L’honorable Mohamed Ag Ousmane Mohamedoune du CNT réagit à l’intervention du président algérien: " Les autorités maliennes n’ont jamais fermé la porte au dialogue"
Dans une interview exclusive accordée à un media de la place, l’honorable Mohamed Ag Ousmane Mohamedoune, 4ᵉ vice-président du Conseil National de Transition (CNT) du Mali a regretté la prise de position du président Algérien Abdelmadjid Tebboune sur la situation au Mali qu'il juge " inacceptables et empreints de condescendance à l’égard du Mali et de son peuple".
Dans une longue interview accordée le weekend dernier aux médias algériens, le président Abdelmadjid Tebboune est revenu longuement sur la situation au Mali insistant sur l'importance de la stabilité pour notre pays et faisant surtout croire à l'opinion comme si le Mali a fermé la porte aux dialogue. Pour l’honorable Mohamed Ag Ousmane Mohamedoune ces propos du numéro un Algérien sont inacceptables et empreints de condescence et reflètent un manque de respect envers les autorités maliennes actuelles, qu’il affirme être soutenues à plusieurs reprises par le peuple.
Pour le 4 ème vice président du CNT, les autorités maliennes, sous la direction du président Assimi Goïta, n’ont jamais fermé la porte au dialogue et ont ouvert canaux à cet effet à travers les institutions étatiques, les mécanismes de réconciliation, ainsi que les autorités traditionnelles et religieuses.
Il a regretté l'ingérence, notamment à travers l’accusation selon laquelle certains ressortissants maliens présents en Algérie auraient été empêchés de participer au dialogue inter-malien sans autorisation préalable. Il a rejeté fermement l’idée selon laquelle un acteur extérieur pourrait contribuer à « constitutionnaliser » le régime malien. Il rappelle que la souveraineté appartient exclusivement au peuple malien.
Il souligne que la Constitution adoptée par référendum le 23 juillet 2023 constitue la base légale actuelle, inscrite dans une vision doctrinale propre au Mali. Cependant, il précise qu’aucune impunité ne sera accordée aux auteurs d’actes violents.
L’honorable a également évoqué des soupçons de soutien extérieur à des groupes armés, affirmant que certaines communications de ces groupes auraient publiquement remercié des autorités étrangères après des événements survenus à Kidal.
Il appelle à une prise de conscience régionale, estimant que l’insécurité ne profite à aucun pays, y compris aux voisins du Mali.
Une solution militaire et politique combinée
Pour Mohamedoune, la résolution de la crise passe par une double approche : militaire, pour restaurer l’autorité de l’État, et politique, à travers un dialogue inclusif.
Il insiste sur le fait que toute solution durable impliquera, tôt ou tard, des négociations.
Appel à l’unité nationale. Il a également appelé les Maliens à rester unis et mobilisés autour d’une vision commune, fondée sur une doctrine nationale. Il met en avant l’importance d’un cap stratégique clair pour assurer la stabilité et le développement du pays.
Kassim Théra