Accusé de lien avec Kouffa : Mohamed Chérif Haïdara annonce une plainte contre Soul Kabako

Dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu au Mali depuis les attaques terroristes du 25 avril 2026, les discours et accusations diffusés sur les réseaux sociaux continuent de susciter de vives inquiétudes.

11 Mai 2026 - 15:53
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Accusé de  lien avec Kouffa : Mohamed Chérif Haïdara annonce une plainte contre Soul Kabako
Mohamed Chérif Haïdara

Face à ce climat marqué par les amalgames et les dénonciations publiques, Mohamed Chérif Haïdara, le président du Collectif pour la Revendications des Droits Maliens et leur Diaspora (CRDM-D) est monté au créneau pour répondre à de graves accusations portées contre lui par l’activiste Soul Kabako sur Facebook, YouTube et TikTok le 1er mai dernier.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Mohamed Chérif Haïdara a dénoncé des propos qu’il juge diffamatoires, après avoir été accusé d’entretenir des liens avec des groupes terroristes et d’être présenté comme un représentant d’Amadou Kouffa à Bamako. Le responsable CRDM-D affirme avoir saisi ses avocats afin de déposer une plainte contre Soul Kabako, exigeant que des preuves soient présentées devant la justice. « Le plus grand mal que l’on puisse faire à un citoyen, c’est de le traiter de terroriste ou de complice de terroristes », a déclaré Mohamed Chérif Haïdara, visiblement indigné par ces accusations. Il affirme avoir reçu de nombreux appels de proches, de partenaires et de sympathisants préoccupés par la gravité des propos relayés sur les plateformes numériques.

Le président du CRDM-D rappelle qu’il ne s’agit pas, selon lui, d’une première tentative visant à ternir son image. Il évoque notamment un précédent remontant au 9 décembre 2022, lorsqu’une séquence vidéo datant du 1er février 2020, enregistrée au Centre international de conférences de Bamako (CICB), avait été sortie de son contexte et diffusée sur les réseaux sociaux par des activistes. À la suite de cette affaire, Mohamed Chérif Haïdara avait été convoqué au commissariat du 5e arrondissement avant que le dossier ne soit examiné par le tribunal de la Commune IV en 2023.

Selon lui, le ministère public avait alors conclu qu’il avait été accusé à tort et qu’aucune preuve ne permettait de le présenter comme un représentant d’Amadou Kouffa. Il affirme qu’un non-lieu avait été prononcé à l’issue de la procédure judiciaire. Dans cette nouvelle sortie médiatique, Mohamed Chérif Haïdara rejette catégoriquement toute accusation de complicité avec des groupes armés terroristes. « Je ne suis le représentant de personne, encore moins d’Amadou Kouffa que je ne connais pas et avec qui je n’ai jamais parlé », a-t-il martelé.

Le patron du CRDM-D souvent présenté comme l’un des soutiens influents de la transition malienne à ses débuts, continue de défendre l’idée d’un dialogue inclusif pour sortir le Mali de la crise multidimensionnelle qu’il traverse depuis plus d’une décennie. Fidèle à cette ligne, il rappelle que des recommandations en faveur de négociations nationales avaient déjà été formulées lors de plusieurs concertations organisées entre 2017 et 2024.

Cette polémique intervient alors que plusieurs autorités judiciaires et administratives ont récemment mis en garde contre les discours de haine et les amalgames sur les réseaux sociaux. Le procureur de la République près le Tribunal de la Commune IV, Idrissa Hamidou Touré, ainsi que le gouverneur de la région de Tombouctou, le commissaire principal de police Bakoun Kanté, ont notamment appelé les citoyens à éviter toute accusation sans preuve susceptible d’inciter à la violence ou à la stigmatisation.

Très remonté contre les auteurs de ces accusations, Mohamed Chérif Haïdara affirme faire confiance à la justice malienne pour établir les responsabilités. Il appelle également à plus de prudence dans l’usage des réseaux sociaux, rappelant que les accusations liées au terrorisme constituent des faits extrêmement graves passibles de poursuites judiciaires dans le cadre de la législation sur la cybercriminalité. Le président du CRDM-D garde également en mémoire l’assassinat, le 21 août 2023, de Toka Barry, président de son club de soutien, tué alors qu’il quittait le siège de l’organisation. Un drame qui, selon ses proches, renforce davantage son appel à la retenue et à la responsabilité dans les débats publics autour de la crise malienne.

 Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net