Hommage à Mahamane Hameye Cisse : Le Scorpion a perdu son dard
La presse malienne est en deuil. Mahamane Hameye Cissé, fondateur du journal satirique Le Scorpion, s’est éteint le jeudi 8 avril 2026, laissant derrière lui un vide immense au sein de la corporation.
La disparition de celui que beaucoup considéraient comme un pilier du journalisme national est d’autant plus brutale qu’elle est survenue alors qu’il était encore pleinement engagé dans ses activités. Quelques minutes avant son décès, il participait activement à ses engagements professionnels, fidèle à lui-même, animé par cette passion qui ne l’a jamais quitté.
Juriste de formation, Hameye Cissé a su mettre son expertise au service de la presse. Depuis 1992, il s’est illustré comme un défenseur infatigable de la liberté d’expression et un artisan engagé dans toutes les luttes pour la dignité et la crédibilité du métier. Toujours disponible, il était de ceux vers qui l’on se tournait pour un conseil, un éclairage ou un arbitrage.
Homme de dialogue et de consensus, il était également un fédérateur hors pair. Les rencontres entre confrères pouvaient durer des heures, voire des jours, dès lors qu’il s’agissait de réfléchir sur les textes, d’analyser les enjeux de la profession ou de défendre les intérêts de la corporation, il était là. Sa constance et sa détermination forçaient le respect.
Au moment de son rappel à Dieu, il revenait d’une audience avec le ministre des Maliens de l’extérieur. Il occupait en effet la fonction de président du comité scientifique du Salon panafricain des médias que le Mali s’apprêtait à organiser, preuve supplémentaire de son engagement jusqu’à son dernier souffle.
Au-delà du professionnel accompli, c’est un homme de valeurs, un grand frère et un compagnon de lutte que perd la presse malienne. Ceux qui ont entretenu avec lui des relations particulières et privilégiées garderont le souvenir d’un homme généreux, rigoureux et profondément attaché à sa mission.
Aujourd’hui, Le Scorpion a perdu son dard. Mais l’héritage de Mahamane Hameye Cissé, lui, demeure vivant dans chaque combat pour une presse libre et responsable.
Dors en paix, grand frère. Tu es parti avec les honneurs de toute une corporation, fidèle à ce que tu avais chevillé au corps.
Alexis Kalambry
DIOMANSI BOMBOTE
« Ceux qui te survivent ne t’oublieront pas »
« Je présente mes condoléances attristées à la famille de Hameye, à la profession et à tous ses proches.
Un homme aux convictions solidement ancrées ;
Un intellectuel infalsifiable, tenace et généreux ;
un confrère à la rigueur professionnelle intransigeante ;
un militant humaniste et un preux chevalier à la plume juste et acérée.
Adieu, délicieux frangin.
Amputés de la richesse de tes réflexions sages et pénétrantes, ceux qui te survivent ne t’oublieront pas.
« Ce que nous avons fait pour nous-mêmes meurt avec nous. Ce que nous avons fait pour les autres et pour le monde reste et demeure immortel. » [Albert Pike]
Diomansi Bomboté