Porte-parole du Pacte national et de la Flamme de la paix, ancien secrétaire général du Fpla, et ancien coordinateur des mouvements et fronts unifiés de l’Azawad, Zeïdane Ag Sidalamine est aujourd’hui premier conseiller à l’ambassade du Mali en Chine. Cette figure emblématique de la rébellion touarègue des années quatre-vingt dix, n’a pas usé de la langue de bois quand nous l’avons interrogé sur les accords d’Alger à Gao le 17 juillet dernier.
Approché par nos soins, Zeïdane Ag Sidalamine a salué ‘’le courage politique de nos autorités qui ont signé les accords d’Alger’’. Pour l’ex-chef rebelle, ‘’les accords ne sont rien d’autre que le prolongement du Pacte national et de la flamme de la paix’’. Il explique que, nulle part dans les accords d’Alger, il n’y a pas eu volonté de brader l’intégrité nationale, l’unité nationale, la souveraineté nationale et l’indépendance du Mali. Ils visent simplement à faire renaître la confiance qui semblait partie le 23 mai dernier à travers l’attaque de Kidal et de Menaka.
Ces accords ne consacrent la victoire de personne contre qui que ce soit, ni d’un groupe social contre un autre, ni d’une communauté contre une autre, encore moins la victoire des insurgés contre l’armée malienne. Mais, ils consacrent la victoire du peuple malien sur la guerre et la discorde. Et Zeïdane de souligner : ‘’je tiens particulièrement, en tant que démocrate et républicain, et, surtout, en tant que porte-parole des mouvements et fronts unifiés de l’Azawad, y compris l’ex-Gandakoye, à dire aux partisans de l’amalgame d’épargner notre peuple de division que les autorités ont vite évitée’’.
Et de poursuivre :’ ’au contraire, les accords ne sont que le Pacte national remodelé sur la région de Kidal. Parce que le pacte national concerne les trois régions du nord, Gao, Tombouctou, Kidal. Les cadres de Kidal ont voulu un pacte pour eux. C’est-à-dire, ils ont voulu, à l’intérieur du Pacte national commun aux trois régions, rendre conforme à leur aspiration ce qui pourra leur appartenir.
Que pense-t-il de la vague de contestations qui a accompagné la signature des accords ?
‘’Ce ne sont ni plus ni moins qu’un coup d’épée dans l’eau’’ dit sans ambages Zeïdane. Pour qui ‘’les accords, tels qu’ils ont été présentés, ne doivent faire l’objet d’aucune contestation. Car, rien n’entache la souveraineté du pays. Tout est lié à des questions de développement d’une région’’.
A MAIGA