Lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles : La campagne internationale « 16 jours d’activisme » lancée au Mali

La 25ᵉ édition de la campagne internationale « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles » a été lancée le mardi 25 novembre au Centre International de Conférences de Bamako (CICB). La cérémonie était présidée par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Diarra Djénéba Sanogo, accompagnée de son homologue de la Jeunesse et des Sports, Abdoul Kassim Fomba, en présence de nombreux partenaires techniques et financiers, dont l’UNICEF représentée par M. Pierre N’Gom.

8 Déc 2025 - 12:11
8 Déc 2025 - 12:13
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Lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles : La campagne internationale « 16 jours d’activisme » lancée au Mali

Placée sous le thème « L’utilisation responsable des réseaux sociaux, gage de protection et de promotion des valeurs culturelles des femmes et filles au Mali », cette édition s’est ouverte dans un contexte marqué par la montée des violences, notamment numériques, contre les femmes et les jeunes filles.

Halte au cyberharcèlement contre les filles et les femmes !

Dans son allocution, la Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djénéba Sanogo a rappelé l’importance des nouvelles technologies, qui offrent des opportunités d’expression, d’éducation et de participation citoyenne. Mais elle a sévèrement mis en garde contre les dérives auxquelles elles donnent lieu. Que les réseaux sociaux deviennent trop souvent un espace d’humiliation, de harcèlement, de diffusion non consentie d’images intimes, de chantage et de stigmatisation envers les femmes et les filles. Ces violences, dira-t-elle, détruisent des vies et menacent notre cohésion sociale. Et d’insister sur la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention, de protection, mais aussi les cadres juridiques et institutionnels afin de lutter efficacement contre les nouvelles formes de violences basées sur le genre (VBG).

« La lutte contre les VBG n’est pas seulement une affaire d’État. Elle concerne les familles, les communautés, les leaders d’opinion, les organisations de la société civile : chacun a un rôle à jouer », a affirmé la ministre en charge des droits des femmes. Dans la même lancée, pour l’UNICEF, la lutte contre les violences basées sur le genre nécessite une mobilisation permanente, un renforcement du cadre légal, une meilleure écoute des survivantes, ainsi que des actions de prévention à long terme dans les communautés. C’est pourquoi, le représentant de l’UNICEF au Mali, Pierre N’Gom, a également souligné la gravité croissante des violences numériques.  Selon lui, les agressions en ligne réduisent au silence, isolent et fragilisent les femmes et les filles. Elles limitent leur participation sociale, éducative, économique et politique. Et de poursuivre que ces menaces sont diverses et graves, à savoir : le cyber harcèlement, les discours de haine sexistes, la manipulation d’images, les “deepfakes”, la traque numérique et les extorsions en ligne.

« Ces violences virtuelles ne sont pas sans conséquences. Très souvent, elles se combinent avec des violences hors ligne, allant parfois jusqu’au féminicide », a-t-il averti, tout en appelant à une mobilisation soutenue au-delà des 16 jours de cette campagne.

 

Un état des lieux préoccupant des violences basées sur le genre

À l’ouverture de la campagne, le Programme National pour l’Abandon des Violences Basées sur le Genre (PANVBG) a présenté les données récentes issues de l’EDSM-VII et du système national d’information sur les VBG.

Les chiffres demeurent alarmants. Ainsi, 32 % des femmes déclarent avoir subi des violences physiques entre 2023 et 2024,38 % des femmes ont subi des violences conjugales., 49 % des femmes mariées ont été unies avant 18 ans ; 14 % avant 15 ans, 70 % des filles de 14 ans ont été victimes de mutilations génitales féminines et près de 16 000 cas de VBG ont été enregistrés à l’échelle nationale en 2023 : viols, agressions physiques, violences psychologiques, déni de ressources, mariages forcés, MGF, etc. Ces données témoignent de l’ampleur du phénomène et de l’urgence d’agir sur l’ensemble du territoire

Il faut noter que depuis l’ouverture officielle de cette campagne, plusieurs activités ont été tenues dans les régions : campagnes de sensibilisation, formations, dialogues communautaires, mobilisations citoyennes, actions dans les écoles et universités, et interventions des organisations féminines. Ces initiatives se poursuivront jusqu’au 10 décembre, date de la Journée internationale des droits humains, marquant la clôture des 16 jours d’activisme.

Adama Tounkara

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16 jours d’activisme sur les violences basées sur le genre : L’URTEL, YELEEN ET LUCEG ont joué leur partition à Dialakorobougou

Dans le cadre de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, l’Union des radios et télévisions libres du Mali (URTEL) en collaboration avec l’Association YELEEN et en partenariat avec LUCEG, a organisé, le samedi 6 décembre, une conférence publique à l’école de Dialakorobougou, derrière Niamana, dans la périphérie de Bamako. L’évènement, placé sous le thème : « le parcours des voix : Autonomisation des femmes, un levier essentiel pour mettre fin aux violences faites aux femmes et filles et à la corruption », a rassemblé élus locaux, organisations féminines, journalistes et habitants de la Commune.

En ouvrant la cérémonie, le Maire de la Commune de Dialakorobougou, Abdallah Tessougué, a souhaité la bienvenue à l’ensemble des participants. Dans son allocution, il s’est réjoui d’accueillir une initiative de cette envergure sur son territoire. « Notre commune a toujours été un lieu d’échange, d’écoute et d’engagement citoyen ; accueillir une rencontre dédiée aux droits des femmes et à la lutte contre les violences constitue pour nous une grande fierté » a déclaré l’édile de Dialakorobougou, avant d’exprimer la disponibilité de sa mairie à accompagner toutes les actions allant dans le sens de la protection et de l’autonomisation des femmes.

Pour la Présidente de l’Association YELEEN, Aissata Bocoum, ce qui est primordial est la nécessité de renforcer les capacités économiques, sociales et psychologiques des femmes. En mettant l’évènement dans son contexte, elle dira que les 16 jours d’activisme rappellent que les violences restent l’une des plus graves atteintes aux droits humains. Et de rappeler que cette année, les thèmes international et national mettent l’accent sur la lutte contre les violences numériques et l’utilisation responsable des réseaux sociaux. Le cyber harcèlement, le chantage, la diffusion d’images sans consentement ou l’usurpation d’identité touchent, selon elle, de plus en plus de femmes et de filles, provoquant peur, isolement et atteintes à la dignité. « Le numérique ne doit pas devenir un espace d’oppression ; nous devons informer, prévenir et protéger » a-t-elle indiqué. Et de poursuivre que c’est dans cette dynamique que YELEEN, en partenariat avec l’URTEL et les OSC du projet LUCEG, organise cette rencontre pour rappeler que l’autonomisation des femmes est un levier essentiel pour lutter contre les violences et la corruption. C’est pourquoi, elle a remercié le projet LUCEG, financé par Affaires mondiales Canada et mis en œuvre par l’ENAP, pour son soutien.

Pendant son temps de parole, la Présidente du Réseau des Femmes de l’URTEL, Amty Cissé, a mis l’accent sur un phénomène en forte croissance : l’exposition incontrôlée des femmes sur les réseaux sociaux. Elle a lancé un appel à la prudence, soulignant que « l’utilisation abusive des réseaux sociaux peut avoir des conséquences graves : chantage, harcèlement, atteinte à la réputation et même des problèmes au sein des foyers ». Elle a exhorté les participantes à éviter de publier leurs numéros personnels en ligne et à adopter des pratiques numériques plus sécurisées. Pour elle, il est impératif d’agir pour que ces dérives cessent et que les espaces numériques deviennent plus sûrs pour toutes.

La conférence s’est poursuivie par des échanges interactifs avec le public, des prestations d’artistes témoignant d’une forte mobilisation autour de la lutte contre les violences basées sur le genre et de la promotion de l’autonomisation des femmes.

Adama Tounkara