Violente marche de protestation hier contre la prolongation du mandat du président de la république par interim - Dioncounda frappé, blessé et admis à l’hôpital
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Au même moment, des participants à une " convention nationale ", qui s'apprêtait à ouvrir ses travaux au Centre international de conférences sont venus s'ajouter aux manifestants qui avaient déjà commencé à menacer les automobilistes "récalcitrants " qui semblaient ne pas comprendre l'objet de ce regroupement inopiné. Sur les pancartes confectionnées à la va-vite on pouvait lire des slogans hostiles à la CEDEAO et au président par intérim tels : "Dioncounda et ATT : même père, même mère. Deux poissons d'un même marigot !" ou encore " Non aux soldats violeurs et sanguinaires de la CEDEAO ! ".
Des portraits d'ATT et de Dioncounda Traoré, barrés d'une croix, étaient distribués aux passants. On a même vu des cercueils en cartons sur lesquels était mentionné ceci: " Repose en paix Dioncounda Traoré. Mort à la CEDEAO ! ". C'est dire la vigueur de l'opposition de ces personnes, qui se sont rassemblées en divers endroits de la ville pour demander le départ- avant même sa prise de fonction- de celui qui sera, à compter d'aujourd'hui, président de la Transition pour une durée de douze mois.
Après avoir bloqué la circulation en maints carrefours de la ville, les manifestants ont, après un bref passage pour certains devant la Primature, pris le chemin du palais de Koulouba. Avec pour objectif de demander à Dioncounda Traoré de ne pas accepter de diriger la Transition, voire de démissionner dès maintenant de la présidence de la République par intérim.
Au moment où nous nous sommes rendus au palais de Koulouba, aux alentours de 14 heures, l'atmosphère était bon enfant même si la détermination se lisait sur le visage des manifestants qui avaient envahi la devanture et la cour du lieu de travail du président intérimaire. Ce dernier était-il présent en ce moment ? Difficile de le dire. En tout cas, une rumeur disait qu'il avait reçu des membres de l'association Yèrèwolo Ton auxquels il aurait fait la promesse qu'il allait démissionner de ces nouvelles fonctions de président de la Transition.
Plus tard on a appris, vers 15 heures, que Dioncounda Traoré a été frappé et blessé dans son bureau par «des manifestants en colère» S’agit-il des membres de Wéréwolo to qu’il avait aimablement reçus sans rendez-vous ou d’autres personnes se sont introduites sur les lieux avec la ferme intention d’en découdre avec lui? Quoi qu’il en soit la question, qui arrive à l’esprit après cet incident qui porte un nouveau coup sévère à l’image du Mali brouillé par le coup d’Etat du 22 mars 2012 et les affrontements sanglants au sein de l’armée le 30 avril qui a suivi, est la suivante: où se trouvaient les gardes du corps du président intérimaire? Pourquoi ne l’ont-ils pas protégé?
Etaient-ils de cœur avec les manifestants pour les avoir laissés entrer au palais sans résistance?