France-Mali: "Nul n'est au-dessus des lois"

07 Oct 2014 - 18:13
Mis à jour: 12 ans
41
[caption id="attachment_297222" align="aligncenter" width="610"]ni le FMI ni qui que ce soit n’a demandé que l’avion de la République du Mali soit vendu Le premier ministre Moussa MARA[/caption]

Après la garde à vue à Nanterre de son ex-ministre de la Défense, le chef du gouvernement malien Moussa Mara promet de sanctionner tous ceux qui, quel que soit leur rang, ont commis des malversations lors de signatures de contrats portant notamment sur du matériel militaire.

  [Exclusif] Au terme de la conférence-débat au Palais-Bourbon sur "la situation sécuritaire, politique, économique et diplomatique au Mali et au Sahel", relatée par ailleurs, le Premier ministre malien Moussa Mara a accordé un bref entretien à L'Express. Nous souhaitions connaître sa lecture de la garde à vue de l'ancien titulaire du portefeuille de la Défense au sein de son équipe, Soumeylou Boubeye Maïga, entendu de jeudi après-midi à samedi par la Direction centrale de la Police judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) ; et ce à propos de deux dossiers, l'un portant sur la fourniture d'uniformes par une société française, l'autre sur les modalités de l'acquisition récente -et controversée- au profit de la présidence malienne d'un Boeing 737-700, pour laquelle l'homme d'affaires corse Michel Tomi, mis en examen en juin notamment pour corruption d'agent public étranger, faux et usage de faux, abus de confiance et recel d'abus de bien social, aurait joué un rôle d'intermédiaire. Moussa Mara dit avoir été "totalement surpris" par cet épisode. Dès que les autorités de Bamako ont été alertées, indique-t-il, soit le jeudi vers 18 heures, elles ont offert à l'ex-ministre l'assistance de l'ambassade du Mali à Paris, "afin de l'aider au mieux". "On lui a même proposé un avocat, précise le titulaire de la primature, mais il avait déjà le sien". En l'occurrence, comme le révélait lexpress.fr samedi, le bâtonnier Pierre-Olivier Sur, épaulé par son associée Nathalie Schmelck.  

La question des intermédiaires

  "Le gouvernement malien, poursuit son chef, est parfaitement serein. La justice française enquête. Nous tenons pour acquis qu'elle est indépendante, tout comme la justice malienne d'ailleurs. Dès lors, il n'y a pas lieu de commenter ses initiatives. Nous avons tout lieu d'espérer qu'il ne s'agit pas d'une action inamicale ou orientée." S'agissant du fameux Boeing présidentiel, "c'est bien l'armée malienne qui a procédé à l'achat, puisqu'il s'agit d'un avion de commandement". "C'est donc le ministre de la Défense de l'époque qui a signé le contrat. De même qu'il a été es-qualité maître d'oeuvre pour les achats de fournitures [militaires] auprès de sociétés françaises."   Au sujet du fameux Boeing, tient à souligner Moussa Mara, le Fonds monétaire international (FMI) a constaté, au vu du rapport d'audit de ses experts, que son prix figure bien dans la fourchette pratiquée pour les appareils de cette catégorie : 20 milliards de francs CFA [soit environ 30 millions d'euros]. "Reste à déterminer, admet-il, s'il y a eu recours à des intermédiaires et quel a été dans ce cas le montant de leur rétribution." Michel Tomi ? "Il ne figure pas à ma connaissance parmi ces intermédiaires, mais il se peut qu'il ait présenté X ou Y au ministre de la Défense d'alors."  

Sanctions

  Bamako n'en fait pas mystère: plusieurs contrats, entachés selon le FMI de lourdes surfacturations, ont été annulés. Combien? "Une douzaine, pour un total d'environ 70 milliards de CFA [un peu plus de 100 millions d'euros], et dont 80% relevaient de la Défense. Contrats conclus de manière illégale. Trois cas de figure : absence de couverture budgétaire ; violation des normes régissant de tels marchés ; non-exécution des contrats." "Tous les audits réalisés à notre demande, ajoute le Premier ministre, seront publiés. Cette semaine s'agissant de celui de la Cour suprême. Dès leur finalisation pour ceux du Bureau du Vérificateur général du Mali."   Qu'adviendra-t-il des coupables? "Pour les hauts fonctionnaires, une sanction administrative : ils seront démis de leur poste quel que soit leur rang, ministre compris le cas échéant. Pour les autres acteurs, une sanction juridique : nous transmettrons le dossier à la justice. Le parquet appréciera s'il y a lieu de poursuivre ou pas. Soyez assurés que ce sera fait. Nul n'est au-dessus des lois." Par , publié le 07/10/2014 En savoir plus sur http://www.lexpress.fr

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (41)

User
Seydou Ouedraogo
Seydou Ouedraogo 11 ans
salut Jaime ça mes amis
Villard Dosso
Villard Dosso 12 ans
Juste un point de vue
Chachato Dauda
Chachato Dauda 12 ans
sr. ministro, usted. debe utilizar mucho en la cabeza, y debe tener encuenta que Francia es muy peligrosos por la nación MAliense.
COULIBALY Yacouba
COULIBALY Yacouba 12 ans
Le pays est plein d'impunité et sans vergogne et vous dite que nul n'est au dessus de la loi, quelle loi? Peut-être la loi du plus fort, n'est-ce pas? Ce pays va vers sa destruction total sans équivoque.
Broulayi 12 ans
On se calme... Coulou... :wink: Le Mali est éternel ! :-D :-D :-D Personne ne peut déménager la terre du Mali ! :-D :-D :-D Restons cool... Coulou ! :-D :-D :-D Vive le Mali UN et INDIVISIBLE... Démocratique... Laïc... et Multi ethnique ! :-D
cool
cool 12 ans
Walahi! Mara si tu ne peux pas défendre les maigres ressources du pays, vaut mieux démissionner et chercher un mandat pour le faire. Des individus qui se permettent de voler des milliards alors que le Mali manque de tout. Les premiers ennemis du Mali sont ceux qui ont orchestré ce vol de milliard, ils sont plus ennemi que ATT, que le MNLA et autres.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (125)
  • Nfp (91)
  • Kankan (51)
  • Sylla (39)
  • Coulibaly Yacouba (15)