Me Mountaga Tall : « Aucune constitution au monde n’est parfaite »

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Me Mountaga Tall adhère et explique la nouvelle constitution. L’avocat et homme politique, cité parmi les auteurs de la constitution de 1992, a expliqué les passages « polémiques » de la nouvelle constitution en cours d’adoption. C’était au cours d’une rencontre dénommée : « exercice d’appropriation pédagogique de la nouvelle constitution ».

 Cinq membres du gouvernement étaient présents au grand oral de Me Mountaga Tall dont le ministre de la Refondation de l’Etat, Ibrahim Ikassa Maïga ; celui de la Culture, Andogoly Guindo. Au Centre international de Conférence de Bamako, ce samedi 3 juin, le conférencier a expliqué entre autres : la notion de constitution ; la légitimité des porteurs du projet ; ou encore la notion de laïcité…. Hadi Niagadou, Jeamille Bittar, Hamed Sow et plusieurs autres responsables de partis politiques ont pris part à la rencontre. Étaient également présents, les représentants des différentes confessions religieuses et coutumières. Le président du Haut conseil islamique du Mali était représenté par son fils aîné : Tidiane Haïdara.

« Une constitution ne détaille pas tout », a indiqué Me Mountaga Tall. La constitution, explique-t-il, se borne à fixer les grandes lignes sur les préoccupations d’un peuple à un moment donné de son histoire. D’ailleurs, a ajouté l’avocat, « aucune constitution au monde n’est parfaite ». Aux dires du conférencier, la constitution s’adapte au temps et à la société. Ainsi, la constitution des Etats-Unis a connu 27 révisions. En France, la constitution de 1958 a connu 24 révisions. « La révision d’une constitution ou l’adoption d’une nouvelle n’enlève en rien à la qualité de ses rédacteurs », a expliqué Me Mountaga Tall.

« La constitution ne réglera jamais tous les problèmes du Mali », a déclaré Me Tall. Et d’expliquer : une bonne constitution dans les mains de mauvais dirigeants, ça n’apportera rien au peuple. Par contre, une mauvaise constitution entre les mains de bons dirigeants, il pourra en sortir quelque chose de bon pour tous. A ceux qui doutent de la qualité des porteurs de projet, Me Mountaga Tall les renvoie à la transition de 1992 qui a adopté la constitution encore en vigueur, à ce jour.

 Constitution & laïcité

 Dans son exposé en Bamanankan, Me Mountaga Tall a consacré un quart d’heure au chapitre sur la laïcité qui fait l’objet de toutes les controverses. Contrairement à ce qui est entendu çà et là disant que dans la « laïcité, l’Etat est contre les religions », le juriste explique : dans « la laïcité, l’Etat tolère toutes les religions ». Comparant cinq modèles de laïcité en France, aux Etats-Unis, en Russie, en Turquie et au Liban, le conférencier affirme qu’aux États-Unis, pays laïc, la religion est omniprésente dans la vie publique.

Sur l’enseignement public et laïc, Me Tall assure qu’il vise, avant tout, à empêcher qu’un enfant ne soit exclu d’une école à cause de sa religion. Sur le voile qui couvre le visage, Me Tall estime que personne ne peut être contre le contrôle de l’identité d’un candidat ou d’une candidate à un examen ou un concours national.

 

Mamadou TOGOLA/maliweb.net

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5 COMMENTAIRES

  1. Oui Mountaga TALL, vous avez parfaitement raison, aucune constitution n’est parfaite dans ce monde ici bas, mais faisons attention à certains points importants qui ont mis le feu auxpoudres dans notre pays, surtout lors de la deuxième mandature d’IBK, ne reprenons les mêmes bêtises. Mais force est de reconnaitre que dans notre pays, nous ne mettons pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Comment peut-on accepter de mettre un bouché à la place d’un chirurgien? ou un mécanicien à la place d’un cireur de soulier? Respectons nos cadres et agents chargés de prendre les commandes de nos institutions étatiques. ATT a donné la faitière de l’Agriculture à un ignorant sans aucune formation, quelle ignominie? Et nous avons vu comment les choses se sont terminées.

  2. J’ai l’impression que le projet de cette nouvelle constitution présente plus de discorde que celle de 92 , je crains que son adoption débouche sur une crise faute de concertation et de consensus avec les acteurs politiques . La constitution de 92 était un excellent point de départ pour mettre le Mali à l’abri de toute tentative de régime personnel et autoritaire , elle pouvait être corriger pour la rendre beaucoup plus adaptable et perfectible à notre société tout en réaffirmant son caractère intangible démocratique. Son rejet orchestré par le populisme avec toute une classe politique était une erreur , c’est comme si on jetait le bébé avec l’eau du bain. Quelle pays peut se priver de ses ressources humaines politique au nom du prétexte fallacieux du tous pourris , c’est à la justice mature et indépendante de faire la lumière sur des comportements inappropriés . Quand je vois les gens faire usage de leurs autorités d’influences je n’en reviens pas ! Maître Tall était un des acteurs de 92 , il sait mieux que quiconque le sacrifice de cette constitution !

  3. sangare, tu racontes vraiment des animosités, et comprends que ton farfelu Alpha Omar Konare est un grand champion de la corruption, c’est lui qui a crée les premiers fonctionnaires milliardaires au Mali et qui a donne des galons de colonel a son fils Mala par nepotisme. Tu sais que le regime ADEMA-PSJ est un tres mauvais exemple a cause de la mal gouvernance qu’ il a fait régner au Mali.

  4. On ne peut pas souhaiter lutter contre la corruption et défendre ce projet de constitution.
    TROP DE POUVOIR ENTRE LES MAINS D’UNE PERSONNE EST SOURCE DE LA RÉSISTANCE DES PHÉNOMÈNES DE CORRUPTION.
    Il n’est un secret pour personne que le pouvoir corrompt.
    Au congo Brazzaville, au Gabon ,au Cameroun les pouvoirs sont indeboulonnables du fait d’avoir corrompu la grande majorité de la classe politique et harcelé, emprisonné même assassiné ceux qui résistent.
    CES TROIS PRÉSIDENTS ONT TOUS LES POUVOIRS!!!
    Exactement comme prévu par le projet de constitution proposé au référendum le 18 juin.
    POURQUOI MOUNTAGA TALL A COMBATTU LE RÉGIME DE MOUSSA TRAORÉ?
    N’est ce pas qu’il avait tellement de pouvoir concentré dans ses mains qu’il n’osait pas l’ouverture démocratique au risque d’en perdre?
    Le KOKADJE(rendre propre), le slogan des manifestants qui se sont révoltés contre MOUSSA TRAORÉ, est il compatible avec ce projet de constitution?
    MOUNTAGA TALL comme tous les acteurs du mouvement démocratique constatent que c’est le NOGOLEN(rendre très sale) qui est en vigueur.
    Donc, il s’agit de corriger les INSUFFISANCES CONSTATÉES empêchant le KOKADJE.
    Au constat de trois présidents de la République élus depuis 1992,il est naturel qu’on interroge le CADRE D’EXERCICE DE LA POLITIQUE guidé par la loi fondamentale du 25 février 1992.
    Heureusement qu’un homme aussi décidé à lutter contre la corruption qu’est SOUMANA SACKO n’a pas élu,on aurait connu un PRÉSIDENT ASSASSINÉ pendant ces trois décennies de pratique démocratique.
    On dit, à juste raison, que “la constitution s’adapte au temps et à la société”.
    C’est d’autant plus vrai que le KOKADJE n’a pas été reflété dans la constitution du 25 février 1992.
    APRÈS DEUX DÉCENNIES DE DICTATURE MILITAIRE, LA SOCIÉTÉ MALIENNE EN EST SORTI TELLEMENT CORROMPUE QUE “LE POT DE VIN” EST DEVENU BANAL.
    On a pensé, à tord, que seul un HOMME PROVIDENTIEL est capable de mettre fin à la corruption.
    Ainsi les présidents ALPHA OUMAR KONARE, AMADOU TOUMANI TOURÉ, IBRAHIM BOUBACAR KEITA sont accusés d’être incapables de lutter contre la corruption comme si on fait mieux dans les pays qui nous entourent.
    UN ÉLU A BESOIN D’UN SOUTIEN POPULAIRE POUR METTRE EN APPLICATION SON PROGRAMME.
    Qu’il privilégie la lutte contre la corruption,c’est mettre en danger l’équilibre de son pouvoir,une grande majorité des acteurs politiques étant motivés par l’appât du gain.
    Une coalition d’opposition est formée composée même des acteurs qui prônent la lutte corruption dans le seul but dégager le président en exercice.
    POUR AVOIR LA STABILITÉ POLITIQUE,ON PRÉFÈRE APPELER À PARTAGER LE GÂTEAU.
    Le pouvoir de l’ADEMA PASJ a été sévèrement combattu pour avoir refusé d’associer d’autres acteurs notamment les thuriféraires de la dictature militaire.
    Ils se sont associés aux opposants qu’on a crû partisans de la lutte contre la corruption.
    Imaginer, qu’associés,ils ont pu chasser le pouvoir d’ALPHA OUMAR KONARE,ce serait pour lutter contre la corruption?
    La réponse est connue depuis la démission forcée d’IBK.
    La victime(CHOGUEL MAIGA)du mouvement KOKADJE est devenu chef de gouvernement.
    L’un(MOUNTAGA TALL)des meneurs du mouvement KOKADJE est son allié indéfectible.
    La lutte contre la corruption n’est plus considérée primordial d’où aucune gêne pour défendre le projet de constitution.
    ON NE PEUT LUTTER CONTRE LA CORRUPTION QU’EN FAVORISANT LA SÉPARATION DES POUVOIRS.
    Seul un RÉGIME PARLEMENTAIRE permet la SÉPARATION DES POUVOIRS.
    Il suffit de jeter un regard parmi les pays qui l’ont adopté.
    Défendre ce projet de constitution,c’est empêcher la lutte contre la corruption.
    MOUNTAGA TALL se meurt politiquement car la lutte contre la corruption est dans son ADN POLITIQUE.

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