Lettre à grand-père : N’est-il pas encore temps ?

Cher Grand-père, L’insécurité change de visage. Elle change de cible. Elle change de méthode. Et surtout, elle se rapproche.

19 Fév 2026 - 02:09
1
Ecouter cet article
Lettre à grand-père : N’est-il pas encore temps ?
00:00
Lettre à grand-père : N’est-il pas encore temps ?

Elle n’est plus cantonnée à des zones lointaines ou à des fronts clairement identifiés. Elle s’invite désormais sur nos grands axes routiers, dans nos entourages immédiats, frappant sans distinction : citernes incendiées, convois militaires attaqués, industries ciblées, personnalités civiles et politiques visées, paisibles citoyens pris au piège.

Oui Grand-père, il ne s’agit plus de simples actes isolés. C’est un banditisme d’un genre nouveau, structuré, polymorphe, qui emprunte les méthodes du terrorisme pour installer la peur et la désolation. Un banditisme aux ramifications politiques, militaires et idéologiques. Enlèvements, prises d’otages, attaques kamikazes, exécutions ciblées… La terreur comme stratégie.

Depuis plus d’une décennie, nous combattons ce fléau essentiellement par la force militaire. Mais avons-nous suffisamment interrogé ses ressorts idéologiques ? Avons-nous analysé en profondeur ses mécanismes d’endoctrinement, ses stratégies d’expansion, ses modes opératoires évolutifs ?

Combattre militairement est indispensable. Mais anticiper est vital. Comprendre pour mieux neutraliser. Analyser pour prévenir. Étouffer le mal avant qu’il ne prenne racine.

Aujourd’hui, la question des déplacements devient centrale. Le niveau de vulnérabilité de certains axes routiers impose une réflexion urgente. N’est-il pas temps, Grand-père, que notre pays se dote d’une cartographie sécuritaire claire et actualisée de ses routes et de ses zones sensibles ?

Une carte qui classe les axes selon les menaces identifiées. Une carte qui informe, alerte et oriente. Une carte qui distingue les niveaux de risques en fonction des profils d’usagers.

Car tous ne voyagent pas dans les mêmes conditions d’exposition. Les anciennes et nouvelles personnalités politiques, les journalistes, les magistrats, les représentants de l’État, les leaders d’opinion et religieux, les artistes — chacun peut constituer une cible spécifique.

Comment doivent-ils se déplacer ? Faut-il systématiser des dispositifs d’escorte pour certains profils ? Faut-il créer des points permanents d’information et de conseil sécuritaire pour les usagers des routes ?

La prévention ne nourrit pas la peur. Elle combat la psychose.

Car le terrorisme n’a besoin que d’une chose : remplacer la sérénité par le doute. Installer le vide informationnel. Faire prospérer la confusion.

Anticiper, c’est rassurer. Informer, c’est protéger. Organiser, c’est reprendre l’initiative.

N’est-il pas encore temps, Grand-père, d’ouvrir ce chantier stratégique ?

À mardi prochain pour la 339e lettre. Inch’Allah.

Lettre de Koureichy

 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (1)

User
Nfp
Nfp 8 mois
Allons Koureichi, qu'est ce qui te prend de parler si ouvertement de l'insécurité dramatique qui règne sur nos routes ? Tu ne sais donc pas que reconnaître objectivement la réelle menace terroriste qui pèse au quotidien sur nous, ça revient à reconnaître aussi objectivement LA TOTALE INCAPACITÉ de la junte à y faire face et sa TOTALE FAILLITE à sécuriser le pays ? Koureichi, même si cette menace que tu décris est hélas avérée et réelle, ce n'est pas le moment de l'admettre : Ça donne raison à ces sales occidentaux imperialo-colonialistes qui veulent à tout prix nuire à l'image de la glorieuse AES ! Allons, Koureichi... Toi aussi...
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (113)
  • Nfp (87)
  • Kankan (53)
  • Sissoko (28)
  • Citoyen du monde (21)