Moments difficiles pour le PM : Soumeylou Boubèye Maiga face à de multiples défis

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Le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga
Le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga le 13 octobre 2018 à Mopti, dans le nord du pays. © MICHELE CATTANI / AFP

En quatre mois de l’année scolaire, les élèves maliens n’ont réellement été en classe que durant six semaines. Annoncé pour mort, le chef djihadiste Amadou Kouffa réapparaît. Comme si cela ne suffisait, deux des trois plus influents chefs religieux du pays réclament sa tête. Le ‘’Tigre’’ est acculé, à tel point que le président de la République, selon notre constat, a repris en main certains dossiers.

-Maliweb.net- Nous sommes le 29 décembre 2017, à exactement 8 mois après l’élection présidentielle. Le débat sur la révision constitutionnelle divise les Maliens. Le président de la République est très peu entendu et l’opinion semble avoir une oreille attentive aux discours de l’opposition, surtout à celui d’un certain Ras Bath surnommé «le Guide». La situation sécuritaire est très préoccupante et le climat social très tendu. C’est dans ce contexte que le Premier ministre Abdoulaye Idrissa rend sa démission. Son remplaçant est officiellement connu le lendemain, il s’agit de Soumeylou Boubèye Maïga, alors Secrétaire général de la Présidence. Maintes fois annoncé, en vain, il est enfin arrivé à la Primature. Sa mission: redorer l’image du président et organiser les élections présidentielle et législatives.

Koufa renaît de ses cendres…

A un an et deux mois à la Primature, Soumeylou Boubèye Maïga détient, après Modibo Keita, le record de longévité des cinq Premiers ministres du premier quinquennat IBK. Cependant, s’il a pu organiser la réélection d’IBK, le Tigre, en dépit de sa capacité à rebondir, semble menacé. Les indicateurs socio-sécuritaires sont au rouge. Ainsi, quatre mois après la rentrée scolaire, les élèves ne sont qu’à six semaines réelles de cours. La grève des enseignants paralyse tout le secteur avec l’entrée dans la danse de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM). En Février 2018, en déplacement à Mopti, Soumeylou Boubèye Maïga avait promis le déploiement de 4 000 militaires pour «mettre hors d’état de nuire» les groupuscules lourdement armés qui sèment la terreur dans le centre du Mali. Une équation non résolue et même corsée par le retour du chef djihadiste Amadou Kouffa, jusque-là donné pour mort. Alors, Koufa renaît-il de ses cendres tel un Phoenix !

Rires jaunes entre « faux amis »

 «Dans une démocratie  de bon aloi, le Premier ministre est le chef de la majorité». Cette déclaration récente du président de la République visait, en réalité, à faire baisser la pression autour de son chef de l’Exécutif. En dépit des rires jaunes, de part et d’autre, le malaise est bien réel entre « faux amis » au sein de la majorité. C’est Dr Bocary Tréta, le premier, qui lance une pique.  En effet, le 22 décembre dernier, à la 5e conférence régionale du RPM à Banamba, le président du parti attaque en qualifiant de « phénomènes passagers», ceux qui débauchent les cadres de son parti. La riposte du Tigre ne tardera pas : «Quand le hérisson passe, le chien aboie sans jamais pouvoir le mordre».

Ce que Tréta ne digère pas, c’est que ces efforts pour la réélection du président IBK ne soient pas récompensés à juste titre. Lui qui a su rassembler, mobiliser et parfois même diviser comme avec Sabati et la Codem, quand la situation l’exigeait. Aussi, le président du RPM, qui voulait le fauteuil du président de l’Assemblée nationale a été au regret de voir la date des élections législatives repoussées. Pendant ce temps, les élus de son parti, ceux-là même sur lesquels il compte, en cas de réélection pour obtenir le perchoir, sont passés du vert et or au rouge vif. Rien qu’à Koulikoro, 10 des 18 députés RPM ont viré à l’ASMA-CFP, le parti du Tigre.

Petits pas pour le Mali

L’un des autres fronts sur lequel doit se battre le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, c’est son bras de fer avec deux des trois plus puissants chefs religieux du pays. Ces derniers, notamment Bouyé Haïdara et l’Imam Mahmoud Dicko, exigent sa démission. Même si, officiellement, le président de la République «minimise» la mobilisation de ces deux cheicks pour la satisfaction de leur doléance, il va de soi qu’ils doivent être pris au sérieux. Très au sérieux même. Dans ce contexte socio-politico-sécuritaire tendu, l’apaisement du climat social, socle de tout développement, est difficilement réalisable en négligeant le vœu d’un pan important des forces vives de la nation.

Depuis quelques semaines, le président de la République qui se contentait de ses nombreux déplacements à l’étranger semble avoir pris les dossiers en main. Ce n’est plus « allez voir mon Premier ministre ». Lui-même multiplie les rencontres au Palais présidentiel. Mieux, il ne se contente plus de « tendre la main» vers l’opposition, mais il fait des pas. En effet, en plus d’avoir décroché son téléphone ‘’très présidentiel’’ pour appeler son « Cadet », chef de file de l’opposition, notamment Soumaïla Cissé, les deux se sont entretenus pendant près de 120 minutes. Une première depuis plus de cinq ans qu’IBK est au pouvoir. A sa sortie d’audience, Soumaïla Cissé l’avoue : «Ce fut un grand balayage». Il ne reste plus qu’à espérer que ce petit pas entre « hommes d’Etat » soit un grand pas pour le Mali.

Mamadou TOGOLA/Maliweb.net

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8 COMMENTAIRES

  1. Soulbia
    Mon analyse est faite dans le cadre de la démocratie qui place indéniablement IBK et SOUMAILA CISSE sur l’échiquier politique national depuis 2002,ATT ayant créé la parenthèse avant qu’ il ne se retrouve en 2013.
    Donc démocratiquement,si ce n’est pas IBK,c’est SOUMAILA CISSE .
    C’est le choix des électeurs.
    Ils ne sont pas les seuls,mais les électeurs semblent dire le contraire car la seule personne qui empêche IBK de faire un coup k.O malgré les tripatouillages en 2013 et en 2018 est SOUMAILA CISSE .
    Donc que SOUMAILA CISSE forme un gouvernement d’union nationale ne fait que respecter une légitimité naturelle attribuée par les maliens.
    S’il y a d’autres personnes,en dehors de ces deux personnes,qu’ ils s’affirment pendant les élections.
    Il ne s’agit pas de briller sur les plateaux de télévision et autres car une grande majorité de nos compatriotes vivent au fin fond du pays.
    Il faut former un grand parti présent sur tout le territoire dont les représentants relaient les idéaux du parti.
    Quel est L’HOMME POLITIQUE MAJEUR sur la scène politique qui a un parti politique présent sur tout le territoire,en dehors de ces deux hommes politiques révélés par ALPHA OUMAR KONARE?
    IBK a échoué,SOUMAILA CISSE doit venir en secours,si on est véritablement démocrate car c’est l’avis d’une grande majorité de maliens.
    OSER LUTTER ,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

  2. De toute façon SBM est le pm qu’il faut pour le Mali en ces moments compliqués, en tout réalisme… c’est le moindre mal…, lui au moins il essaie d’imposer certains changements de comportement…. or avec RPM il n y a aucun espoir pour le Mali.

  3. une analyse propre à vous monsieur sangaré . prendre soumaila comme premier ministre n’incarne pas un changement . ne faite pas comme si ses deux personnes sont indispensable sur la scène politique malienne. la politique est un art d’imprévisibilité , le socle n’est pas détenu par une seule personne . pensez plutôt à faire d’autres proposition en dehors de ceux_ci . ils sont pareille les maliens étaient en face de faire le choix entre le mal et pur .Et ils ont choisit le mal qui est ibk.

  4. SOUMEYLOU BOUBEYE MAIGA tire sa légitimité de chef de gouvernement incontournable dans le dispositif présidentiel d’Ibk de sa capacité à tricher pour élire IBK.
    C’EST POURQUOI IL N’HÉSITAIT PAS À AFFRONTER LE CHEF DE LA MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE QUI EST EN RÉALITÉ SON PATRON.
    Le retour même de SBM dans le dispositif présidentiel,après qu’ il ait été chassé comme un pestiferé,est un mystère.
    IBK n’est il pas lié autrement à SBM que politique?
    IBK est il capable de lâcher SBM sans conséquence sur sa présidence?
    Les moments difficiles de SBM ne sont-ils pas aussi ceux d’Ibk,si on estime que se séparer du président de l’ ASMA peut signifier qu’ à ne déplacer le problème pour la présidence,SBM étant aussi nuisible,sinon plus que les religieux?
    On a à faire avec des délinquants qui ont refusé de respecter la légitimité populaire ,qui sont entrain de placer des sommes colossales inimaginables dans les paradis fiscaux pour préserver leurs trains de vie actuels après le pouvoir.
    IBK -SBM c’est la complicité entre deux gangs qui vont finir par se trahir,qu’ un va nécessairement tuer ‘autre.
    Sont ils arrivés à ce stade?
    IBK est revenu à la danse pour sauver le meuble.
    Il a appelé le chef de fil de l’ opposition pour atténuer la capacité des forces insurrectionnelles contre son pouvoir.
    C’est un couple qui marche ensemble depuis le retour surpris de SBM.
    Le couple s’est partagé le rôle après l’exigence du départ de SBM par les religieux.
    On constate que SBM règle ses comptes avec les bras armés des deux religieux tout en calmant le jeu avec TRETA.
    IBK joue à calmer ses ennemis intimes.
    IL N’ACCEPTERA JAMAIS DE TRAVAILLER AVEC SES ENNEMIS QUE CONTRAINT.
    Cette négociation est une perte de temps.
    Le couple IBK -SBM travaille pour sauvegarder leurs intérêts pendant que l’opposition républicaine autour de SOUMAILA CISSE pense au Mali.
    La solution à la situation du Mali est de faire respecter la légitimité c’est à dire imposer SOUMAILA CISSE comme premier ministre chargé de former un gouvernement d’union nationale afin de donner à notre pays des textes lui permettant de VIVIFIER notre système démocratique .
    OSER LUTTER ,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

  5. Le pire des PM du mali démocratique, sécurité zéro,économie nulle,éducation médiocre, santé et social négatifs,
    On ne gère pas avec des intimidations, des égos,des chantages, des petits coups, des gaz, de l’espionnage !

    Voilà la limite du pourfendeur des dignes et honnêtes au détriment de quelques racailles.
    Ce petit politicien présent depuis a déposé sa marque par les maux et mots précités.

  6. Le maitre en chantage et expert autoproclamé en sécurité doit comprendre afin qu’il est pris par son ego, qu’il maîtrise que la triche, que le chant et imposture !

    On ne défi pas les vrais guides ou vrais chérif!

  7. Les defis sont pour tout le peuple malien! SBM est certes le PM et IBK est le President mais sans le soutien du peuple malien ils ne reussiront pas! LES MALIENNES ET LES MALIENS DOIVENT SE DONNER LA MAIN POUR RELEVER ENSEMBLE LES NOMBREUX DEFIS AUXQUELS ILS SONT CONFRONTE’S!!!

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