2ᵉ édition du FID 2026 : les opportunités d'investissement dans les secteurs porteurs et la diplomatie économique au cœur des panels
La deuxième édition du Forum international de la diaspora (FID 2026) se poursuit au Centre international de conférences de Bamako (CICB) ...
La deuxième édition du Forum international de la diaspora (FID 2026) se poursuit au Centre international de conférences de Bamako (CICB) avec une série de panels animés par des membres du Gouvernement, des ambassadeurs du Mali à l'étranger ainsi que des diplomates accrédités au Mali. Les échanges portent essentiellement sur les opportunités d'investissement offertes à la diaspora malienne dans les secteurs porteurs de l'économie nationale.
Les autorités maliennes entendent tirer pleinement profit de l'expertise et du potentiel économique de leur diaspora, estimée à près de six millions de personnes, selon le ministère des Maliens établis à l'Extérieur et de l'Intégration africaine. À travers le FID 2026, le Gouvernement ambitionne de présenter les réformes engagées et les nombreuses opportunités d'investissement ouvertes aux Maliens de l'extérieur.
Les réformes minières mises en avant
Les importantes réformes engagées dans le secteur des industries extractives, notamment l'adoption en 2023 du nouveau Code minier et de la loi sur le contenu local, ont été largement expliquées par le ministre des Mines, le Pr Mamadou Keïta. Le ministre a d'abord rappelé le poids stratégique du secteur minier dans l'économie nationale. Selon lui, les mines contribuent à hauteur de 41 % aux recettes de l'État, près de 10 % au Produit intérieur brut (PIB) et représentent environ 69 % des exportations du Mali. Évoquant les innovations introduites par le nouveau Code minier, le Pr Mamadou Keïta a souligné que celui-ci réserve désormais 30 % des participations à l'État et 5 % aux personnes de nationalité malienne. « Le Code est transparent puisque désormais les titres et les permis sont attribués par décret pris en Conseil des ministres », a-t-il déclaré. Le ministre a également déploré les importantes quantités d'or qui quittaient auparavant le pays sans véritable contrôle de l'État. « L'État a décidé de créer l'Office malien des substances précieuses (OMASP), chargé de la commercialisation de l'or malien», a-t-il annoncé.
En complément de cette réforme, l'État a mis en place la Société de patrimoine minier du Mali (SOPAMIM), chargée de gérer les participations publiques dans les différentes sociétés minières du pays. Pour le ministre des Mines, l'ensemble de ces réformes vise à permettre aux Maliens de tirer davantage profit de leurs ressources naturelles. Il a ainsi invité les membres de la diaspora à saisir les nouvelles opportunités offertes par le secteur. « La diaspora peut investir dans l'acquisition de permis miniers, exploiter des carrières ou encore intervenir dans la sous-traitance des sociétés minières. Elle peut également acquérir des parts dans les 5 % réservés aux nationaux », a-t-il exhorté.
Des mesures fiscales incitatives
Intervenant à son tour, le Directeur général des Douanes, Cheick Hamala Diallo, a présenté les exonérations fiscales accordées par l'État pour l'importation de matériels destinés à la création d'industries. Selon lui, ces mesures ont représenté un manque à gagner de plus de 131 milliards de FCFA pour les finances publiques, mais elles traduisent la volonté du Gouvernement d'encourager les investissements productifs. Il a assuré que le ministère de l'Économie et des Finances demeure disposé à accompagner toutes les initiatives d'investissement portées par la diaspora. Au cours de ces panels, les intervenants ont également mis en lumière les nombreuses opportunités offertes dans le secteur agricole, qui représente près de 40 % du PIB, ainsi que les facilités proposées par l'Agence pour la promotion des investissements (API-Mali).
La diplomatie économique au service des investissements
Au-delà des questions économiques, une large place a été accordée à la diplomatie économique. Aux côtés des membres du Gouvernement, plusieurs ambassadeurs accrédités au Mali, notamment ceux du Maroc, de la Chine et de la délégation de l'Union européenne, ont partagé leurs expériences respectives en matière d'attractivité économique et de mobilisation de leur diaspora.
Le représentant permanent du Mali auprès des Nations unies, Issa Konfourou, ainsi que le représentant permanent auprès de l'Union africaine, ont insisté sur la nécessité, pour le Mali, de diversifier ses sources de financement dans un contexte marqué par la baisse de l'aide publique au développement et de l'aide humanitaire. Selon eux, les transferts financiers de la diaspora dépassent désormais l'aide au développement reçue par le Mali et doivent être davantage orientés vers des investissements productifs. Pour Issa Konfourou, l'enjeu est désormais de transformer ces transferts en véritables instruments de développement. « Il faut créer un véritable partenariat avec la diaspora, opérationnaliser un fonds d'investissement, mettre en place un "Diaspora Bond" et instaurer un climat de confiance et de transparence avec les Maliens établis à l'étranger », a-t-il recommandé.
À travers ces différents panels, le FID 2026 confirme ainsi son ambition de faire de la diaspora malienne un acteur majeur du développement économique, de la mobilisation des investissements et du rayonnement international du Mali.
Siaka DIAMOUTENE / Maliweb.net