Editorial : Nous avons peur et nous avons froid
[caption id="attachment_203091" align="alignright" width="200"]
Adam Thiam[/caption]
Vendredi soir, les assaillants voulaient tuer et démontrer qu’en dépit des assurances officielles, Bamako est à leur portée. Apeurer la population n’était pas le but mais une conséquence possible. Penser ou dire autre chose, c’est ajouter l’injure à la blessure. D’ailleurs, nous avons peur. Nous avons peur des arguments courts du type : « même New York et Paris n’ont pas été à l’abri de leurs assauts». Nous avons peur et nous avons froid parce que les comparaisons mal à propos et inexactes traduisent l’incurie et le mépris. Nous avons peur et nous avons froid parce que d’un côté, il y a nos vies en danger et de l’autre peu de moyens, peu capacités et trop d’égo. Or, les défis sont réels et énormes. Ils sont à la mesure d’un pays dont les deux-tiers étaient annexés, il y a juste deux ans. Et Bamako diffère de Paris et de New York parce que capitale d’un pays constituant encore un théâtre d’opérations jihadistes. Ce qui sied, c’est le plaidoyer pour des mesures continues, visibles et dissuasives de sécurité, afin de minimiser les « soft targets », au moins dans la capitale, siège de nos institutions ainsi que de notre souveraineté et résidence de civils de pays qui nous ont tendu la main en des temps sombres. Une vigilance plus accrue était possible et doit être de mise désormais même si l’insécurité zéro n’existe pas. Nous avons peur et nous avons froid enfin devant les images des jeunes Ould Tayib et Ould Sidiya, qui n’avaient pas 16 ans, qui ont été poursuivis par une foule baveuse, avant d’être attrapés, tués, brûlés et découpés le weekend dernier à Gao. Oui Gao, capitale de civilisations et de cultures qui ont rayonné dans le monde. Nous avons peur et nous avons froid parce que des témoignages qui convergent, il ressort que les deux jeunes assassinés l’ont été en raison du faciès. Ils étaient Arabes, ils étaient les neveux d’acteurs loyalistes, pro-gouvernementaux. La vérité émerge, les regrets s’expriment mais le mal est fait, renforçant nos peurs et notre froid dans ce pays qui est à nous tous, à nous toutes.
Adam Thiam
Adam Thiam[/caption]
Vendredi soir, les assaillants voulaient tuer et démontrer qu’en dépit des assurances officielles, Bamako est à leur portée. Apeurer la population n’était pas le but mais une conséquence possible. Penser ou dire autre chose, c’est ajouter l’injure à la blessure. D’ailleurs, nous avons peur. Nous avons peur des arguments courts du type : « même New York et Paris n’ont pas été à l’abri de leurs assauts». Nous avons peur et nous avons froid parce que les comparaisons mal à propos et inexactes traduisent l’incurie et le mépris. Nous avons peur et nous avons froid parce que d’un côté, il y a nos vies en danger et de l’autre peu de moyens, peu capacités et trop d’égo. Or, les défis sont réels et énormes. Ils sont à la mesure d’un pays dont les deux-tiers étaient annexés, il y a juste deux ans. Et Bamako diffère de Paris et de New York parce que capitale d’un pays constituant encore un théâtre d’opérations jihadistes. Ce qui sied, c’est le plaidoyer pour des mesures continues, visibles et dissuasives de sécurité, afin de minimiser les « soft targets », au moins dans la capitale, siège de nos institutions ainsi que de notre souveraineté et résidence de civils de pays qui nous ont tendu la main en des temps sombres. Une vigilance plus accrue était possible et doit être de mise désormais même si l’insécurité zéro n’existe pas. Nous avons peur et nous avons froid enfin devant les images des jeunes Ould Tayib et Ould Sidiya, qui n’avaient pas 16 ans, qui ont été poursuivis par une foule baveuse, avant d’être attrapés, tués, brûlés et découpés le weekend dernier à Gao. Oui Gao, capitale de civilisations et de cultures qui ont rayonné dans le monde. Nous avons peur et nous avons froid parce que des témoignages qui convergent, il ressort que les deux jeunes assassinés l’ont été en raison du faciès. Ils étaient Arabes, ils étaient les neveux d’acteurs loyalistes, pro-gouvernementaux. La vérité émerge, les regrets s’expriment mais le mal est fait, renforçant nos peurs et notre froid dans ce pays qui est à nous tous, à nous toutes.
Adam Thiam Mots clés:
Articles Similaires
Edito : Une sérieuse Menace sur l’Assurance Maladie Obligatoire
L'Alternance 17 Mar 2025 - 13:53 0
Coopération : Bamako et Dakar sur la même longueur d’onde
L'Aube 3 Mar 2025 - 01:20 0
Sahel : vers la reconfiguration de l’Autorité du Liptako-Gourma
21 Mar 2025 - 11:08 0
-
1FILSDUMALIBA@ Aine Thiam, merci enormement pour cet article frere clair et limpide mais surtout tres cartesien. Je n'ai pas d'autres commentaires a ajouter juste d'etre vigileants et attentifs a tout et surtout denoncer toute chose aussi suspecte soit elle. Au plaisir de vous relire tres bientot.....11 ansRépondreLike (0) -
Ali H MaigaJ'espère ardemment que ce ministrion des affaires étranges lira cet éditorial et s'avisera la prochaine fois avant de proférer des étrangetés. On est en plein dans la comédie de Molière des femmes savantes. Un Président qui se suicide sans son avion personnel, un premier ministre, qui souscrivant à Azawade entité mémorielle oublie qu'ainsi il apporte une caution à la future république et un ministrion, qui banalise: Un attentat à Bamako, quoi de plus normal lorsque New York et Paris furent déjà des cibles avec bilan plus dramatique. Mon Dieu! Que ce sera long cinq ans!!11 ansRépondreLike (0) -
Aliasb5Merci M. THIAM... Nos piètres ministres ont été lamentables dans la communication d'une justification inadmissible de leur incompétence a prendre en charge les problèmes des maliens. New York et Paris ont été capables immédiatement de poursuivre et arrêtés les autres des attaques. Au moins ceux-ci ne pourront plus commettre d'autres attaques. Que l'on nous dise : A QUOI SERVENT LES DIZAINES DE CAMÉRAS DE SURVEILLANCE INSTALLÉES À COUP DE PLUSIEURS DIZAINES DE MILLIARDS DANS BAMAKO? C'est pitoyable pour ce pays...11 ansRépondreLike (0) -
Dr ANASSER AG RHISSABonjour, Ne laissons pas nos terres occupées injustement par des djihadistes et des terroristes ou des personnes mal intentionnées qui profitent de la situation au Mali. TOUS, ensemble, avec nos partenaires, nous ferons un front uni contre ces terroristes et ces djihadistes et nous assurerons notre sécurité collective de façon durable. Acceptons TOUS et mettons TOUS en oeuvre l'accord pour une paix durable et pour la réconciliation au sein d’un Mali, sécurisé, Un et Indivisible sans fédération. Je lance un appel aux groupes armés de la coordination des mouvements de l'Azawad pour accomplir urgemment l'acte honorifique et patriotique de paraphe du projet d'accord d'Alger et de la signature de l'accord définitif de paix et de réconciliation au Mali, voir ci-dessous la lettre ouverte en ligne, que j'ai adressée, au MNLA, à la coordination et aux indécis pour l'acceptation (en le paraphant) de ce projet d'accord et de l'accord définitif (en le signant) qui en sera issu : http://www.maliweb.net/contributions/accord-pour-la-paix-et-la-reconciliation-au-mali-lettre-ouverte-au-mnla-a-la-coordination-des-mouvements-de-lazawad-et-aux-indecis-847772.html Cette lettre ouverte était aussi adressée au Président Malien, aux Maliens et aux Partenaires. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA EXPERT TIC, GOUVERNANCE ET SECURITE E-mail: [email protected] TEL 78 73 14 6111 ansRépondreLike (0) -
Lassana DagnokoTu as peur tout bon malien doit écrire pour apaiser en cette période douloureuse que nous traversons ; nos condoléances les plus attristés au victimes de Gao et de Bamako Que Dieux protège le Mali11 ansRépondreLike (0) -
Lassana DagnokoTu as peur tout bon malien doit écrire pour apaiser en cette période douloureuse que nous traversons ; nos condoléances les plus attristés au victimes de Gao et de Bamako Que Dieux protège le Mali11 ansRépondreLike (0)