NOMINATION D’UN NOUVEAU PRESIDENT À LA COUR SUPREME:Vers l’épilogue de l’affaire du Père Youssef ?

ATT a promis, lors de sa rencontre annuelle avec la presse en juin dernier un dénouement prochain de cette crise qui trouve devant les tribunaux depuis dix ans, car dit-il, il n’est pas question de laisser un individu perturber la quiétude de toute la nation. En effet, des membres...

24 Juillet 2006 - 07:30
24 Juillet 2006 - 07:30
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ATT a promis, lors de sa rencontre annuelle avec la presse en juin dernier un dénouement prochain de cette crise qui trouve devant les tribunaux depuis dix ans, car dit-il, il n’est pas question de laisser un individu perturber la quiétude de toute la nation. En effet, des membres de l’Eglise catholique se sont mobilisés derrière le clergé pour obtenir l’annulation des jugements rendus par la Cour Suprême. En cette ère démocratique (à l’avènement de laquelle l’Eglise catholique du Mali a fortement contribué) il n’est sûrement pas normal qu’un décret présidentiel puisse l’emporter sur une décision de justice, surtout émanant de la Cour Suprême. D’ailleurs Alpha et ATT ont essayé de le faire, mais ce fut en vain, ce qui est tout à l’honneur de notre démocratie qui a ainsi prouvé qu’elle respecte la séparation des pouvoirs. Mais ATT, qui vient de montrer à l’occasion des évènements de Kidal, qu’il tient à la paix et à la stabilité du pays, pourrait par un autre chemin, comme la modification de la Cour Suprême, qui pourrait peut-être aboutir en toute légalité au résultat souhaité dans l’évolution de l’affaire du Père Youssef.
Litige foncier et légitimités
De quoi s’agit-il ? De terrains régulièrement acquis par le Père Youssef (en tout cas ainsi en a jugé la Cour Suprême en dernier ressort) et enregistrés à son nom, mais qui, pour l’Eglise catholique, ne sauraient lui appartenir, puisque, selon elle, un homme d’Eglise ne saurait recevoir ou acquérir que pour l’Eglise. En l’occurrence, ce n’est même pas de l’Eglise maronite qu’il s’agirait, car c’est sous le couvert de l’Eglise catholique que le prêtre maronite Youssef officie au Mali. En effet, c’est le Vatican qui assure la tutelle de ce missionnaire pour le bénéfice de la communauté maronite vivant au Mali. On pourrait s’interroger sur la raison de cette tutelle et de ce partenariat et apprendre qu’à l’époque coloniale, il n’était pas aisé pour une église de s’installer sur une terre coloniale sans l’approbation de la puissance coloniale et donc, accessoirement, de son église. C’est ainsi que, par exemple, il a fallu du temps et des accords pour que les Protestants aient accès aux colonies “catholiques” et vice-versa.
D’autre part, les évêques regrettent qu’en l’affaire (qui fut devant les tribunaux pendant dix ans) les magistrats de la Cour suprême, la plus haute juridiction de la République, aient méconnu “l’institution Eglise”.
Dans une lettre ouverte (voir par exemple “les Echos” du 28/11/05) ils écrivent : “Nous regrettons fortement que l’honorable justice ait vécu ce procès dans l’ignorance et la méconnaissance de l’institution Eglise, malgré les informations et les explications données. Est-ce de la mauvaise foi ou de la malveillance ? Quand bien même des individus peuvent acquérir des biens dans l’Eglise, aucun fondateur de paroisse ne peut se constituer propriétaire d’une paroisse et de ses oeuvres, encore moins prétendre à les léguer en héritage”.
Ibrahima KOITA