l’Agence de développement du Nord (ADN) sous haute tension : Le Directeur général adjoint rompt le silence et dénonce la mauvaise gestion des ressources

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L’atmosphère est très polluée à la Direction de l’Agence de développement du Nord(ADN). Le Directeur général de l’Agence et son adjoint sont à couteaux tirés quant à la gestion quotidienne de cette structure à vocation interrégionale pour impulser le développement dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Bien qu’il y ait péril en la demeure et  malgré la saisine de toutes les autorités compétentes par le DGA,  rien n’y fit. Aucune mesure n’a été prise par les plus hautes autorités pour dissiper les malentendus entre les deux hommes.  

Le torchon brûle entre le Directeur général de l’ADN, Mohamed Ag Mahmoud dit Aklini, et son adjoint, Alassane Sidi Touré.  Dès le lendemain de la création de l’Agence, ses  deux responsables se regardent en chiens de faïence.

Les raisons ? Le premier traite son adjoint d’"instigateur" au service de l’ex-mouvement Gandakoye pour l’abattre.  Faux, rétorque le DGA qui a été écarté dès lors de la gestion quotidienne de la structure. Alassane Sidi Touré  se dit  plutôt opposé à certaines pratiques d’administration et de gestion qui ne sont pas de nature à amener l’Agence à des résultats probants au profit des bénéficiaires. D’ailleurs, documents à l’appui, le Directeur général adjoint affirme que l’ADN va mal. Ainsi soutient-il qu’un an après la création de l’ADN, en 2006, il a alerté l’autorité exécutive à Gao, le ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales, la Primature de laquelle l’ADN relève et même la Présidence de la République sur l’absence d’orthodoxie dans les procédures de gestion de son chef hiérarchique. Dans ses différentes alertes, le DGA de l’ADN reproche à son puissant directeur général  le non respect de l’accord d’établissement de l’Agence.

A le croire, aucun recrutement du personnel n’a fait l’objet d’un avis régulier d’appel à candidature. Ici, dit-il, on recrute sur le principe de "l’homme qu’il me faut et non de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut". " Le plus souvent, on laisse entendre pour recruter une personne : c’est un envoyé du président, de la première Dame, du Premier ministre,  du ministre… ". C’est pourquoi, explique-t-il, le personnel ne répondant pas dans l’ensemble aux rigueurs de compétence est pléthorique à l’ADN, au-delà des normes fixées par le cadre organique et réglementaire.

Selon lui, l’Agence,   dans son fonctionnement actuel, est budgétivore sur toute la ligne en achat et en carburant. A titre d’exemple, il révèle qu’au moment où il n’y a environ que deux à trois missions effectuées par la Direction générale par an, les sous-directions, chargées de la mise en œuvre et du suivi des activités sur le terrain n’ont jamais été dotées de régies de fonctionnement. Car, celles-ci n’ont que 300 litres de gasoil par mois et pour toutes les missions sur le terrain dans un Nord-Mali très vaste comme chacun le sait. Pourtant, révèle-t-il, " la rubrique carburant dans le budget de l’ADN est de 12 millions par trimestre… "

S’agissant du programme de réinsertion, Alassane Sidi Touré affirme que ce volet a vu son manuel de procédures bien taillé sur mesure.             " Le crédit marchandise, qui est son support, ne favorise que des intermédiaires (commerçants) ".

Alassane Sidi Touré dénonce également l’organisation des cadres de concertations des partenaires sans aucune cohérence dans leurs objectifs et de continuité dans les recommandations issues de leurs ateliers.

Bien qu’il y ait péril en la demeure et malgré la saisine de toutes les autorités compétentes par le DGA pour la gestion chaotique de l’Agence,  peine perdue. Aucune mesure n’a été envisagée, a fortiori prise par les plus hautes autorités pour dissiper les malentendus entre les deux hommes.   Selon le DGA, l’agence est  perçue, aujourd’hui,  comme  étant "une pantomime de mauvais aloi, une sorte de cadeau politique réservé aux ”ex-rebelles” où personne ne doit se mêler, accompagné d’une campagne d’éloges intempestives sur des résultats pourtant organisés dans le seul but de rassurer les plus hautes autorités, endormir les pauvres populations du Nord, fatiguées de pleurnicher et détourner l’attention des contrôleurs et des vérificateurs". Nous reviendrons dans nos prochaines livraisons sur le jeu de ping-pong qui prévaut entre les deux premiers responsables de l’Agence de développement du Nord.

Soumaila GUINDO

 

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