AN I de Malick Coulibaly à la tête de la justice : Les Maliens entre satisfaction et déception !

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Après une année à la tête du ministère de la Justice, la gestion du ministre Malick Coulibaly séduit presque tout le monde. Sa compétence n’est plus à démontrer aux Maliens. Dans ce reportage, les avis des interlocuteurs sont en majorité positifs sur le bilan du ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Ils désirent qu’il reste à la tête de ce département le plus longtemps possible pour redresser à hauteur de souhait la justice malienne.

« Aux âmes bien née la valeur n’attend point le nombre des années ». Cette affirmation sied bien au ministre de la Justice, Malick Coulibaly. Son passage à la tête de ce ministère restera longtemps gravé dans la mémoire des Maliens pour sa bonne distribution de la justice. Ce magistrat de renommée est beaucoup apprécié par la majorité.

Pour Koureichy Cissé, la gestion de Malick est bonne à la tête de ce ministère. A ses dires, Malick Coulibaly a prouvé deux choses aux Maliens, de son arrivée à nos jours. « La première chose est qu’on pensait que le ministère de la Justice a un aspect purement administratif, c’est-à-dire faire des mutations, améliorer l’infrastructure judiciaire, mettre dans les bonnes dispositions le corps de la magistrature, s’occuper de la pénitence. On voyait la justice comme un cadre purement administratif. Mais avec le passage de Malick, il a aussi prouvé d’une certaine manière que le problème malien n’est pas un problème de leader, c’est-à-dire un seul homme ne peut pas changer quelque chose », explique-t-il.  M. Cissé regrette que Malick n’ait pas la main libre dans sa fonction. « Malick n’a pas eu la main libre pour vraiment mener à bout tout ce qu’il a commencé dans la lutte contre la corruption. C’est pourquoi certaines arrestations n’ont pas pu donner grande chose », affirme-t-il. A l’en croire, le régime s’est opposé à certaines de ses actions. Le passage de Malick à la tête de ce ministère est un passage de prédilection, d’alerte, d’éveil de conscience et d’appel pour afin éradiquer la corruption et ses corolaires au Mali, conclut Koureichy Cissé.

De l’avis de Cheick Oumar Samaké, Malick est un homme intègre. D’ailleurs, c’est pour cette raison qu’on lui a confié le ministère de la Justice, indique-t-il. Et il en a les compétences car, c’est un magistrat, poursuit-il. Ses actions prouvent à suffisance sa compétence. A titre d’exemple, « la prison centrale de Bamako qui doit prendre normalement au maximum 300 ou 430 personnes comptait plus de 10 000 personnes. Mais quand il est venu, il a réglé ce problème. Aussi, la construction de la nouvelle prison à Kiniéroba et les arrestations des personnes qui ont bouffé le denier public, tel que Bakary Togola, un conseiller du gouvernorat de Kayes, le maire du district, Adama Sangaré, et des certains de maires sont certaines de ses actes positives».

Dans l’ensemble, selon Cheick Oumar Samaké, l’on peut dire que son bilan est positif au regard de tous ces actes qu’il a posés. Toutefois, Samaké rappelle qu’il y a aussi des failles comme dans n’importe quel travail. Ces failles sont dues, dit-il, au fait qu’on ne lui donne pas les moyens pour bien mener son travail pour des raisons politiques.

Pour le nouveau gouvernement, « si ça ne tient qu’à moi, Malick doit rester à son poste. Même s’il lui reste beaucoup à faire, Malick est mieux à son poste. Il faut reconnaitre que le problème de la corruption au Mali date des décennies. Il faut donc assez de temps pour arriver au bout de la lutte contre ce fléau », laisse-t-il entendre.

Quant à Malet Keïta, il aborde dans le même sens que ses prédécesseurs. « Le bilan de Malick est positif. Si je dois le noter, je lui donnerais 50% parce que c’est un bosseur », déclare-t-il. Malet de poursuivre que Malick a posé des actes courageux. « Je n’ai jamais vu un ministre de la Justice comme lui. Quand il est venu, il a eu l’audace de s’attaquer aux gros caïmans du pays. Toute chose rare et à saluer. L’arrestation du maire du district et beaucoup d’autres cas en sont des illustrations. C’est un homme intègre. L’on se souvient de sa rupture avec le régime d’ATT ».

Par ailleurs, M. Keïta estime qu’il reste beaucoup à faire. « On attend de lui beaucoup encore, même si on sait qu’il n’a pas carte blanche. Par exemple le dossier des avions cloués et les équipements militaires doit être examiné », interpelle-t-il. Pour Malet Keïta, Malick doit continuer sa mission pour pécher d’autres gros caïmans. Ce qui signifie qu’il ne doit pas partir au remaniement qui pointe à l’horizon. Car, il est l’espoir des pauvres épris de la justice. Avec lui, la justice commence à avoir sa notoriété.

Moussa Koné, lui aussi est du même avis que Malet et ses prédécesseurs. « La gestion de Malick est bonne pour moi », affirme-t-il. « Mais il me semble que ceux qui l’ont nommé ne lui laissent pas les mains libres. Car, à un moment donné il faisait beaucoup d’arrestations, lui et Kassogué. Mais aujourd’hui, les personnes arrêtées sont en train d’être relaxées sans leur autorisation à notre avis », dit-il. Nous ne maitrisons pas trop le système judiciaire, mais de notre constat, on est en train de les libérer sans leur accord, ajoute-t-il. Moussa Koné regrette qu’aucun des personnes arrêtées n’ait été jugée et emprisonnée. De nos jours, le résultat d’aucune enquête n’a été donné, mais on les libère seulement, dénonce-t-il.  «Adama Sangaré a été libéré et d’autres aussi », a-t-il cité. « Pour nous, Malick n’est pas libre de faire son travail comme à son habitude. Sinon, si on lui laisse la main libre, en une année, Malick peut redresser le pays en matière de justice », estime-t-il. « Pour le prochain gouvernement, je souhaite qu’il reste à son poste », soutient-il.

Si tous ces interlocuteurs estiment que Malick Coulibaly est le meilleur ministre que le Mali n’ait jamais connu, Abdoul Karim Sogodogo voit autrement. Il estime que le bilan de Malick est nul. Car, argumente-t-il, ses actions se sont terminées en queue de poisson. « Je pense que c’est un bilan zéro, parce qu’aujourd’hui, sur le plan juridictionnel il y a beaucoup à faire. Certes, il y a eu beaucoup d’arrestations, mais en réalité ces arrestations se sont soldées par la libération sans suite », souligne-t-il. « Des gens avaient été arrêtés pour des causes, mais par la suite ils ont été libérés sans jugement et sans réponse valable de la justice », rappelle M. Sogodogo. « On a vu des arrestations, mais après le soulèvement des partisans, ceux-ci ont été libérés. Et ceux qui n’ont pas ces genres de popularité, s’interroge-t-il.  Pour Abdoul Karim Sogodogo, la justice, c’est l’équité. Mais force est de constater que c’est une justice sélective. Elle est sélective dans la mesure où les gens sont libérés à la suite des manifestations et ceux qui n’ont pas de soutiens sont marginalisés, précise-t-il. A cela s’ajoutent des arrestations politiques. Aux dires de Sogodogo, le pouvoir a la mainmise sur la justice en ce sens que les gens ne sont plus libres de s’exprimer. La liberté d’expression est opprimée quand il s’agit de dénoncer la mauvaise gestion du pouvoir.

Pour M. Sogodogo, Malick n’a pas poursuivi ce qu’il avait entamé au départ. «Au début, tout le monde l’appréciait, parce qu’on pensait que ce qui était impossible, il a pu faire ça avec l’arrestation de gros bonnets politiques. Les gens pensaient qu’il allait continuer sur la même lancée et que la justice devienne équitable pour tout le monde», regrette-t-il. M SOGODOGO estime que Malick a échoué et qu’il doit quitter le prochain gouvernement.

Oumar SANOGO

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