UNION AFRICAINE:Le président Alpha Oumar Konaré ne veut pas rempiler

L’organisation serait-elle une déception. Tout porte le à croire pour la bonne et simple raison que les griefs d’Alpha O. Konaré, plus que légitimes, montrent que l’Ua est au fond du gouffre...

11 Juillet 2006 - 10:05
11 Juillet 2006 - 10:05
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L’organisation serait-elle une déception. Tout porte le à croire pour la bonne et simple raison que les griefs d’Alpha O. Konaré, plus que légitimes, montrent que l’Ua est au fond du gouffre.

En mettant en place l’Union Africaine (Ua), il était évident qu’il ne pouvait y avoir de rupture fondamentale possible. A partir des idées du Guide de la révolution Libyenne, Kadhafi entre autres chefs d’Etat, il fallait d’abord avoir des outils par rapport à l’Organisation de l’unité africaine (Oua). Ainsi, l’opportunité avait été donnée aux fonctionnaires et représentants des Etats (Ambassadeurs) à Addis de définir et mettre en œuvre de nouveaux projets. Le comble est qu’on constate aujourd’hui toute autre chose.
En Afrique, quand il s’agit de créer des organes, apparemment ça va vite. Mais, lorsqu’il s’agit d’appliquer des décisions prises au sein de ces organes rien ne se fait. Même si on ne peut pas parler actuellement de bilan de l’Ua, on peut quand bien même fixer des indicateurs.
Malgré la pesanteur et la lourdeur de l’héritage, l’Ua ambitionnait de mobiliser ses forces pour atteindre ses buts. Elle comptait, à ce titre, prendre en compte tout ce qui se passe dans la réalité africaine, notamment les calamités et les conflits successifs. Sans oublier tout ce qui bloque la marche de l’organisation.
Que dire à présent pour qu’elle fonctionne ? Doit-elle continuer à quémander auprès des grandes puissances ? En tout cas, à l’heure actuelle, pour le commun des mortels, l’Ua ne fonctionne pas. Il manque la chose la plus essentielle.
 
L’Ua incapable de boucler son budget
En effet, les chefs d’Etat n’ont pas la volonté de créer une organisation qui progresse par rapport à l’Oua.
Au lancement de l’Ua, Alpha Oumar Konaré, président de la Commission, dont la générosité par rapport à l’intégration africaine est une évidence, a proposé son programme. Il n’y a jamais eu de débats sérieux autour du sujet par les chefs d’Etat. Plus grave, on l’a laissé passer comme une lettre à la poste. Le budget a été voté à l’unanimité des chefs d’Etat. Quand on adopte un programme, on adopte aussi le budget ou alors une proposition pas très grande.
Puisque le ridicule ne tue pas en Afrique, le budget de Alpha Oumar Konaré s’est retrouvé à 10 % de ce qu’il demandait. Est- ce qu’une organisation qui a envie de travailler peut exécuter son programme avec des miettes ? Si le programme est bon, on ne peut pas se contenter de lui allouer 10 % de ce qu’exige son exécution.
De toute façon, les chefs d’Etat africains ont accepté les faits et Alpha Oumar a travaillé, disons le, contre sa proposition durant tout son mandat.
 
Alpha jette l’éponge
Il n’est pas d’ailleurs partant pour un second mandat. Alpha O. Konaré serait-il déçu du comportement des chefs d’Etat et de gouvernement qui ont rejeté sa proposition de reforme relative à la constitution africaine ? Rien n’est moins sûr. Car, il a toujours voulu qu’aucun président n’excède plus de deux mandats à la tête de son pays. Malheureusement, il n’a pas été suivi. Dès lors, sa destruction a été orchestrée. Qui plus est, chaque fois qu’il a voulu engager de grandes reformes, il est torpillé, bloqué dans son élan par le club du président Oumar Bongo du Obansajo du Nigeria.
Finalement, A. O. K., décidé à aller jusqu’au bout de son mandat, a déclaré, lors du sommet de l’Ua tenu à Banjul, qu’il ne rempilera pas en 2007. Selon lui, il ne pourra rien faire avec de tels dirigeants.
Les signes que nous recevons de lui de l’Ua ne sont manifestement pas des plus positifs.
S’inspirer du  modèle des autres
La manière avec laquelle l’organisation a demarée n’était pas du tout bonne. Il n’était pas intéressant de partir tous ensemble dans la course. Aujourd’hui, les observateurs jugent qu’il était plus que méthodique de déterminer des objectifs un peu plus faciles à atteindre. Une fois qu’on les aura atteints de passer à une autre étape, que ce soit dans la structuration de l’organisation en terme de nombre de participants ou dans la définition même des objectifs.
En somme, l’Ua pouvait partir comme l’Union européenne avec un groupe de pays capables d’avancer ensemble et trier les autres petits à petit.
     K.YOU