Aguibou BOUARE, Président de la CNDH devant le CNT : «Rien ne devrait justifier les violations et abus des droits de l’Homme sur le territoire malien»

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Le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Aguibou Bouaré, a présenté, le 1er juillet 2021, le rapport de la CNDH sur la situation des droits de l’Homme au Mali, au titre de l’année 2020 devant le Conseil National de Transition (CNT) au Centre international de conférence de Bamako (CICB). Dans ce rapport, le président de la CNDH invite les autorités maliennes à œuvrer pour le respect des droits de l’Homme au Mali. «Sur le fondement de divers instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux ratifiés par notre pays, en toute souveraineté, rien ne saurait ou ne devrait justifier les violations et abus des droits de l’Homme sur le territoire Malien », a souligné Aguibou Bouaré.

Selon le président de la CNDH, Aguibou Bouaré, ce rapport est le troisième de la CNDH, dans sa forme actuelle, suite à la prestation de serment, devant la Cour Suprême, des membres en fonction depuis mai 2017. « Sur le fondement de divers instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux ratifiés par notre pays, en toute souveraineté, rien ne saurait ou ne devrait justifier les violations et abus des droits de l’Homme sur le territoire malien », a-t-il dit. Avant d’ajouter que le présent rapport s’articule autour de six grands axes : les Droits civils et Politiques ; les Droits Économiques, Sociaux et Culturels ; la situation carcérale et les droits des personnes privées de liberté ; les droits catégoriels ; le droit à un environnement sain ; et les recommandations.

À propos des droits civils et politiques, dit-il, le rapport examine les atteintes au droit à la vie, les atteintes à l’intégrité physique et à la dignité humaine, celles au droit de manifester ainsi que le droit à la liberté de la presse et d’expression entre autres. « Des arrestations et détentions arbitraires, y compris des assignations à résidence surveillée hors de tout cadre légal, ont été déplorées durant l’année de référence », a indiqué Aguibou Bouaré.

S’agissant du droit à la vie, au cours de l’année 2020, la CNDH dit avoir déploré plusieurs atteintes à ce droit liées au contexte de crise multidimensionnelle sur fond de terrorisme, de conflits inter et intracommunautaires, de crise sociopolitique et sécuritaire que connaît le Mali depuis près d’une décennie. « En plus des assassinats, meurtres, violences sexuelles et sexistes au Nord et au Centre du Mali, des atteintes au droit à la vie ont été enregistrées dans certaines régions et le District de Bamako en lien avec les violences post-électorales.

La lutte contre l’impunité n’a pas connu d’avancée significative, en témoigne l’écart énorme entre le nombre de violations enregistrées, singulièrement dans le Nord et le Centre du pays, et celui de poursuites engagées ou condamnations judiciaires prononcées », a souligné Aguibou Bouaré face aux membres du CNT.

Par la voix de son président, la CNDH déplore l’insuffisance criarde de dispositifs facilitant l’accès des personnes vivant avec handicap aux lieux et services publics et privés. « Malgré l’existence des dispositions législatives déterminant les principes fondamentaux du régime pénitentiaire au Mali, on note : la surpopulation de l’univers carcéral avec son corollaire de promiscuité ; la corruption dans le milieu carcéral ; la vétusté de nombreux centres de détention et maisons d’arrêt ; les conditions de vie et d’hygiène souvent déplorables des détenus; le déficit dans la séparation des quartiers hommes/femmes/mineurs/inculpés et condamnés ; l’absence d’infirmerie adéquate et/ou l’insuffisance des produits pharmaceutiques au niveau des centres de détention et maisons d’arrêt », a-t-il dit.

En outre, il dira que des défis majeurs restent à relever en matière de la protection de l’environnement. «Il s’agit entre autres de la gestion des dépôts d’ordures, de l’implantation anarchique des bars et autres maisons closes souvent en plein milieu des maisons à usage d’habitation et/ou à proximité des établissements scolaires, des centres de santé, des lieux de culte, en violation de la réglementation, causant ainsi d’énormes préjudices et nuisances aux riverains desdits sites», a souligné Aguibou Bouaré.

Par ailleurs, la CNDH recommande entre autres : la sécurisation des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire national ; le renforcement de l’institution judiciaire en ressources humaines, matérielles et financières lui permettant d’enquêter et de statuer sur les cas de violations et d’abus des droits de l’Homme commises au Mali ; l’adoption d’une loi réprimant l’esclavage et les pratiques assimilées ; l’interdiction formelle de l’emploi des forces spéciales dans le cadre du maintien d’ordre ; l’indemnisation des victimes des évènements des 10, 11 et 12 juillet et du 18 août 2020, ainsi que toutes les victimes de violations et d’abus des droits de l’Homme; le renforcement et l’amélioration des mécanismes de lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance dans le respect des droits de l’Homme ; la relecture des textes régissant les services de la Sécurité d’Etat.

Aguibou Sogodogo

 

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