'au passage des membres de la Commission dans les régions, chaque fois c'est le mot pardon et réconciliation qui apparaissent couramment dans le langage. Mais personne n'ose parler ouvertement de justice. Or, on ne peut pas chaque fois prendre des armes, tuer des gens, violer des femmes, et chaque fois venir s'asseoir sur la même table. Moi, je pense que cette Commission doit travailler encore sur ces questions, faire la part des choses et parler ensuite de réconciliation. Les mots vérité, justice, réparation doivent être les expressions primordiales dans leur langage, et non le pardon et la réconciliation". Avec Tamani

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Commentaires (60)

User
sogona
sogona 11 ans
C'est vrai que ce n'est pas facile de vivre avec nos bourreaux mais le pouvoir de la justice et du pardon doit nous permettre de surpasser cet état d'esprit. Nous sommes tous des maliens donc la cohabitation s'impose à nous aujourd'hui, demain et pour toujours.
sara69
sara69 11 ans
Les victimes doivent savoir que justice sera rendue mais nous amènera pas nos parents, amis et autres. Le plus important c'est connaitre la vérité et acceptera de vivre avec celui qui t'a fait du mal. C'est cela la vraie réconciliation et le vrai pardon.
mali news
mali news 11 ans
Nous pouvons que pendant la crise, beaucoup d'atrocités ont été commises et aujourd'hui est temps d'y face afin de situer les responsabilités pour rendre la justice aux victimes qui n'attendent que ça.
noel@
noel@ 11 ans
Nous sommes condamnés à vivre ensemble donc nous devons trouver les remèdes pour aller à la paix et à la réconciliation. Il est temps de table rase pour écrire une nouvelle page de notre histoire.
mawata
mawata 11 ans
La réconciliation est la chose la plus difficile après une crise. J'en appelle personnellement la CVJR a fait valoir le droit des victimes s elle veut une véritable réconciliation de tous les fils de notre Maliba. Oui on peut y croire, pourquoi donc échouer où les autres ont réussi.
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