IBK flingue le pouvoir

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Le bilan du Généralus léopardis est jugé « élodieux ». Peut –être, trop élogieux par ses partisans. Mais les maliens, dans leur écrasante majorité, caressent l’espoir d’une alternance au pouvoir. Un chargement d’homme. Mais aussi, de système. Investi le 3 février dernier, par son parti, comme candidat aux présidentielles d’avril prochain, IBK entend incarner ce changement. Du coup, il ne prend plus de gant pour fustiger les tares du régime : gestion patrimonialiste du pouvoir, détournements impunis du bien public, corruption au sein de l’Administration, une justice en rupture de ban avec le peuple, au nom duquel elle juge etc…

Rien ne semble être oublié par le « Kankelentigui », qui entend incarner, cette alternance.

Cinq ans après l’investiture du Généralus léopardis, à la magistrature suprême de notre pays, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Au delà du bond remarquable, fait par notre pays, dans le domaine des infrastructures routières et socio –sanitaires, le bilan du généralus léopardis reste mitigé. La misère de nos concitoyens a franchi le seuil du tolérable. La délinquance financière, aussi. Partout, le même refrain : « le pays est sur répondeur ». Partout, la même peur du lendemain. Les maliens se croient, aujourd’hui, sans avenir. Sans espoir, face à des lendemains qui déchantent. L’école malienne est à vau –l’eau. Surtout, avec la grève illimitée, décrétée depuis deux mois par les Enseignants du supérieur. Les salaires des fonctionnaires, restent –en dépit des augmentations ou supposées comme telles –les plus bas de la sous–région.

Le chômage des jeunes –diplômés ou sans –n’est plus chronique, ni critique, mais clinique.

Les prix des denrées de première nécessité sont hors de portée. Et nombreuses sont les familles qui peinent à s’offrir trois repas par jour.

Mais face à ce constat, pour le moins amer, les partis politiques –du moins l’écrasante majorité –appelés à la « soupe » du régime -gardent la queue entre les pattes. Tous ou presque ont abdiqué, excepté quelques –uns. Avec à leur tête, le RPM d’Ibrahim Boubacar Keita. Pour lui, sa mission n’est pas de conduire les maliens au paradis, mais de les sauver de cet « enfer », qui n’a que trop duré.

A l’issue du deuxième congrès ordinaire du parti, au cours duquel IBK a été investi comme candidat du RPM aux présidentielles d’avril prochain, Mme Sangaré Oumou Bah, commandante des Femmes du RPM a été la première à dégainer.

IBK sort l’artillerie lourde

« L’on fait comme si, ces réalisations présentées à grands renforts de publicité, proviennent de la poche d’A.T.T ! Or, c’est la caisse publique de l’Etat qui finance ces infrastructures. Et la caisse publique est alimentée par les taxes et les impôts du contribuable », déclare t –elle, dans un tonnerre d’applaudissements. Rappelant les mensonges qu’on lui prête, IBK se démarque, d’emblée, des voleurs du peuple, en mettant les points sur les I : « … Je me vois dans l’obligation d’intervenir, pour mettre les choses à leur place et rectifier certaines contrevérités, véhiculées à mon sujet et sur le compte de mon parti… Je n’ai jamais traité sur la base de combines avec un opérateur économique ! Et je mets quiconque au défi de prouver le contraire, et je ne pardonnerai à personne de me couvrir, s’il en a connaissance, sur ce genre d’affaires louches ».

Et d’ajouter, avec une voix, nouée par l’émotion : « Na yen soutoura, Ala kanaa soutoura ! » entendez : « s’il me couvre, que Dieu ne le couvre pas ! ». Assumant ses actes et la légitimité de ses biens, IBK se dit affligé par l’arrogance de ceux, qui ne pesaient pas un centime, hier, et qui sont devenus milliardaires du jour au lendemain. Mieux, il propose qu’une commission d’enquête évalue le patrimoine de tous les candidats, pour savoir qui vaut quoi, qui a gagné quoi, et par quels moyens. En tout cas, tout centime qui ne lui est pas dû, est honni par IBK ! Les privilèges, dit –il, dont il bénéficie, lui sont, officiellement, accordés par l’Assemblée nationale. Concernant les motards, leur jouissance est un devoir d’Etat, pour affirmer l’Etat. Depuis le 16 septembre 2002, IBK circule dans sa voiture personnelle. « La Mercedes dans laquelle je circule est un véhicule personnel, que j’ai acheté et dédouané en règle, en payant toutes les taxes, comme rares sont les cadres maliens qui en font autant… Quant au logement, c’est l’Etat qui affecte une maison d’astreinte au Premier ministre en fonction. Ce qui était mon cas par le passé. Après mon départ de la Primature, à 18 h, tous les véhicules étaient déposés, y compris la voiture de mon épouse. J’ai fait l’inventaire de mes biens et matériels en 11 pages.

La maison dans laquelle je vis est une concession héritée de mon père qui, après des études de finances et de banque en France, était Fondé de pouvoir au Trésor, où il a reçu les félicitations du président Modibo Keita, pour le sérieux et l’honnêteté avec lesquels il faisait son travail, en y sacrifiant même ses jours de repos légal. Et je n’ai spolié personne pour acquérir cette maison familiale ».

Le nouvel IBK est arrivé !

Cinq ans après les présidentielles, à l’issue desquelles il s’est classé troisième après A.T.T et Soumaïla Cissé, IBK incarne, encore l’espoir de nos concitoyens. L’homme à poigne a fait place à l’homme d’Etat, qui porte sur ses frêles épaules, le destin de toute une Nation. « … Aimer son peuple, le considérer, le respecter, ce n’est pas en cédant, de manière volontariste et populiste, à toute requête à la faveur des rencontres de fortune, et lui donner le faux sentiment qu’on l’aime, et qu’on serait prêt à tout, pour lui complaire, à faire fi de toute organisation et méthode, de toute programmation exigée par une gestion moderne. Aimer son peuple, c’est le rendre libre, sans contrainte, ni pression, sans intervention d’une quelconque Sécurité d’Etat.

Aimer son peuple, le considérer et le respecter, c’est accepter d’organiser, dans des conditions de clarté et de transparence absolues, toute consultation devant décider de son destin. Aimer son peuple, le considérer et le respecter, c’est lui dire la vérité en toute circonstance, c’est reconnaître à leur juste mérite les résultats des luttes des travailleurs pour l’amélioration de leurs conditions de vie. C’est refuser tout patrimonialisme qui consiste, en l’occurrence, à se les approprier… On ne peut pas mettre entre parenthèses la démocratie, car ce sont les partis politiques qui la conduisent.

Notre démocratie a été acquise au prix fort, pour ne pas ramper devant le pouvoir, à la recherche de postes. Comment comprendre, alors, que les combattants d’hier se couchent à plat ventre, à la recherche de maroquins, par le moyen de la combine, sur le dos du peuple malien ? Il est souhaitable que les élections aient lieu, dans des conditions transparentes, même si nous avons des inquiétudes, au regard de la malice et du subterfuge ayant prévalu à la mise en place de la CENI… la fidélité historique et le devoir de mémoire commandent de cultiver la vérité et de ne point chérir le mensonge…», indique le challenger désigné du Généralus léopardis.

Aussi, le « Kankelentigui » assume sa « main de fer dans un gant de velours » et fustige, au passage, le laisser –aller et le laisser –faire généralisés, qui ont fini par enterrer l’autorité de l’Etat, sous une dalle en béton.

Bref, une semaine après son investiture, comme candidat du parti du Tisserand, IBK s’annonce comme un « caillou » dans la chaussure d’A.T.T.

Après des vérités, aussi, crues, tant sur sa personne que sur les errements du régime, il ne reste plus à IBK, qu’à convaincre ses concitoyens de la sincérité de son projet de société. Et à rallier à sa cause, les abusés, spoliés et lésés du pouvoir en place.

Le Mollah Omar

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