Politique : Si j’étais constitutionnaliste…

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Le projet de nouvelle constitution est déterminant dans la refondation du Mali. Il revient à nos constitutionnalistes de faire en sorte qu’elle soit décisive. Le chantier est vaste.

La Constitution est nécessaire pour garantir les droits fondamentaux des citoyens. Elle pose, par exemple, le principe de l’égalité des citoyens devant la loi, fait du suffrage universel la source de la légitimité et accorde à chacun le droit de faire entendre sa cause devant un tribunal indépendant. Il est, d’abord et avant tout, chargé d’assurer le respect de la Constitution, qui est la norme suprême.

Il nous faut réussir notre révision constitutionnelle, et pouvoir écrire pour de bon une constitution. Nous devrions nous doter de textes qui résistent aux temps, qu’aucun dictateur ne pourra formater à son image. Cela est possible : les USA ont amendé, mais n’ont jamais révisé, le Grande-Bretagne marche bien sans constitution.

Il nous faut produire un texte qui répond aux défis du Mali d’aujourd’hui et de demain. Il nous faut parvenir à répondre à nos questions d’aujourd’hui et de demain.

C’est connu : depuis un certain temps, tous les textes du Mali ont été taillés sur mesure, ont été conçus de façon contextuelle, rendant leur application difficile ou impossible, dès lors que le contexte change, dès lors que l’Homme fort n’est plus là.

La moitié des problèmes du Mali sont liés à la faiblesse des actes juridiques et des supports législatifs et normatifs. Il est temps que nos législateurs trouvent le moyen de produire des textes qui résistent aux temps.

 

Alexis Kalambry

 

 

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4 COMMENTAIRES

  1. Alex le problème c’est le fait de copier des textes qui ne correspondent pas à notre trajectoire historique politique et culture. Des textes ne qui ne reflètent pas nos realites sociologiques et nos valeurs societales. Des constitutionalistes passent leur temps à copier la Constitution de la France. Nous ne sommes pas la France.

  2. La constitution ne gère pas le comportement des hommes eu égard à la gestion même de la nation, les maliens sont trop, trop, trop touchés dans leur psy, aucune constitution bien élaborée ne peut permettre aux maliens d’être correctes par rapport au fonctionnement de leur nation. Les hommes et femmes de la gestion de la cité, sont des des diables et des Satan, comment avoir des textes capables de gérer ces phénomènes?

  3. 1. Il nous faut réussir notre révision constitutionnelle, et pouvoir écrire pour de bon une constitution.

    > Si on pouvait écrire pour de bon une constitution , les USA que vous citiez en exemple n’auraient jamais amendé la leur. Une constitution est un texte élaboré par des humains, donc elle aura toujours ses limites. Aucune constitution ne peut être figée dans le temps. La question n’est pas la nature de la constitution, mais l’usage que nous en faisons. Nul ne peut dire que l’actuelle constitution malienne tant décriée ait été bien appliquée de 1992 à maintenant. Chaque président qui est venu en a fait ce qu’il voulait… On y parle de crime imprescriptible pendant qu’on assiste aux putschs militaires et leur corollaire d’amnistie. Soyons clairs, le faux fuyant ne fait pas avancer un pays.

    2. […] les USA ont amendé, mais n’ont jamais révisé, le Grande-Bretagne marche bien sans constitution.

    > Amender ou réviser, c’est blanc bonnet ou bonnet blanc. La même chose en somme, et nul besoin d’être Molière pour comprendre cela. Quand on veut faire une analyse sérieuse d’une situation tout autant sérieuse, on ne se limite pas au jeu de mots qui n’apporte rien au débat. On doit aller au delà de la sémantique verbale, et parler de l’essence factuelle. Notre problème n’est pas la révision ou l’amendement constitutionnel, mais comment et pourquoi cela se fait. Si la Grande Bretagne qui n’a pas de constitution formelle, elle a quand même des principes intangibles de gouvernance et depuis plusieurs siècles. Comparaison n’est donc pas raison.

    3. La moitié des problèmes du Mali sont liés à la faiblesse des actes juridiques et des supports législatifs et normatifs.

    > Il est de notoriété que les textes maliens sont bons dans leur ensemble. Ils ne souffrent malheureusement que d’un manque d’application correcte. Sinon, l’actuelle constitution malienne a adopté la limitation de mandats présidentiels bien avant un bon nombre de pays du continent et même la France (dont elle s’est pourtant inspirée). Le problème au Mali n’est absolument pas lié à la faiblesse des actes juridiques et des supports législatifs et normatifs , mais à la qualité des élites dirigeantes du pays et surtout au piètre niveau de citoyenneté des masses populaires. Les premiers ne respectent rien des textes qu’ils ont eux-mêmes mis en place. Et les seconds se foutent éperdument de ce que font les premiers, quitte à assister à une descente inexorable du pays en enfer. Un genre de suicide collectif en somme… Voilà où en est le Mali.

    Pensées rebelles

  4. Mr Kalambry vous oubliez l’ essentiel : le malien fait tout pour empêcher son compatriote de réussir , ceci est illustré par le scénario de ” Ba niengo ” , empêcher le meilleur d’ émerger ! Il faut toujours une locomotive pour tirer la rame , donc accepter l’ émergence de l’ autre pour faire avancer les autres : tous les pays qui émergent ont accepté des leaders et ont une vision convergente pour un idéal !

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