Oraison funèbre prononcée par Issa Sidibé aux funérailles de Kassoum Coulibaly dit Yambox : "Yambox n'était pas seulement un homme de sport, il était un bâtisseur d'hommes, un semeur de confiance, un artisan de l'unité"

"Nous pleurons un grand homme au cœur immense dont la loyauté ne s'est jamais démentie…"

20 Juin 2026 - 01:51
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Oraison funèbre prononcée par Issa Sidibé aux  funérailles de Kassoum Coulibaly dit Yambox : "Yambox n'était pas seulement un homme de sport, il était un bâtisseur d'hommes, un semeur de confiance, un artisan de l'unité"

Décédé le 9 juin dernier à Paris à l'âge de 77 ans, à la suite d'une longue maladie, Kassoum Coulibaly dit Yambox a été accompagné à sa dernière demeure, le dimanche 14 juin 2026, à Magnambougou, par une foule des grands jours qui rappelle la popularité de l'homme. Il était très connu, mais aussi très apprécié dans les milieux sportifs et principalement dans celui du football où l'on pleure Yambox, qui "n'était pas seulement un homme de sport, mais aussi un bâtisseur d'hommes, un semeur de confiance, un artisan de l'unité. Il donnait sans compter, sans attendre en retour, avec une générosité qui forçait le respect", comme l'a si bien dit Issa Sidibé, président sortant de la Ligue de football du district de Bamako, choisi par la famille du défunt pour lire l'oraison funèbre que nous vous proposons intégralement.

Kassoum Coulibaly dit Yambox !

"Il existe des hommes dont la seule présence dépasse les liens du sang, des hommes qui deviennent des repères, des guides, des piliers. Dans la vie, trois choses ne reviennent jamais : le temps, les mots et les opportunités. Trois choses que vous ne devez pas perdre : la patience, l'espoir et la dignité. Les trois choses qui valent plus que toutes les autres : l'amour, la confiance et les principes.

Kassoum Coulibaly, notre cher Yambox, était de ceux-là. Aujourd'hui, les mots me manquent tant la douleur est immense. C'est avec beaucoup de tristesse et de peine que je vais tenter de m'acquitter de cette tâche que la famille Coulibaly et le monde du football malien m'ont confiée. Tâche très difficile. Oui, lire l'oraison funèbre d'un homme sage, d'un homme bien, plein de qualités et, en plus, qui a été très précieux et proche de moi est un exercice émotionnellement difficile, mais c'est aussi un devoir. Kassoum Coulibaly, affectueusement appelé Yambox, était très apprécié dans le milieu du football et même en dehors de celui-ci. C'est pourquoi sa disparition a été ressentie comme un coup de massue. Dans l'ombre comme sous les projecteurs, il était là.

Kassoum Coulibaly, né le 31 décembre 1949 à Grinkoumé, fils de Lansenou Coulibaly, qui fut chef du village, et de Niébani Konaté, a tiré sa révérence en France le 9 juin 2026, des suites d'une longue maladie.

Issu d'une famille polygame, Kassoum Coulibaly était l'un des sept enfants, six garçons et une fille : Abdoulaye Coulibaly, Sékou, Moriba, Bègné, Kassoum, Koloba et Noumouténé, la seule fille de la fratrie. De ces sept enfants, seul l'aîné Abdoulaye Coulibaly demeure encore parmi nous aujourd'hui.

Dans sa vie personnelle, Kassoum Coulibaly était l'époux d'Agna Touré et de Kadiatou Bah, et le père de sept enfants, trois filles et quatre garçons.

Venu de son village natal de Grinkoumé, situé à l'ouest de la ville de Bamako, il traversa les quartiers de Konibabougou, Kondianbougou, actuel Dogodouman, Taliko, Lafiabougou et Hamdallaye pour s'inscrire à l'école coranique en 1952-1953. Il était accompagné de sa sœur Noumouténé qui, à l'époque, était mariée à Dravéla dans la famille Touré dite "Babyla". Il rejoignit ensuite l'école Poudrière Garçons, devenue par la suite l'école Tiémoko Sangaré de Dravéla, comme élève en 1954, aux côtés de son ami Ibrahima Touré dit Karamoko, avec qui il partageait la même chambre pendant longtemps. Il y avait également Salif Kéïta dit Domingo et Idrissa Maïga dit Métiou. Après cette étape, il entama son second cycle au lycée Bouillagui Fadiga.

Peu après, il poursuivit ses études loin de la capitale avec son grand frère Dramane Dravé, qui l'emmena avec lui à Ténenkou de 1964 à 1967. Trois ans plus tard, il arriva à Mopti où il continua sa formation au Centre pédagogique régional de Sévaré (CPR), actuel Ipeg, durant une année. Il fit ses premiers pas dans l'enseignement en 1968 dans le cercle de Djenné, jusqu'en 1971, soit durant trois ans, précisément à Sampara-Kouakourou. Entre-temps, il effectuait des allers-retours entre le Mali et la France où il rencontra son partenaire Xavier Bouillant.

Après plusieurs mutations, c'est en 1975, au cours d'un voyage à Bamako, qu'il abandonna l'enseignement. C'est également vers les années 1980 que Yambox entama sa carrière de dirigeant sportif au Club Olympique de Bamako (COB), après avoir pratiqué le football comme la plupart des jeunes de son âge. Il fut d'abord trésorier général adjoint du COB aux côtés de feu Djiguiba Fofana, alors trésorier général. Il devint ensuite trésorier général, puis vice-président de l'un des meilleurs clubs de la capitale.

Passionné par le transit, il créa sa propre société en 1991 sous le nom de "Capitol Transit". Il y connut la réussite grâce à l'appui constant de ses frères et amis, dont feu l'inspecteur des douanes, lui aussi disparu il y a quelques années.

Très dynamique et amoureux du football, il fit son entrée à la Ligue de football du district de Bamako en 1998 comme vice-président avant d'en devenir président. Il dirigea le district durant deux mandats. C'est d'ailleurs lui qui contribua activement à la promotion du football des jeunes à travers la Coupe "Capitol Transit", portant fièrement le nom de son entreprise.

En août 2019, il fut élu 1er vice-président de la Fémafoot aux côtés de Bavieux Touré, lors du premier mandat de ce dernier.

Le 18 octobre 2021, en sa qualité de 1er vice-président de la Fémafoot, il fut décoré chevalier de l'Ordre national du Mali. Au-delà de cette distinction, l'un de ses plus grands mérites restera d'avoir été le tout premier parrain des compétitions de jeunes de notre pays.

Sage et conscient du poids des années, Yambox décida librement de ne pas se présenter au comité exécutif de la Fémafoot lors des élections d'il y a un peu plus de deux ans. Lorsqu'il quitta la présidence de la Ligue de football du district de Bamako, c'est humblement qu'il me passa le témoin, tout en demeurant pour moi un précieux éclaireur. Même après avoir pris ses distances avec les instances sportives, il resta l'homme de conseil de tous ceux qui venaient le solliciter.

Capitol Transit est presque mon deuxième bureau. Mes réunions, mes échanges, mes projets, tout était organisé par lui, même à distance, dans le but de suivre de près chaque avancée. Parce que oui, nous avions un rêve commun : celui de voir le football malien grandir et rayonner positivement. Et aussi parce que, pour Yambox, servir, accompagner et soutenir étaient une seconde nature. Il savait que, pour lui, les jours étaient comptés, mais pas une seule fois je n'ai ressenti son absence. Malgré la distance, son esprit demeurait tourné vers ses proches. À chaque étape importante, à chaque défi, à chaque élection, il veillait sur moi comme un gardien silencieux. Mais je suis certain d'une chose : chaque personne présente ici a un témoignage semblable à partager. Nous ne finirons jamais de parler de sa bonté et de son dévouement, et c'est d'ailleurs ce qui nous a rapprochés.

Yambox n'était pas seulement un homme de sport. Il était un bâtisseur d'hommes. Un semeur de confiance. Un artisan de l'unité. Il donnait sans compter, sans attendre en retour, avec une générosité qui forçait le respect.

Aujourd'hui, nous pleurons un grand homme. Mais plus encore, nous pleurons un cœur immense. Un homme dont la loyauté ne s'est jamais démentie, dont l'engagement est resté intact jusqu'à son dernier souffle. Yambox, ton passage sur cette terre aura marqué des générations. Ton nom restera vivant dans les souvenirs, dans les valeurs que tu as transmises, dans les combats que tu as menés et dans toutes les vies que tu as touchées.

Les grands hommes ne meurent jamais vraiment. Ils continuent de vivre dans les cœurs qu'ils ont façonnés.

Repose en paix, grand frère ! Repose en paix, mentor ! Repose en paix, Yambox !

Ton absence nous brise aujourd'hui, mais ton héritage nous accompagnera pour toujours. Certains hommes quittent ce monde. D'autres y laissent une lumière qui ne s'éteint jamais. Tu étais cette lumière".