La tenue samedi dernier de la première conférence des cadres PCR a relevé le triple défi du symbole, de la mobilisation et de l'action politique. L'assise a permis aux éminences grises du parti étoilé d'amorcer un débat politique et pédagogique sur le modèle économique à privilégier dans le contexte malien avec comme débat central : «l’option libérale est-elle un modèle pour les pays les moins avancés ? »
Après la célébration le 15 juillet dernier de son premier anniversaire couplé au lancement des activités du parti en commune IV du district de Bamako, le Parti citoyen pour le renouveau a démontré sa force de frappe politique samedi au Centre international de conférence de Bamako à l'occasion de sa première conférence des cadres. Celle-ci a réuni dans une imposante ambiance festive, autour du bureau politique national, des cadres des structures locales et des dizaines d'invités dont les responsables de partis homologues : Urd, Rpm, Pudp, Adéma, Bara, Usrda, Bdia, Cnid, Udd. Le mouvement citoyen et la première dame du Mali étaient respectivement représentés par Mme SAMASSEKOU Aïché et Cheick Oumar SOW aux côtés du gouverneur de Bamako, Ibrahim Féfé KONE.
Un parti légitime
Après une chorégraphie exécutée par la troupe du district et retraçant la quadruple genèse de la chute de la dictature, l’avènement du multipartisme, la candidature d’ATT en 2002 et la création du Parti citoyen pour le renouveau des côtes du Mouvement citoyen suivi d’un poème, le président Ousmane Ben Fana TRAORE s’est adressé aux conférenciers. Dans une allocution fort ovationnée, M. TRAORE a remercié les nombreux invités qui ont fait l’honneur d’assister à la manifestation d’un jeune, mais déjà grand parti qui, en l’espace de 400 jours, a occupé l’ensemble du terrain national et les milieux de la diaspora. Ce résultat politique auquel il faut associer l’adhésion de plusieurs élus est un acquis collégial du Bpn, a précisé M. TRAORE. D’où la date du 12 août pour célébrer ces acquis et débattre de sujets importants. En effet, la journée du 12 août est chargée de symbole : 15è anniversaire de la conférence nationale du Mali et journée international de la jeunesse.
Selon le président du parti, le PCR est fier d’enregistrer quotidiennement de nouvelles adhésions et pas les moindres. Il a loué notamment les efforts des femmes et des jeunes, moteurs du changement dans toutes les nations, avant de confesser que son parti n’a rien contre le Mouvement citoyen dont il poursuit les objectifs autrement, de façon plus harmonisée avec la pratique politique et le souci de la pérennité de la vision du président Amadou Toumani TOURE. Se prononçant sur le thème de la conférence, M. TRAORE a indiqué qu’il est un devoir pour chaque cadre de se rendre utile à son pays qui a investi dans sa formation.
Les représentais des différents partis (Ump, Bara, Cnid, Bdia, Adéma, Udd, Pudp) ont ensuite pris la parole pour manifester leur camaraderie politique au Pcr en faisant l’éloge de sa démarche et de ses résultats sur le terrain. Le représentant du Cena et celui de la jeunesse du Mouvement citoyen ont confessé leur proximité avec le Pcr avec pour dénominateur commun, le soutien au président de la République. La première vice-présidente du Rpm a, quant à elle, soulevé un débat plus agité en estimant qu’une certaine opinion oubliant que le Rpm a contribué à élire ATT se permet de le traiter comme l’ennemi à abattre. Rokiatou NDIAYE a précisé que la collaboration n’exclut pas le conseil et la vérité au détriment d’une l’hypocrisie aux conséquences incalculables pour le pays. A propos de l’accord d’Alger, l’ancienne ministre de la santé a souligné que la déclaration de son parti a succédé à une analyse approfondie de la situation. Le régime, a-t-elle poursuivi, doit dire la vérité au peuple et reconnaître ses erreurs, s’il le faut. Il ne faut pas se fier aux apparences, tout ce que l’extérieur finance dans nos pays pour la paix et la démocratie contribue plus à favoriser l’exploitation économique qu’elle pratique, a-t-elle conclu.
Pour les cadres du PCR, le Mali n’a plus le choix face à la déferlante du libéralisme économique amorcé sommairement dans notre pays à partir du régime militaire, les programmes d’ajustement et la privatisation des entreprises publiques. Il s’agit donc pour notre Mali d’investir dans les infrastructures, l’équipement et l’industrie pour sortir les chocs commerciaux de nos produits d’exportation et le poids des importations. Cette politique passe par le renforcement du secteur privé dans tous les domaines, y compris l’éducation, la santé, la production, etc.
Le libéralisme politique désigne l'ensemble des thèses libérales portant sur le domaine de la politique, qui ont en commun de fixer des limites à l'action de l'État. Il s’agit d’un troisième axe à la gauche et à la droite qui prône la liberté d'action individuelle la plus complète : liberté d'entreprendre, libre choix de consommation, de travail, etc. Le seul rôle légitime de l'État est de faire respecter les droits et d’assurer la sécurité.
Par Ibrahim SANGALA
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L’Ump pour une nationale des partis libéraux
Invitée à assister à l’ouverture de la conférence nationale du PC, l’Ump était représenté par son secrétaire Général Lamine SOW. S’abstenant de s’inviter dans la polémique des propos et des anti-accord d’Alger, M. SOW a indiqué dans son message au Pcr toute l’amitié et la proximité idéologique de son parti. En effet, l’Ump s’est déjà prononcé sur la crise de Kidal en optant pour un règlement pacifique, la paix étant le gage numéro un de tout développement. Selon M. SOW, l’Ump est disposée à ouvrir le chantier de la formation au Mali d’un ensemble de partis se reconnaissant dans le modèle de l’économie libérale appliquée en politique. Il s’agira d’offrir au Mali les moyens politiques de promouvoir le secteur privé, créateur de richesses et moteur de la croissance. Il a estimé que l’Ump pouvait désormais compter sur le Pcr qui a fait des résultats appréciables en seulement une année.
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