Le député agresseur abandonne par les siens ?

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Dans le conflit qui oppose le juge de Ouélessébougou au député Bourama Tidiane Traoré (photo), les magistrats sont restés mobilisés derrière leur collègue. On ne peut en dire autant des députés. En effet, après son interpellation, le député a envoyé un message à certains élus, dont Mamadou HawaGassama de l’URD. Ce dernier prend alors la route de Ouélessébougou. Il croise le cortège transportant le détenu au poste de police de Senou. Gassama fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération de son collègue. Les gendarmes refusent; Gassama accompagne le cortège jusqu’au camp I de la gendarmerie de Bamako. Il y restera, durant toute la soirée, aux côtés du détenu Traoré. Pendant ce temps, aucun député du RPM ni de la majorité ne pointe le nez à la gendarmerie du camp I. Ce n’est que le lendemain que les députés votent une résolution exigeant la libération du détenu, menaçant de surseoir à tout travail parlementaire et même d’initier une motion de censure contre le gouvernement.

 

Au moment où les élus votaient leur résolution, jeudi 27 novembre, le détenu était conduit au tribunal de la commune 6 pour être entendu par le procureur. Celui-ci décide de le mettre sous mandat de dépôt. L’infraction étant poursuivie en fragrant délit, le procès est immédiatement programmé. La salle d’audience sera prise d’assaut par les magistrats venus soutenir leur collègue qui, lui, n’était pas présent. Quant aux élus, ils ont brillé par leur absence dans la salle. Le juge était défendu par une pléthore d’avocat, notamment…Quant au député poursuivi, il était défendu par Me TiècoroSamaké, originaire comme lui de Ouélessébougou. L’audience était présidée par le président du tribunal lui-même: TaichaMaiga, qui est connu pour se promener dans la cour du tribunal muni d’un pistolet. A la barre, le prévenu et son conseil sollicitent le renvoi du dossier et la mise en liberté provisoire du député. L’avocat souhaitait mieux connaître le dossier et mieux préparer la défense de son client. Le président du tribunal accepte le renvoi de l’affaire mais rejette la demande de mise en liberté. Les magistrats sautent de joie de voir le député maintenu en prison. Ils sont encore plus joyeux d’entendre le président traduire en bambara sa décision: “Vous avez compris, monsieur le député ? Vous serez jugé le 3 décembre 2014 mais entre-temps, vous gardez prison!”.

 

Abdoulaye Guindo

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3 COMMENTAIRES

  1. Dans cette affaire je donne raison au juge….. il a été agresse dans son bureau et cela en dehors des heures de service (delibere) par un soit disant honorable qui n’en est certainement pas un… La vulgarité a atteint un niveau insoupçonné dans mon pays… tout le monde se trouve des qualités pour faire de la politique car c’est le seul moyen de devenir riche en quelques heures, de moto BB RS a la 4×4, aux milliards et au palais.
    Depuis que des badauds ont envahi le palais, drogues par des politiciens qui voulaient a tout prix devenir President ou Premier Ministre, je me suis dit le Mali des analphabètes et des cheytanes est entrain de s’installer.
    IBK est un porte malheur il faut le dégager….. Son assemblée est irresponsable… aller en grève pour soutenir la vulgarité et la barbarie….. on est dans quel pays…….?

  2. 🙄 🙄 🙄 😈 😈 😈 😈 ,nul n’est au dessous de la loi,et surtout un député qui abuse de sa position et de son pouvoir,c’est lui qui doit montré le droit chemin,la loi est faite pour tout le monde 👿 👿 👿 👿 👿 😯

  3. Je sais que tout est sens dessus dessous dans ce pays. Mais huminite parlementaire n’est pas synonyme d’impunite. Meme aux Etats Unis ou en France une personne beneficiant d’une huminite n’est pas au dessus de la loi. Elle ne peut pas se permettre de lever la main sur quelqu’un ou aller abuser d’autres citoyens sans encourir des consequences. Aux E.U. n’importe qui peut etre arrete avec les menottes et emprisonne pour des actes deplaces; meme le president de la republique. Comme on le dit il y a certains comportements qui sont “off limit” c’est-a-dire inertdits. Nul ne doit abuser de sa position ou de son pouvoir. UN POINT C’EST TOUT. Si non certains se croyeraient tout permis et lorsque ceux qui se sentiront leser reagiront, c’est sera la justice de la rue. Les lois sont faites pour etre respectees. CHACUN DOIT CONNAITRE SES LIMITES.

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