Côte d’Ivoire-Burkina faso, un derby sous haute tension
Dans un duel 100% ouest-africain, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso s’affrontent aujourd’hui au stade de Marrakech pour une place en quarts de finale. Entre le champion en titre qui veut tenir son rang et des Étalons sans complexe, ce «derby de la fraternité» s'annonce électrique.
La Côte d’Ivoire a terminé à la tête du groupe F avec 7 points : 2 victoires contre le Mozambique (1-0) et le Gabon (3-2) et 1 match nul contre le Cameroun (1-1) alors que le Burkina Faso s’est classé 2è du groupe E avec 6 unités : 2 victoires contre la Guinée équatoriale (2-1) et le Soudan (2-0) et 1 défaite contre l’Algérie (1-0). Dans ce duel fratricide entre deux nations voisines, l’enjeu est colossal. Pour la Côte d’Ivoire, il s'agit de maintenir son statut de patron du continent et d'effacer les doutes nés d'une phase de poules parfois irrégulière.
Une élimination précoce serait un véritable séisme pour les hommes du technicien Emerse Faé. De l'autre côté, le Burkina Faso entend confirmer son statut de «poil à gratter» de l’Afrique. Les Étalons, habitués du dernier carré ces dernières années, veulent prouver qu'ils n'ont plus de complexe d'infériorité face au géant ivoirien. Selon de nombreux observateurs, la rencontre devrait se jouer sur deux points fondamentaux : La bataille de l'entrejeu et la discipline tactique. La maîtrise du milieu de terrain sera cruciale. Si les Éléphants parviennent à imposer leur puissance physique, ils pourront priver de ballons les flèches burkinabè comme Bertrand Traoré ou Dango Ouattara. Le Burkina Faso excelle dans l'art du contre-pied. La clé pour les hommes de Brama Traoré sera de rester compacts et de piquer sur des transitions rapides, en exploitant les montées parfois risquées des latéraux ivoiriens.
Fidèle à son calme habituel, Emerse Faé prône la vigilance. «Nous abordons ce huitième de finale avec sérénité et vigilance. Le Burkina Faso possède une vraie culture de la gagne en CAN. La clé sera notre capacité à rester patients et à ne pas tomber dans l’émotionnel», exhorte le sélectionneur ivoirien. Côté burkinabè, Brama Traoré mise sur le cœur : «Affronter la Côte d'Ivoire est un défi immense. Ils sont favoris sur le papier, mais la CAN nous a montré que ce statut ne garantit rien. Mes joueurs sont prêts à aller au combat avec discipline».
Historiquement, la Côte d'Ivoire domine les débats en phase finale de Coupe d'Afrique des nations. Sur trois confrontations, les éléphants affichent un bilan de 2 victoires et 1 match nul. On se souvient notamment de la résistance héroïque des Étalons en 2010 (0-0) face à la génération de Didier Drogba. Le Burkina Faso parviendra-t-il à briser le signe indien ce soir ?
La première affiche de la journée mettra aux prises l'Algérie et la RD Congo à 16h GMT au stade Moulay Hassan de Rabat. Pour l'Algérie de Vladimir Petkovi, l'enjeu dépasse la simple qualification. Après les désillusions des dernières éditions, les Fennecs doivent prouver qu'ils sont de retour au sommet. Portée par des talents comme Riyad Mahrez, Amine Ferid Gouiri ou Ismaël Bennacer, l’Algérie se doit de gagner et une élimination précoce serait vécue comme un véritable échec national. Face aux Fennecs, les Léopards de Sébastien Desabre cherchent la stabilité. Demi-finalistes lors de la précédente édition, les Congolais, solides et physiquement impressionnants, veulent confirmer leur place dans le «Big 4» africain en faisant tomber un prétendant au titre.
Envoyée spéciale
depuis Casalanca
Seibou Sambri KAMISSOKO