Audience au tribunal de la commune II : Après le décès de leur père, ils tentent de chasser sa veuve du domicile conjugal

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Veuve, K.T. est victime de la persécution de deux enfants de son mari défunt. En plus de payer l’argent détourné par l’aîné de la famille, A.T., elle subit le comportement excessif de la fille, K.T.

K.T. est veuve. Elle vit dans une situation singulière, à cause de deux enfants de son mari, A.T. et K.T. K.T. rembourse à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), sur sa pension, six millions trois cent quarante-sept mille francs CFA détournés par le fils, A.T. Elle est également victime de comportement excessif de la fille, K.T.  Mariée en 2008, la veuve K.T n’a pas d’enfant. A.T. et K.T. sont des enfants issus de son premier mariage. Les deux parties et leurs avocats étaient à la barre du tribunal de la Commune II du District, le lundi 7 novembre 2016.

La salle d’audience était pleine comme un œuf pour la circonstance car beaucoup d’affaires étaient inscrites au rôle. Très remontée contre ses “enfants”, la pauvre veuve étale les faits dans les moindres détails. «Après le décès de mon mari, j’ai remis sa carte bancaire à l’aîné de la famille, A.T., pour qu’il la sécurise. Il n’a pas déclaré le décès. L’Institut national de prévoyance sociale (INPS) a continué à verser la pension de mon mari. Il faisait des retraits sur le compte », a relaté à l’audience K.T. dont le défunt mari était un retraité de la Banque pour le développement (BDM-S.A.) décédé le 12 avril 2013 en France où il était parti pour des soins. Et de poursuivre : «Il prenait l’argent à des fins personnelles. En 10 mois, il a retiré six millions trois cent quarante-sept mille francs CFA ».

Très remontée dans son récit, la veuve, tout de rose habillée, a été plusieurs fois rappelée à l’ordre par le président de l’audience, souvent à la demande des avocats des accusés. «Qu’est-ce que vous reprochez à K.T. ?», lui demande le président Sylla qui avait à ses côtés la greffière et madame le procureur représentant du ministère public. « K.T. vit à la maison avec moi. Elle m’a coupé l’eau et l’électricité. Elle a fermé à clé de la cuisine. Elle est en complicité avec son frère. Ils font tout pour que je parte de la maison. Ils ont même envoyé 10 noix de cola à mes parents», a-t-elle répondu, son sac à main accroché à l’épaule.

A.T., l’aîné de la famille, dont les membres sont également devant le tribunal pour un processus de partage, reconnaît partiellement les faits. «J’ai procédé à des retraits sur le compte de mon père jusqu’au mois d’octobre 2013. J’ai utilisé l’argent pour les besoins de la famille», s’est-il justifié.

La co-accusée, qui n’est autre que sa sœur K.T., affirme pour sa part qu’il n’y a pas de problème entre elle et sa tante. «On ne se parle pas. On n’a rien en commun», confie-t-elle.

Tirant les conclusions de leur confrontation, le ministère public a abondé dans le même sens que les deux avocats de la plaignante en estimant que les faits d’abus de confiance, de violence et voies de fait sont constitués et réclamé que la loi soit appliquée.

Les avocats de la défense ont soutenu à l’opposé que les faits d’abus de confiance et la violence et voies de fait ne sont pas caractérisés. « Il n’y a pas des preuves. Beaucoup de choses dans ce dossier ne tiennent pas », conclut l’un d’eux avant de demander au juge de relaxer purement et simplement ses clients. Le juge a renvoyé la délibération au 5 décembre.

La Rédaction

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