Notre Mali, comme il va… IBK: le second mandat de trop?

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Les chroniqueurs, dont nous sommes, aiment, de temps à autre, traiter de sujets gais, légers, se prêtant à une certaine dérision ou à une forme d’humour. Contrairement à une image assez répandue, leur préférence va davantage aux aspects humoristiques de l’évolution de la société qu’à ses saillies sordides ou macabres.

Le Mali, aujourd’hui,  en plein drame humanitaire, soumis aux vents mauvais et au bord de la psychose, reste, hélas, un sujet résolument sombre, n’offrant d’autre alternative à la chronique que l’étalage de la vérité crue (démoralisante) ou l’option d’une approche démagogique (édulcorante mais pas crédible). Notre choix, pour notre part, est fait.

Le président de la République, plus que jamais au cœur de la polémique et de la contestation, symbole d’un pays quasiment à la dérive, tente de se départir de sa posture d’autruche. Après avoir simulé une sérénité-dichotomique-de la situation profonde du pays, il a tenté, ces derniers temps, de renouer les fils du dialogue avec les différentes composantes de la société civile.

Le flop qui en a résulté lui est largement imputable. Comme à son habitude, IBK, lorsqu’il est confronté à la contestation, a presque toujours une réaction de provocation.

L’on se souvient qu’aux premières frondes essuyées par son Premier ministre (ses sorties intempestives sur le terrain, au Nord et au Centre, déclenchant, chaque fois, des représailles contre des populations innocentes, les ratés du dispositif de sécurité, les mesures peu crédibles de restrictions budgétaires, les grèves), le président n’a rien trouvé de mieux que de présenter son premier collaborateur comme un ”Tigre”, l’homme de la situation. Un Chevalier Bayard, sans peur et sans reproche.

Dans un pays où tout le monde a tendance à se faire passer pour un ”Tiéfaring”, la pilule du Fauve était difficile à avaler. Et, ainsi, la légende n’a pas tenu la route, les rugissements n’ayant pas eu les effets escomptés.

Au plus fort des manifestations contre sa piteuse gouvernance, et alors que SBM s’échine à faire accepter l’image d’un pays au bord de la déroute financière, IBK s’en va poser, à Sikasso, un acte (le lancement des travaux d’un échangeur) assimilable à une démonstration de confort financier (l’ouvrage terminé se chiffrera à plus de 30 milliards CFA). Le message était, une fois encore, décalé.

Les Maliens ont, peut être, la mémoire courte mais ils ne peuvent déjà oublier que le président de la République est, depuis quelque temps, dans une logique de division des leaders religieux et, donc, des musulmans, avec en toile de fond les tentatives d’isolement de l’Imam Mahmoud Dicko et du Chérif de Nioro, Bouillé Haïdara, ses critiques les plus féroces.

Vendredi 5 avril, recevant dans la soirée les Imams membres de la LIMAMA (très proches du président de la République et de son Premier ministre), IBK,  sans doute, encore secoué par la démonstration de force effectuée quelques heures auparavant par Mahmoud Dicko, ses fidèles, les partis politiques de l’opposition et la société civile (ayant mobilisé plus de cent mille manifestants), a opportunément profité de cette tribune pour faire allusion à des ennemis de l’intérieur, alliés des jihadistes, ayant juré la perte du pays.

L’allusion, décryptée par tous les observateurs des soubresauts de la vie nationale, visait, vraisemblablement, ses deux pires ”ennemis” du moment.

C’est sur ce fond d’inimitié que le président reçut, dimanche 7 avril, les leaders de toutes les confessions religieuses, dont le désormais incontournable Mahmoud Dicko. A cette occasion, il ne put éviter une dernière bévue en donnant d’emblée la parole à des interlocuteurs invités à son initiative.

Cette rencontre, dont l’issue était attendue, dans des sentiments mêlés, par les Maliens, se solda par un nouvel échec, obligeant l’hôte de Koulouba et ses invités à répéter les sempiternels souhaits de retour du pays à la paix et à la stabilité sociale.

Sommé de se séparer de SoumeylouBoubèye Maïga, IBK, avait l’opportunité, et par des mots bien choisis, de marquer sa volonté de garder son Premier ministre (avec le risque évident d’élargir le fossé entre lui, Mahmoud Dicko et l’opposition) ou d’adopter une position de conciliation, visant à se donner un temps de réflexion, en attendant de dégager une solution moins humiliante.

Dans l’affaire SBM, le Chef de l’Etat en est le véritable pyromane. C’est lui qui, par ses dithyrambes à l’égard de son collaborateur, a réussi à en faire l’homme le plus honni, l’objet de fortes détestations, désigné partout comme le responsable des échecs politiques, socio-sécuritaires et des dérapages financiers.

Signe des temps, alors qu’au lendemain de sa réélection (contestée), ses affidés réagissaient spontanément à toute attaque à lui adressée, il est loisible de constater le vide d’affection fait, aujourd’hui, autour du président de la République. Hormis quelques soutiens de pure forme, aucune voix forte ne se fait entendre pour rétablir un quelconque équilibre dans la bataille pour la légitimité engagée contre le Chef de l’Etat. Jusqu’à son propre parti politique, le RPM dont les ténors, las d’essuyer les plâtres du second quinquennat, mènent ouvertement la fronde contre lui. En prenant les devants, notamment, pour le dépôt de la motion de censure contre SBM.

Ibrahim Boubacar Kéïta est, actuellement, suffisamment accablé, sans que nous en rajoutions. Nous ne céderons pas, non plus, au facile amalgame entre lui et ses deux pairs, honteusement poussés vers la porte. Mais, la tentation reste très forte en nous de déduire que ce second mandat est celui de trop…

Les calvaires auxquels EDM soumet actuellement les populations, preuve, s’il en est encore besoin, de l’échec d’une politique énergétique (ayant englouti plusieurs centaines de milliards de francs CFA), vantée par IBK lui-même comme celle qui impulsera l’industrialisation du Mali, viennent raviver nos frustrations et, surtout, nous ramener à la douloureuse réalité d’un pays mal gouverné.

Mamadou Kouyaté

[email protected]

 

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9 COMMENTAIRES

  1. Superbe article ! Et ce à la fois sur le fond que sur la forme.

    En soi, si l’on est un tant soit peu objectif on peut considérer que déjà, son 1er mandat fut pour lui un mandat……de trop!

    C’est après un véritable plébiscite (77,4% !) consécutif à une campagne émaillée de discours fracassants, et de tonitruantes déclarations et promesses toutes plus SOLLENNELLES les une que le les autres et toutes plus ALLÉCHANTES que les les autres, qu’Ibk s’est finalement retrouvé PRESIDENT, lui n’avait jusque-là JAMAIS dépassé le stade de PM…

    Et là, c’est à peine assis sur un trône de PRESIDENT, que le “ministre-de-métier” 😁 allait d’emblée faire ECLATER AU GRAND JOUR ses graves limites dans tous les domaines, et sa flagrante INCOMPETENCE GENERALE !

    De toute évidence, LE “COSTUME DE PRESIDENT” ETAIT INFINIMENT TROP GRAND POUR LUI !😎😎😎 Pire: CA SAUTAIT AUX YEUX !😎😎😎

    Avant même d’avoir exercé quelque pouvoir que ce soit, le consternant “lourdaud-ex-PM” multipliait et enchainait deja GAFFES sur BOURDES dignes du pire petit débutant (GMT grand républicain, Eyadema gloire de l’Afrique, etc etc etc.)

    Et dès qu’il s’est trouvé “aux commandes”, AMATEURISME et INCOMPETENCE ont littéralement………..EXPLOSÉS en une HALLUCINANTE succession ininterrompue t
    de gaffes, de bourdes et scandales divers et variés, tels que, ENTRE AUTRES:
    La Une du journal Le monde en photo avec “son” mafieux bienfaiteur-qu’il-ne-connaissait-pas😁😁,
    le légendaire faux-marché de défense kagnassy,
    l’achat en douce du Boeing avec l’argent VOLÉ dans les aides extérieures,
    les 6 mois de suspension des aides,
    le faux financement fictif, soi-disant obtenu de la Chine
    la radiation du Mali des Nations-Unies pour NON PAIEMENT DE COTISATIONS (!…),
    la libération massive des rebelles emprisonnés,
    la levée des mandats d’arrêt internationaux qui pesaient sur eux,
    Là déclaration “ivre de bonheur” a l’infame criminel Djery Maiga,
    La nomination de sa famille aux postes-clé, etc etc etc.

    Sans ce 1er mandat (évidemment calamiteux de bout en bout !), personne n’aurait pu ni deviner ni même supposer qu’Ibk était nul et limité……A CE POINT !😎😎😎😎
    C’est en sens que dis et que j’affirme que pour lui, le tout 1er mandat fut déjà en soi LE MANDAT DE TROP!…

    Quand à son 2eme, celui qu’il a VOLÉ par la triche, il risque tout simplement de le payer de sa vie quand il va se faire (ENFIN!) déloger de koulouba, c’est a dire TRES BIENTÔT !😎😎😎😎😎

  2. “…Nous restions certains que cette fois-ci lorsque la mobilisation de DICKO et de MBOUILLE se déclenche, nous irons vers un dérapage total dont les conséquences seraient incalculables avec de nombreux dégâts collatéraux….” Mr. Coulibaly, MOI, J’ESPERE QU’AVANT QU’ON EN ARRIVE LA, IL SE TROUVERAIT ENCORE QUELQUES “TIEFARING” PARMIS NOS MILITAIRES POUR BALAYER TOUTE CETTE RACAILLE..

    LE CALME ADVIENT… TOUJOURS APRES UNE TEMPETE..

  3. “Il suffit de voir IBK en MANDE MASSA pour comprendre son attitude au sommet de L’ÉTAT.
    NOUS AVONS ÉLU UN HOMME QUI N’EST PAS UN DÉMOCRATE QU’ ON VEUT QU’ IL SE CONFORME AUX RÈGLES DE LA DÉMOCRATIE.
    IBK pense qu’ incarner sa fonction de président de la république,c’est être le Mali,pas representé le Mali tel que défini par la constitution.
    Il pense réellement que s’en prendre à sa façon de gérer le pays,c’est dénigrer ce pays.
    Il pense aussi réellement qu’ incarnant le Mali,il doit jouir impunément des deniers publics .
    CETTE PERSONNALITÉ D’IBK A ÉTÉ RÉVÉLÉE DEPUIS SON PASSAGE À LA PRIMATURE ,mais atténuée par ALPHA OUMAR KONARE.”
    CE DERNIER NOUS AVAIT POURTANT AVERTI….

  4. Pauvre IBK et ses collaborateurs incapables, inconscients et insouciants, ils nous pousserons dans un abîme sans précédent. Nous restions certains que cette fois-ci lorsque la mobilisation de DICKO et de MBOUILLE se déclenche, nous irons vers un dérapage total dont les conséquences seraient incalculables avec de nombreux dégâts collatéraux.

  5. Quand on se place dans le cadre de la gestion politique définie par notre constitution,on ne comprendra jamais IBK.
    Il suffit de voir IBK en MANDE MASSA pour comprendre son attitude au sommet de L’ÉTAT.
    NOUS AVONS ÉLU UN HOMME QUI N’EST PAS UN DÉMOCRATE QU’ ON VEUT QU’ IL SE CONFORME AUX RÈGLES DE LA DÉMOCRATIE.
    IBK pense qu’ incarner sa fonction de président de la république,c’est être le Mali,pas representé le Mali tel que défini par la constitution.
    Il pense réellement que s’en prendre à sa façon de gérer le pays,c’est dénigrer ce pays.
    Il pense aussi réellement qu’ incarnant le Mali,il doit jouir impunément des deniers publics .
    CETTE PERSONNALITÉ D’IBK A ÉTÉ RÉVÉLÉE DEPUIS SON PASSAGE À LA PRIMATURE ,mais atténuée par ALPHA OUMAR KONARE.
    Et pourtant,on a massivement voté pour lui d’où l’incompréhension d’Ibk de s’opposer à sa façon de faire,surtout qu’ IBK sait que c’est connu du grand public que s’il nourrit une HAINE féroce contre certaines personnalités de l’ ADEMA-PASJ,ce n’est pas qu’ elles sont incompétentes,mais qu’ elles n’ont jamais voulu obéir à lui.
    SOUMAILA CISSE et Mme SY KADIATOU SOW ONT MENÉ UNE RÉBELLION CONTRE LE PRÉSIDENT INCONTESTABLE DE L’ADEMA PASJ .
    Ils n’ont pas été soutenus par le grand public,mais combattu.
    Ce manque de soutien à ces deux rebelles au sein du parti au pouvoir prouve à IBK que sa manière de faire est appréciée par les maliens.
    On a apprécié,on doit assumer telle semble être sa pensée aujourd’hui.
    LE MANDE MASSA NE DOIT PAS ÊTRE CONTESTÉ
    Ceux qui ont travaillé avec IBK et ceux qui travaillent avec lui savent que contredire IBK,c’est perdre sa place.
    ON DOIT L’OBEIR,PAS SE CONTENTER DE LE RESPECTER.
    On doit l’ obéir quand il décide de mettre sa famille au centre du pouvoir contre son parti.
    On doit l’obéir quand il décide,contre ceux qui l’ont aidé à accéder à la magistrature suprême,de nommer un premier ministre de son choix.
    SI IBK pense que ceux qui marchent contre sa façon de faire sont des ennemis du pays,il faut comprendre qu’ il croît fermement que c’est lui le MALI.
    Quand il dit,au tout début de son mandat,dans une réunion même de Mahmoud Dicko ,que les SOUMAILA CISSE , TIEBILE DRAME et autres sont des HASSIDI car ils ont osé critiquer sa façon de faire,il le pensait réellement.
    CEUX QUI SE SONT MOBILISÉS POUR IBK NE PEUVENT PAS NE PAS CONNAÎTRE CETTE PERSONNALITÉ CAR L’HOMME EST SUR LA SCÈNE POLITIQUE ET INSTITUTIONNELLE DEPUIS 1994.
    Ils contestent contre son régime, non pas qu’ il manoeuvre contre son pays ,mais qu’ il n’a pas voulu partager le pouvoir.
    C’est le cas de CHERIF de NIORO et de Mahmoud Dicko et beaucoup d’autres qui étaient avec lui.
    C’est pourquoi leurs combats sont dirigés contre la personne de SBM ,au lieu de se focaliser sur la gouvernance chaotique d’Ibk .
    Le MALI n’est la préoccupation que de ceux qui sont autour du chef de fil de l’opposition.
    OSER LUTTER ,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

  6. Article 118: "Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité du territoire. "

    L’illogisme est la norme chez IBK,les maliens n’ont pas encore compris que le Mr est senile. La justice et l’armee doivent prendre leurs responsabilites pour sauver le peu qui reste du Mali.

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