La société civile face aux pratiques néfastes : Le combat de Mme Sidibé Kadidia Aoudou

L’excision est une question de santé publique au Mali. La pratique concerne dans certaines régions plus de 95% des femmes. Malgré les campagnes d'information et de sensibilisation entamées...

17 Août 2006 - 20:22
17 Août 2006 - 20:22
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L’excision est une question de santé publique au Mali. La pratique concerne dans certaines régions plus de 95% des femmes. Malgré les campagnes d'information et de sensibilisation entamées il y a plus de 20 ans, 80,3% des Maliens sont favorables à la poursuite de la pratique.

Dans cet entretien qu’elle nous accordé, la présidente de l’Association Malienne pour le Suivi et l'Orientation des Pratiques Traditionnelles, Mme SIDIBE Kadidia AOUDOU, explique sa perception de la question.

- Que fait l'Amsopt en tant qu'organisation non gouvernementale ?

- L'Association malienne pour le suivi et l'orientation des pratiques traditionnelles est une Ong nationale à but non lucratif créée en 1991 sous l'accord cadre N°519. Notre objectif est la promotion de la santé reproductive, lutter pour l'abandon de toutes formes de pratiques traditionnelles néfastes telles que l'excision, le mariage précoce, le gavage. Nous nous battons aussi pour la promotion des droits humains des femmes et des enfants, la prise de conscience des femmes quant à leurs droits civiques et politiques, leur implication dans le pouvoir de décision. Notre organisation a comme organes l'Assemblée, le conseil administratif et la direction exécutive.

- En 15 ans, qu'avez-vous réalisé sur le terrain ?

- Les réalisations sont nombreuses. Les principales sont l’information, la formation, la communication, la prise en charge des femmes victimes. Ce dernier volet concerne au moins 100 femmes. Un cas de complication a été traité sous nos auspices en France faute de matériels adaptés sur place au Mali. Il a coûté 8 millions de fcfa. Nous avons également investi dans le renforcement des capacités des jeunes associations intervenant dans la lutte contre l’excision. Ce renforcement se traduit en terme de formation, de fourniture de matériel d’IEC et d’argumentation. Nous concevons et élaborons des livrets éducatifs et organisons des séminaires au plan national sous-régional et international.

- Les difficultés ?

- Elles  sont nombreuses. Je vous cite les plus importantes. Nous avons des contraintes pour couvrir tout le Mali et convaincre certaines franges de la population aux messages d’information sur l’abandon des pratiques nuisibles. Il est également utile de citer l’analphabétisme, le déficit de conscience médicale et économique des femmes face aux fléaux de l’excision. Par ailleurs, nous souffrons aussi de l’insuffisance de fonds et de matériels didactiques plus performants.

- Un dernier mot ?

- Je lance un appel aux femmes afin qu’elles prennent conscience qu’elles ont en elles toutes les potentialités leur permettant d’arrêter l’excision. Il est temps pour nous de poser un nouveau regard sur la problématique de l’excision, en mettant en cause certains aspects de notre culture. Réalisé par Ibrahim SANGALA