L’association Temedt et ses partenaires appellent à l’adoption d’une loi contre l’esclavage et les pratiques analogues au Mali
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Appui à la justice et à la paix JUPAX », l’association Temedt en partenariat avec l’Avocat Sans Frontière Canada (ASF-C) et le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, a organisé une rencontre sur la nécessité et l’urgence de l’institutionnalisation d’une journée de solidarité aux victimes de l’esclavage et l’adoption de la loi de lutte contre l’esclavage et les pratiques analogues au Mali.
La cérémonie a eu lieu, le mardi 28 octobre, à la Direction nationale des Droits de l’Homme.
Le Mali, comme d’autres pays du Sahel, porte encore les stigmates de l’esclavage sous ses formes traditionnelles et contemporaines. Bien que ce système ait été officiellement aboli dans notre pays, des pratiques discriminatoires liées à l’ascendance esclavagiste persistent dans plusieurs régions du Mali. Elles se traduisent par la marginalisation sociale, l’exclusion des droits fondamentaux, et parfois même par des victimes graves.
D’où l’organisation de cette rencontre sur la nécessité et l’urgence de l’institutionnalisation d’une journée de solidarité aux victimes de l’esclavage et l’adoption de la loi de lutte contre l’esclavage et les pratiques analogues au Mali. Au cours de cette journée d’échange, les participants provenant des structures étatiques et de la société civile vont échanger autour de plusieurs thématiques, qui ont trait à l’institutionnalisation d’une journée de solidarité aux victimes de l’esclavage et à l’adoption de la loi contre l’esclavage et les pratiques assimilées au Mali.
L’institutionnalisation de cette journée vise à : « Reconnaître la souffrance des victimes passées et présentes ; Lutter contre les discriminations liées à l’ascendance ; Enfin prendre en charge les victimes ». Cette journée sera aussi l’occasion d’intervenir en faveur de politiques publiques inclusives et de renforcer les actions de promotion, notamment auprès des jeunes. Elle permettra enfin de réaffirmer l’engagement du Mali en faveur de droits humains et de la justice sociale, conformément à la Constitution malienne et aux instruments nationaux et internationaux ratifiés par le Mali.
Selon le président de l’association Temedt, Ibrahim Ag Idbaltanat, le phénomène de l’esclavage est un mal, une abomination. Tout en se réjouissant de l’organisation de cette rencontre, il se dit convaincu que le combat contre l’esclavage et les pratiques analogues au Mali sera gagné. « Au Mali, plusieurs personnes souffrent de discrimination parfois de violences uniquement en raison de leur ascendance », a souligné Richard Gorman, Directeur Pays d’Avocat Sans Frontière Canada (ASF-C).
... le tout répressif n’est pas forcément la solution
A l’en croire, malgré l’abolition de l’esclavage au Mali, certaines pratiques de discrimination liées à l’ascendance continuent d’exister. C’est dans ce contexte, qu’il a plaidé pour l’adoption d’une loi criminalisant l’esclavage par ascendance et des pratiques analogues est nécessaire. « Elle permettra de sanctionner les auteurs et de rappeler à toutes et à tous que la discrimination fondée sur l’ascendance n’a pas sa place dans la société malienne », a commenté Richard Gorman.
De son côté le directeur national des Droits de l’Homme, Abdoul Karim Diarra a rappelé l’engagement de l’Etat à lutter contre le phénomène de l’esclavage par ascendance et des pratiques assimilées. « Toutefois, le tout répressif n’est pas forcément la solution », a-t-il temporisé, appelant à l’instauration des journées d’information, de sensibilisation et de communication sur la question de l’esclavage par ascendance et des pratiques assimilées.
Il faut rappeler que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du « Appui à la justice et à la paix JUPAX ».
Abdrahamane SISSOKO/maliweb.net