Peut-on encore sauver le Mali sous le règne d’IBK ?

09 Juin 2020 - 01:10
Mis à jour: 6 ans
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Peut-on encore sauver le Mali sous le règne d’IBK ?
Le vendredi 05 juin 2020, s’est tenue à la place de l’Indépendance de Bamako, une mobilisation géante demandant le départ du président Ibrahim Boubacar KEITA (IBK). Cette mobilisation première du genre dans l’histoire du Mali démocratique a regroupé plusieurs organisations de la société civile et des partis politiques ; une forte mobilisation due en réalité au charisme et au leadership d’un homme qui a su être aujourd’hui le porte-parole de tous les frustrés du Mali, il s’agit de l’Imam Mahmoud DICKO. Face à un régime qui peine à être en phase avec les préoccupations de la population, pas très difficile de trouver des griefs pour mobiliser la population. La plupart des motifs justifiant cette mobilisation existait bien avant 2013, donc bien avant l’avènement d’IBK au pouvoir. Certains diront même que c’est cette situation qui a favorisé l’élection d’IBK avec un score sans appel de 77%, car plus d’un voyait en lui le sauveur d’un pays en péril. Très vite l’espoir s’est transformé en désillusion avec la succession de scandales financiers et de mauvais castings à tous les niveaux. Malgré cet échec général décrié par la population, IBK réussit à se faire réélire pour un second mandat, même s’il fut contraint à un deuxième tour chose rare dans nos démocraties ces dernières années. Loin de tirer les leçons d’un premier mandat calamiteux, IBK commença son second comme il avait fini le premier. Les scandales se suivent et les mauvais castings prennent de l’ampleur. Tous les jours le régime crée de nouveaux frustrés, de la gestion de la crise sécuritaire à la gestion de l’épidémie du Covid19 sans oublier la gestion de la crise des enseignants.Que de ratés et d’insatisfaction du peuple !Ce tableau sombre a entrainé plusieurs manifestations et mobilisations dont la plus mémorable est celle qui a conduit au départ du Premier Ministre Boubèye MAIGA, mais jamais l’objet ne s’était focalisé sur le départ du président de la République. Que s’est-il donc passé pour qu’on arrive à cette mobilisation gigantesque du 05 juin 2020 ? Le dialogue national inclusif (DNI) initié à l’aurore du deuxième mandat a abouti à quatre résolutions que sont :
  • Résolution n°1 portant sur l’organisation des élections législatives
  • Résolution n ° 2, portant organisation du référendum constitutionnel
  • Résolution n° 3, portant sécurité et retour de l’administration
  • Résolution n°4, portant sur l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger
En application de la résolution N°1, le conseil desministres du mercredi 22 mars tenu à Koulouba, sous la présidence du Chef de l’Etat Ibrahima Boubacar Keïta, a convoqué le collège électoral pour les élections législatives prévues le 29 mars 2020. Malgré le contexte sécuritaire marqué par l’enlèvement du chef de file de l’Opposition l’Honorable Soumaila CISSE en pleine campagne, doublé du contexte sanitaire marqué par l’apparition du premier cas de Covid-19 au Mali, ces élections furent maintenues. Les résultats finaux publiés par la cour constitutionnelle ont entrainé des chamboulements dans certaines circonscriptions électorales transformant ainsi des résultats préalablement publiés par le Ministère de l’Administration Territoriale. Cela n’a pas du tout été apprécié par la population en général et particulièrement celle ayant vu ses votes annulés alors qu’elle n’était pas responsable des manquements. Dans ce contexte de mécontentement général crée par la cour constitutionnelle, le président de la République IBK imposera contre la volonté de son parti le RPM, un candidat « repêché » par la cour constitutionnelle comme président de l’Assemblée Nationale en la personne de Moussa TIMBINE sous prétexte de faire la promotion de la jeunesse alors bien même qu’il n’est pas le plus jeune de l’Assemblée Nationale, ni le candidat du RPM. En plus de la manière dont il s’est retrouvé à la tête de l’Assemblée Nationale, selon une frange importante de la population malienne, Monsieur TIMBINE est très limité en termes de compétences et de visions pour assumer une telle responsabilité (il suffisait juste de suivre les réseaux sociaux ou de sillonner les grins de Bamako pendant la semaine qui a suivi les faits pour s’en rendre compte). Malheureusement pour lui, il confirma les inquiétudes des Maliens lors d’une de ses premières prises de parole où il dira en parlant de la lutte contre le Covid-19, je cite « … pour que les Maliens puissent être dans toutes les conditions pour pouvoir vraiment en tout cas subir en tout cas des situations néfastes par rapport à cette maladie ». Avec l’acte de la cour constitutionnelle et le soutien apporté à Moussa TIMBINE pour qu’il soit président de l’Assemblée Nationale (2ème personnalité du Mali), le régime venait de franchir la ligne rouge. En somme, nous pouvons sans risque de se tromper dire que ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et qui a fait la réussite de la mobilisation du 05 juin. Que peut-on retenir de cette marche ? Que faire pour sauver le Mali et permettre au Président d’achever son mandat ? A lire seulement les différents pancartes et banderoles, on comprend que le régime ne peut que s’en prendre à lui-même pour avoir créé des frustrés dans tous les domaines en s’écartant des préoccupations des Maliens. Chacun de ces milliers de personnes avait sa raison propre à lui de prendre part à cette manifestation. Si nous savons qu’il y a des centaines de milliers voire de millions de personnes qui, bien que partageant les problèmes de mauvaise gouvernance du régime actuel ne sont pas sortis pour X ou Y raisons, nous devons nous inquiéter. Il est donc urgent que les différentes parties prenantes mettent balle à terre en mettant le Mali au-dessus de tout. Le régime et ses soutiens doivent arrêter de se leurrer avec leur slogan « notre grand Mali avance », aussi ils doivent arrêter de voir l’Imam DICKO comme un problème. Ils doivent plutôt accepter qu’il y a un problème dans la gouvernance et qu’une grande partie de la population est mécontente de la gestion actuelle des affaires. Ce mea-culpa est essentiel et important pour faire bouger les lignes. En face les leaders de la mobilisation doivent renoncer au départ du président. Sur la base de ces acquis on pourra considérer le reste du mandat du président comme une période de mise à niveau du Mali pendant lesquelles le président doit accepter de céder certaines de ses prérogatives pour l’intérêt du Mali. Pour apaiser la situation le président doit s’engager à :
  • Mettre fin aux mandats des membres de la cour constitutionnelle et les remplacer par des personnes plus consensuelles (aux juristes de trouver la forme),
  • Annuler le mandat des députés élus dans les circonscriptions électorales de Kati, de la commune I, de la commune V et de la commune VI du district de Bamako, de Bougouni, de Yanfolila, de Sikasso et de Mopti (aux juristes de trouver la forme).
  • Organiser des élections partielles dans les localités concernées si possible uniquement dans les centres de vote à problème pour réduire les coûts.
  • Mettre fin au gouvernement actuel ;
  • Mettre en place un gouvernement de 27 Ministres après un appel à candidature ouvert aux Maliens de l’intérieur et de l’extérieur (cela pour éviter l’esprit partisan dans le gouvernement pendant cette phase de mise à niveau du Mali). Chaque ministre s’engagera sur la base d’un contrat de performance couvrant la période restant du mandat actuel du président avec une clause de licenciement si le Ministre n’est pas performant (cela permettra aux Ministres de se consacrer sur leur travail sans menace de remaniement). Il sera procédé annuellement à une évaluation des Ministres en prenant en compte la satisfaction de la population. Les Ministres non performants seront remerciés et remplacés après appel à candidature. Chaque Ministre doit signer un papier attestant qu’il ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle.
  • Poser des actes pour sortir de ce clivage majorité et l’opposition durant la période pour que tout le monde se consacre au Mali ;
  • Mettre en place un conseil présidentiel autour du président composé par les représentants des partis politiques et les forces vivres dont la mission sera de définir un minimum d’intérêts géostratégiques et un consensus sur les priorités de développement et de gestion qui seront non négociables et qui s’imposeront à toute personne qui prendra les destinées du Mali.
Je suis convaincu que certains juristes voire constitutionnalistes ne seront pas à l’aise avec mes propositions, mais il s’agit de sauver le Mali et lui donner une nouvelle trajectoire pour qu’il compte parmi les Nations de demain. Pour cela aucun texte écrit par les Hommes ne saurait être plus important que le Mali. Osons innover à la malienne ! Dr Bassirou DIALLO [email protected]

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Commentaires (22)

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Fill 6 ans
J'ai dit et je le repète. Il faut imperativement limiter le mandat presidentiel et celui des deputés a un mandat unique de 5 ans, ainsi que toutes les autres institutions. Il ne faut plus jamais qu'un responsable au Mali prenne fonction sans declarer publiquement ses biens, au debut et a la fin de sa mission. Deposer une copie de son patrimoine a la maison de la presse, a l'ortm, a l'essor, au pole economique, aux archives nationales, a la bibliotèque nationale, en ligne et accessible au public! S'il parvient pas a justifier la difference, l'etat le saisit cette difference, meme si c'est 100 francs. Les politiciens Maliens viennent au pouvoir pour l'argent, alors il faudrait eliminer ces avantages. Comment dans un pays aussi pauvre que le Mali un premier ministre peut il gagner 75 millions par mois, le president de l'assemblée nationale 30 millions par mois, les deputés 2 millions par moi! C'est un crime! Il faut changer cette anomalie! Tu fait un mandat, tu retourne a ton boulot d'origine, que ça soit mecanicien, cultivateur ou enseignant..... La politique n'est pas un metier. Celui ou celle qui veut faire fortune n'a qu'a aller dans le secteur privé! Desolé!
Kinguiranke
Kinguiranke 6 ans
@Diallo, tu sais tres bien que Boua a use 6 Premiers Ministres et gere sans resultats 6 gouvernements obeses et plethoriques en 6 ans, alors tu ne peux pas poser cette question. Pour te reponde je te demande de te souvenir de cet Hymne de l’Empire du Wasulu car il contient toutes les reponses a cette situation de crise que traverse le Mali et chantes le pour Boua le ventru IBK: “Si tu ne peux organiser, diriger et défendre le pays de tes pères, fais appel aux hommes les plus valeureux; Si tu ne peux dire la vérité, en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes les plus courageux; Si tu ne peux être impartial, cède le trône aux hommes justes; Si tu ne peux protéger le fer pour braver l’ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur; Si tu ne peux exprimer courageusement tes pensées, donne la parole aux griots. Oh Fama! Le peuple te fait confiance, il te fait confiance parce que tu incarnes" Boua ka bla!
LE ROI BITON DE SEGOU
LE ROI BITON DE SEGOU 6 ans
STUPID SON OF A BITCH, vous avez utilise' votre slogan BOUA KA BLA mais le peuple malien a inflige' une correction a' votre camp aux urnes!!!! Tu es un vrai MOLOBALI C'EST LA RAISON POUR LAQUELLE TU CONTINUES A' REPETER BOUA KA BLA! KINGUIRANKE', YOU ARE NOTHING BUT A SHAMELESS STUPID SON OF A BITCH!!!! IKA BILAKORO DJOU TA KABO ANDALA!!! SALE ESPION AU SERVICE DES GENS QUI VEULENT DETRUIRE LE MALI! MOR! TOU! MALANKOLON!!! MANAMANA MOGO! DANGADEN!!! OUKA WARI TA IKAKE' IDJOUKONO POUR FAIRE TES BASSESSES MAIS LE MALI RESTERA DEBOUT INCHALLAH ET IBK FERA TOUT SON SECOND MANDAT!!!!
Moussa Mariko
Moussa Mariko 6 ans
Faisons attention à la bêtise humaine. RCI, RCA, Sierra Leone, Burundi, Liban, Soudan, Éthiopie, Rwanda, Yougoslavie...Tout cela pour nous nous mettre sur le droit chemin. Mais Hélas !!! Une véritable tragédie humaine !!!
Moussa Mariko
Moussa Mariko 6 ans
Soyons Républicains. Protégions notre pays, le Mali
patou
patou 6 ans
Marre de cette presse qui critique sans cesse le président.Le peuple soutiens iBK
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