Les journalistes Chahana Takiou et Abdourahmane Keita sous mandat de dépôt : La Maison de la Presse appelle à la solidarité et à la responsabilité

En l'espace de deux jours, deux journalistes ont été mis en détention par le Procureur de la République en charge du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité au Mali.

13 Juin 2026 - 01:42
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Les journalistes Chahana Takiou et Abdourahmane Keita sous  mandat de dépôt :  La Maison de la Presse appelle à la solidarité et à la responsabilité
Chahana , Abdrahamane Keita (photo Nouvel Horizon)

Il s'agit de Chahana Takiou, directeur de la Publication du Bi-hebdomadaire malien "22 Septembre", placé sous mandat de dépôt le lundi dernier, 8 juin 2026 et Abdourahmane Kéïta, directeur de la publication du journal "Le Témoin", lui aussi placé sous mandat de dépôt le lendemain, c'est-à-dire le mardi 9 juin 2026. La Maison de la Presse a réagi dans deux communiqués différents.

Chahana est poursuivi pour des faits présumés d'atteinte au crédit de l'Etat à travers l'institution judiciaire, tandis que, pour Abdourahmane, les faits incriminés sont de deux ordres et sont qualifiés respectivement de "délit à caractère régionaliste qui tend à porter atteinte à l'unité nationale et au crédit de l'Etat" et "publication d'informations fausses et trompeuses dans l'intention que ces informations soient considérées comme authentiques par le biais d'un système d'information".

Pour les deux cas, la Maison de la Presse et les organisations professionnelles des médias du Mali ont réagi, dans deux communiqués successifs. L'un, c'est pour condamner "avec fermeté le mandat de dépôt (ndlr : contre Chahana) qui ternit l'image de la justice, de la Presse et de notre pays après la première édition d'un forum bien réussi".

En effet, comme précisé dans le communiqué précité, les faits allégués et reprochés à Chahana Takiou "se sont déroulés lors du Forum Panafricain des Médias (FOPAME) tenu à Bamako du 03 au 06 juin 2026". C'est pourquoi, lit-on dans le communiqué : "La Maison de la Presse et les organisations professionnelles des médias expriment leur incompréhension et leur profonde préoccupation à la suite de l'incarcération du journaliste pour des propos qui lui sont reprochés".  

Pour la Maison de la Presse et les organisations professionnelles des médias au Mali, "cette situation constitue un signal particulièrement préoccupant pour l'ensemble de la profession et entame les efforts consentis pour renforcer l'image d'un Mali en proie à une crise multidimensionnelle".

L'autre communiqué concerne le placement en détention du journaliste Abdourahmane Kéïta. La Maison de la Presse déclare avoir "pris acte de cette décision judiciaire, exprime sa préoccupation face à la détention d'un professionnel des médias et réaffirme son attachement à la liberté de la presse, à la liberté d'expression et au droit à l'information", tout en appelant "au respect des droits de la défense et à la tenue d'un procès juste et équitable". Ce procès est fixé au 17 août 2026.

Tout en invitant "l'ensemble des médias à rester mobilisés en vue des actions futures qui seront entreprises contre cette atteinte flagrante et grave de la liberté d'opinion et de presse", lit-on dans le communiqué relatif au cas Chahana Takiou, la Maison de la Presse affirme par ailleurs, dans le communiqué informant du placement du journaliste Abdourahmane Keïta sous mandat de dépôt, qu'elle "invite l'ensemble des professionnels des médias à demeurer solidaires, responsables et attachés à la défense des libertés fondamentales".                                                 

La Rédaction