Procès Kassoum Goïta et coaccusés : Le parquet requiert 20 ans de prison pour les prévenus
Outre le principal accusé, le Colonel-major Kassoum Goïta, ancien directeur général de la sécurité d’État, il y a aussi l’adjudant-chef Abdoulaye Ballo, ancien agent de la sécurité d’État, l’homme d’affaires Sandi Ahmed Saloum, le féticheur Issa Samaké dit «Djoss» et Dr Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la Présidence de la République.
Par contre, les avocats de la défense ont plaidé en arguant que les accusations ne reposent sur aucune preuve tangible. Par conséquent, ils ont réclamé un “acquittement pur et simple” de leurs clients
Ouvert le mardi 14 juillet dernier, le procès de l’ancien directeur général de la Sécurité d’État (DGSE), le Colonel-major Kassoum Goïta et de ses coaccusés se poursuit devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Après la comparution du témoin principal lundi dernier, Soumaïla Bagayoko, qui avait chargé les accusés, l’audience a repris hier avec la présentation des prétentions du Contentieux de l’État et le réquisitoire du ministère public. Dans sa réquisition, le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Kokè Coulibaly, a demandé à ce que le Colonel-major Kassoum Goïta et certains de ses coaccusés soient retenus dans les liens de l’accusation pour des faits de complot contre le gouvernement et association de malfaiteurs.
Il s’agit de l’adjudant-chef Abdoulaye Ballo, ancien agent de la sécurité d’État, l’homme d’affaires Sandi Ahmed Saloum, le féticheur Issa Samaké dit «Djoss» et Dr Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la Présidence de la République. Il a ainsi requis la peine de 20 ans de réclusion criminelle contre ces accusés. Soit la peine maximale pour de telles infractions qui sont sanctionnées de 5 à 20 ans d’emprisonnement. En revanche, le parquetier a demandé l’acquittement pour le Commissaire principal de police, Moustapha Diakité, dont l’implication dans cette affaire, a-t-il argumenté, se limite à son lien amical avec Sandi Ahmed Saloum.
Pour le procureur, sa réquisition constitue des sanctions exemplaires visant à donner un coup de frein à l’instabilité institutionnelle et à étouffer toutes velléité de projet de déstabilisation des institutions. “Les 20 ans requis visent à instaurer la paix institutionnelle et la sécurité. Ces sanctions exemplaires devront contribuer à calmer les ardeurs et amener les accusés à s’amender”, a soutenu le procureur. De son côté, le représentant du Contentieux de l’État, Mahamadou Tibo Kéïta, a demandé le payement d’un franc symbolique pour “préjudices moraux” subis.
Après l’intervention de ces derniers, les avocats de la défense ont plaidé, à leur tour, en faveur de leurs clients. Dans leur plaidoirie, ils ont insisté que les accusations ne reposent sur aucune preuve tangible. Par conséquent, ils ont réclamé un “acquittement pur et simple”. Pour rappel, le Colonel-major Kassoum Goïta et ses coaccusés sont poursuivis pour «association de malfaiteurs, tentative d’attentat et de complot contre le gouvernement, ainsi que complicité, dans l’affaire dite de la tentative de déstabilisation des autorités de la Transition».
Alassane CISSOUMA