Octobre Rose : Solidaris223 et Africa scène mobilisent la société civile contre les cancers féminins
À l’occasion de la campagne « Octobre Rose », l’association Solidaris223, en partenariat avec Africa Scène, a tenu mercredi dernier (1ᵉʳ octobre 2025, à la Place du Cinquantenaire), une conférence dédiée au cancer du sein et du col de l’utérus.
« Le rôle des acteurs de la société civile dans la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus » ! Tel était le thème retenu pour cette rencontre qui a réuni médecins, spécialistes, associations et survivantes. L’objectif, selon les organisateurs, était de placer la société civile au cœur du combat contre des maladies encore trop souvent entourées de silence et de préjugés. Le cancer du sein et celui du col de l’utérus figurent parmi les premières causes de mortalité chez les femmes au Mali. Pourtant, les campagnes de dépistage restent encore limitées et se heurtent à de nombreux tabous.
C’est dans ce contexte que Solidaris223 entend donner la parole aux spécialistes et aux survivantes afin d’éveiller les consciences. Le professeur Ibrahim Tegueté (gynécologue-obstétricien) et Dr Fatoumata Matokoma Sidibé (oncologue) figuraient parmi les principaux intervenants. Ils ont rappelé l’importance du diagnostic précoce et du rôle des organisations de la société civile dans la sensibilisation. Dans son intervention, Dr Sidibé a insisté sur la nécessité d’un changement de mentalité.
« Dans notre pays, les gens ne se sentent concernés que lorsqu’ils sont eux-mêmes touchés ou lorsqu’un proche est malade. Pourtant, le traitement est coûteux et beaucoup de patients n’ont pas les moyens financiers. La meilleure façon de lutter contre le cancer du sein, c’est de le détecter au stade précoce. Les associations doivent travailler main dans la main pour multiplier les actions de sensibilisation », a conseillé l’oncologue.
La présidente de l’Association AMP (Alliance Médecin du Peuple) et survivante du cancer, Mme Bintou Sidibé, a partagé un témoignage fort. « C’est déplorable que beaucoup de femmes cachent encore leur maladie alors que le cancer peut se guérir. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de voyager à l’étranger pour se soigner. J’ai eu la chance d’être prise en charge par Médecins sans frontières et je suis guérie depuis longtemps. Mais, malgré les progrès, trop de femmes refusent encore le dépistage, à cause de certaines croyances ou par peur », a-t-elle déploré.
« L’objectif de cette rencontre est de bâtir un espace d’échanges et de partage d’expériences, afin que les acteurs de la société civile définissent et renforcent leur rôle dans la lutte contre les cancers féminins au Mali. Tout au long de ce mois d’octobre, nous multiplierons les initiatives : témoignages de survivantes, causeries-débat de proximité, et une autre conférence prévue en partenariat avec l’Azalaï Hôtel… », a assuré Mme Dicko Aminata Dicko, présidente de Solidaris223, en rappelant que la conférence visait avant tout à créer une dynamique collective.
La conférence de la « Place du Cinquantenaire » a permis de rappeler que la lutte contre le cancer ne relève pas uniquement du corps médical. Associations, survivantes, leaders communautaires et institutions doivent conjuguer leurs efforts pour briser les tabous, encourager le dépistage et faciliter l’accès aux soins. En clôturant la rencontre, les organisateurs ont lancé un appel pressant visant à faire de « Octobre Rose » non pas seulement un mois de sensibilisation, mais un point de départ pour une action continue afin que moins de femmes soient surprises par ces maladies qui, diagnostiquées à temps, peuvent être soignées !
Sory Diakité