3ème congrès ordinaire du parti Yelema : Moussa Mara passe le témoin au Dr Youssou Diawara

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L’ancien Premier ministre, Moussa Mara, a présidé le samedi 12 décembre dernier, au Centre international de conférences de Bamako (Cicb), les travaux du 3ème congrès ordinaire du parti Yelema. A l’issue desquels Dr Youssouf Diawara a été élu à la tête du parti pour les cinq prochaines années.

 

Actualité oblige ! Dans son discours d’ouverture, l’ancien Premier ministre, Moussa Mara, a laissé entendre qu’en ce samedi 12 décembre 2020 le Mali a enregistré presque 6 000 cas de Covid-19, avec une augmentation importante de nouveaux cas ces derniers jours et le chiffre des décès (presque 200) est loin de refléter la réalité car de nombreux malades décèdent avant d’être pris en charge.

A ses dires, le coronavirus est une réalité car il a mis à genoux la planète entière et il est à la base de la plus grande crise économique que l’humanité a eu à affronter depuis un siècle, les pays les plus puissants du monde ayant du mal à le gérer, les vaccins annoncés mettront beaucoup de temps avant d’arriver chez nous. « La seule solution pour nous est de nous protéger. Espérons que les autorités politiques et sanitaires sachent accompagner tout cela avec un esprit d’anticipation qui mette le pays à l’abri de difficultés dans les jours à venir », a-t-il ajouté.

Dans son discours, il a insisté sur l’unité pendant cette période de transition et l’entente entre les Maliens pour faire face aux défis du moment. Et de poursuivre que la Transition en cours dans notre pays est une chance pour un nouveau départ. « Il faut que nous arrivions à saisir cette chance et à accompagner utilement les autorités actuelles. Pour cela, il est indispensable que l’ensemble des forces politiques et de la société civile adoptent des attitudes constructives vis-à-vis de la Transition à travers l’encouragement à la neutralité de la Transition, le désintéressement et l’engagement à aider sans être membre des organes de Transition, a priori favorable à l’égard des autorités, sens du sacrifice et donc abandon des revendications et autres réclamations de droits », a renchéri Moussa Mara.

Concertation des forces vives

Pour lui, en contrepartie de cela, les autorités de la Transition doivent s’engager, entre autres, vers une plus grande concertation avec les forces vives, la prise de décisions rapides de réduction significative du train de vie de l’Etat, une plus grande transparence dans les nominations et les passations de marchés publics avec l’ambition de rassurer tout le monde sur leur détermination à être exemplaires, à préserver les maigres moyens de l’Etat et à être uniquement focalisés sur les intérêts du pays et la véritable refondation de l’Etat malien.

Il a saisi l’occasion pour remercier la Communauté internationale et tous les partenaires qui continuent d’aider le Mali depuis plus de huit ans maintenant. Ce qui renvoie les Maliens eux-mêmes à l’impérieuse nécessité de s’impliquer pour sortir le Mali de l’ornière.

De son point de vue, il faut réaliser le sursaut nécessaire pour aller vers le nouveau Mali que tout le monde clame et qui sera le Mali du vrai changement se traduisant par certaines caractéristiques, notamment des leaders esclaves des Maliens, qui soient exemplaires et entièrement dédiés à rendre meilleure la vie de nos compatriotes ; une administration et des services publics qui servent les usagers et qui sont animés principalement de l’esprit de servir et de contenter les usagers plutôt que de leur tomber dessus ; l’équité entre les Maliens et l’égalité des chances pour tous, assurée principalement par une justice efficace, transparente et indépendante.

Aux dires de l’ancien Premier ministre sous IBK, pour permettre à notre pays d’atteindre ces trois résultats majeurs cela prendra du temps. Donc, dit-il, la Transition ne peut le réaliser. Elle peut toutefois ouvrir des pistes et revoir les textes permettant d’aller dans cette direction. « Seul un pouvoir légitime, fort, visionnaire et totalement honnête peut mettre le Mali sur les rails menant à ces résultats. Il faut tout faire pour que ce pouvoir vienne aux affaires. Tel doit être notre objectif des 15 prochains mois. Pour cela, il nous faut unir les Maliens, mais aussi les forces vives, sans doute au-delà de notre parti, qui veulent un vrai changement au Mali. Il n’y a point de salut en dehors de l’unité, la vraie unité, celle de conviction et d’idées. C’est possible. Nous devons nous mettre à la tâche », a-t-il martelé.

Yelema vers le parti de la gestion du pouvoir

Parlant du 3ème congrès du parti Yelema, il dira que des innovations importantes sont prévues avec la création de l’école du parti, la mise en place d’une fondation Yelema de soutien au changement, la clarification de certaines situations relatives aux mandats des responsables.

Ainsi, il a annoncé la mise en place d’une équipe dynamique pour que Yelema prenne le virage vers le parti de la gestion du pouvoir. « Le parti s’est installé dans le paysage politique, il doit renforcer son ancrage local et s’affirmer comme un acteur de l’amélioration des conditions de vie des Maliens dans les communes, les régions et partout ailleurs », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette équipe consacrera pour la première fois dans l’histoire de notre parti une alternance à sa tête. « Le mandat du Président que je suis, arrive à son terme. Conformément aux textes, je vais céder la direction du parti à un nouveau président que Yelema se choisira ce jour. Il n’y a pas de changement de règle pour rester en poste à Yelema. L’alternance qui est un principe majeur de la démocratie et du changement s’impose à nous tous. Il n’y a pas d’homme irremplaçable et encore moins indispensable. Le Parti le démontre ainsi et va continuer son chemin, dans l’humilité et la sérénité. Les hommes passent, les principes restent », a-t-il rappelé.

Et de poursuivre que le Comité exécutif actuel n’a pas démérité, au contraire, de nombreuses réalisations sont à son actif, à savoir la tenue régulière de toutes les instances du parti, la tenue régulière des réunions hebdomadaires, la tenue des réunions mensuelles statutaires, l’implantation du parti à l’intérieur et à l’extérieur, la participation à toutes les actions majeures (évènements locaux et nationaux, gestion des crises socio politiques, relations avec l’administration, collaboration avec des partis, séminaires, ateliers, intervention publique, communiqués), la mise en place de plateformes de communication numérique, animation du siège du parti au bénéfice de l’ensemble des militants, visites de terrain des délégations nationales et régionales, rencontres régulières avec les militants, animation de conférences, ateliers, missions du parti à l’extérieur, participation aux activités du Cmdid…

Yelema désormais prêt pour gouverner le Mali 

S’agissant de la participation du parti aux échéances électorales, il a noté que lors de l’élection présidentielle de 2018, le candidat du parti Yelema, notamment le Dr Cheick Modibo Diarra a obtenu la 4ème place. Aussi, il dira que lors des élections législatives de 2020, le parti a obtenu trois sièges à l’Assemblée et qui devaient être cinq si ce n’étaient les tripatouillages de certains acteurs de l’administration et de la Cour constitutionnelle.

Il poursuivra que les performances aux élections passées de 2018 et de 2020 doivent encourager les cadres du parti à transformer l’essai dans quelques mois, aux prochaines élections municipales, locales, régionales, présidentielles et législatives. « Nous devons nous battre pour gagner cette fois. Dix ans après sa création, le parti, avec des partis amis, est désormais prêt pour gouverner le Mali », a-t-il laissé entendre.

A ses dires, le Comité a eu néanmoins quelques difficultés qu’il convient également d’analyser pour les solutionner. Entre autres, celle de la mobilisation de ses membres sur tous les chantiers majeurs du parti, l’assiduité aux réunions ou encore la pleine implication de certains dans la vie du parti, la participation financière collective des membres à la vie du parti ; celle de l’intégration dans le parti de nombreux cadres voulant aider, en militant activement ou en contribuant intellectuellement aux programmes et activités du parti ; celle de la communication interne mais aussi autour du projet du parti, de ses idéaux et principes qui ne sont pas correctement maitrisés par les militants.

Il a saisi l’occasion pour insister sur la promotion de l’excellence et le mérite afin de donner des responsabilités aux militants performants et dévoués, ceux qui ont démontré leur efficacité et qui ont obtenu des résultats. « Nous devons cultiver l’alternance et la redevabilité si nous voulons obtenir l’alternance au niveau de la gestion du pays. On ne peut pas clamer quelque chose à l’extérieur et faire le contraire à l’intérieur », a-t-il dit.

Boubacar PAÏTAO

 

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