Dr. Moussa Coulibaly, Sociologue : G5 Sahel : la nécessité d’une stabilité institutionnelle s’impose

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A en croire le Sociologue Dr. Moussa Coulibaly, aucun des chefs d’Etat du G5 Sahel en poste aujourd’hui n’était Président à sa création en février 2014. Une situation qui, selon lui, remet sérieusement en cause la stabilité et la cohérence des efforts conjugués pour pacifier l’espace sahélo-saharien.

Dr. Moussa Coulibaly pense que le drame intervenu au Tchad avec la mort du Président Idriss Deby Itno, Président en exercice du G5 Sahel, a un effet psychologique néfaste sur les dynamiques lancées lors des sommets de Pau, Niamey et Ndjamena de ce regroupement sous-régional. Il estime à cet effet, que l’instabilité au niveau des institutions retarde de jour en jour la réalisation des objectifs.

Entre alternances démocratiques agitées (Niger, Mauritanie) et transitions après des coups de force (Mali, Tchad), le G5 peine à trouver ses marques. Cependant Dr. Coulibaly s’interroge si toutefois, le djihadisme ne se nourrit pas de l’instabilité institutionnelle. Il rappelle qu’en 2012, Mahamat Idriss Deby, l’actuel président du CNT au Tchad se battait aux côtés de l’armée malienne, en collaboration avec Serval pour libérer les territoires du nord malien occupés par les djihadistes, après un coup d’Etat inutile qui a affaibli l’armée. Et 9 ans après le même Mahamat Deby est obligé de se battre après des troubles institutionnels ayant donné la mort à son père.

A ses dires, « Si le Mali a eu la chance d’avoir une solide armée tchadienne à ses côtés, les Tchadiens en ce moment ne peuvent compter que sur barkhane car aucune armée du G5 Sahel ne peut être pour le Tchad en ce moment, ce qu’il fut pour le Mali en 2012 ». Selon lui, certaines circonstances ne poussent pas à l’optimisme comme la présence des colonels volontaristes au Mali qui n’arrivent pas à imprimer leur marque à la lutte  anti djihadiste et qui sont dans une posture de réactions en lieu et place d’actions (le Centre s’enlise de plus en plus) , la fragile alternance au Niger qui consacre l’arrivée du président Mohamed Bazoum (bien que bénéficiant du soutien de son prédécesseur) l’avenir du G5 Sahel (orphelin de Deby) se joue en grande partie au Mali et au Tchad dans les prochains mois.

A ses yeux, il est une nécessité absolue pour ces deux pays de se doter rapidement d’institutions stables et légitimes pour lutter efficacement contre le djihadisme. Cependant, Dr. Coulibaly reste convaincu que les instabilités institutionnelles renforcent les djihadistes qui profitent de l’absence de l’Etat pour renforcer leurs positions. Pour lui, tant que les transitions continueront de remplacer les institutions issues des urnes, la léthargie gagnera les stratégies de lutte. Toutefois, notre sociologue assure que la présence d’Emmanuel Macron aux obsèques de Deby a eu pour effets de renforcer psychologiquement le G5 et de doper le moral des troupes.

Ibrahima Ndiaye

 

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