Cybercriminalité : Ras Bath et Rose Poivron contestent les faits qui leur sont reprochés
Le procès opposant le ministère public à Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath et sa coaccusée Rokiatou Doumbia dite Rose Poivron s'est ouvert ce lundi 10 août 2026. Devant la chambre criminelle de la Cour d’Appel de Bamako, les deux coaccusés ont comparu dans une salle d’audience prise d’assaut par leurs sympathisants en présence de leurs avocats dont le père de Ras Bath à savoir Me Mohamed Ali Bathily.
Inculpés d’association de malfaiteurs et atteintes au crédit de l’État pris dans ses institutions et ses gouvernants par le biais des technologies de l’information et de la communication (TIC), les accusés ont rejeté les faits qui leur sont reprochés.
Perçu comme le principal accusé, Ras Bath a déclaré ne pas reconnaître les faits et a ensuite exprimé sa "surprise" pour les motifs des poursuites.
Dans son argumentation, il a insisté qu'il n’existe aucune preuve matérielle d’association de malfaiteurs entre lui et Rose Poivron qu'il dit n'avoir jamais rencontrée hors du cadre de l’animation de son émission radiophonique. Ce qui lui vaut, a-t-il souligné, sa comparution devant le tribunal après avoir joué un extrait de l’interview de sa coaccusée et invité cette dernière sur son plateau pour évoquer la cherté de certains produits alimentaires. "J’ai vu en elle une citoyenne engagée sur les questions de société. Le but de l'émission était d’attirer l’attention de la population à se préparer à adapter leurs besoins à la situation qui prévalait à 3 semaines du mois de Ramadan. Je suis un républicain et démocrate. Je ne suis pas du tout animé d'une intention attentoire", s'est-il défendu.
En ce qui concerne "l’assassinat " de l’ancien Premier ministre, Ras Bath a néanmoins reconnu avoir tenu cette déclaration lors d'un meeting du parti de Soumeylou Boubeye Maïga où il était invité.
En revanche, il a rappelé qu'il a déjà fait l'objet d'une poursuite et d'une condamnation pour cette infraction sous la qualification "simulation d'infraction". Selon lui, il est de nouveau poursuivi pour la même infraction mais sous la requalification "d’atteintes au crédit de l’État" d'où sa "surprise".
Interrogé sur les preuves de ses allégations, l’animateur de l'émission "Grands dossiers " à rétorqué que c'est en connaissance du rapport médical du défunt et suite à l'appel de son épouse ainsi que ses avocats pour une évacuation sanitaire qu'il a tenu ces propos.
Accusée notamment d'avoir diffusé de fausses nouvelles en rendant responsables les autorités de la Transition de la flambée du prix des produits de première nécessité, Rokiatou Doumbia a également rejeté les faits qui lui sont reprochés. A la suite de ces échanges, l'audience a été suspendue et sa prise est prévue pour demain mardi 11 août 2026.
Alassane CISSOUMA