Faits divers : « Le faux possédé du duruni »

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    Le trio avait désormais adopté cette stratégie pour dépouiller certains usagers des transports collectifs notamment les «durunis bâchées» encore en service à Bamako sur l’axe du Badialan.

                    Très souvent les trois hommes montaient dans le duruni au niveau du siège des anciens combattants communément appelé «Combattant». C’est finalement le vendredi dernier que l’arnaque assez rodée a pris fin à cause de la vigilance de Bourama, un chauffeur de duruni.

                    C’est aux environs de 11h00 du matin en plein à Bamako- Coura que soudainement il y avait une sorte de panique dans le véhicule. Un homme venait de tomber en syncope dans le véhicule de façon incompréhensible. Le chauffeur qui avait été alerté par le vacarme cherchait à se garer, le temps de trouver un espace. C’est alors qu’il parvient à se frayer un petit chemin et se gare. Il sort du véhicule et pose cette question : «Qu’est-ce qui se passe ?»

                    L’un des trois hommes répond aussitôt avec un sourire complice : «Excusez-nous pour ce désordre, il s’agit de mon frère, il est possédé par les djinns, mais c’est pas grave on va régler ça tout de suite, nous avons de quoi ? Juste, permettez que l’on descende ici…».

                    C’est alors que le chauffeur s’est aussitôt souvenu d’une scène pareille qui s’était déjà produite une fois dans son véhicule, il y a quelques semaines. Juste après l’incident, un homme avait perdu une forte somme d’argent dans le véhicule de Bourama. En outre,  Bourama avait aussi appris quelques autres cas d’une telle mise en scène et dans lesquels des passagers s’étaient faits dépouillés. 

                    Entre temps les trois hommes d’un certain âge s’étaient mis à l’écart sous l’arbre, histoire de réveiller «le malade». L’un des deux complices avait sorti son chapelet il récitait des sourates sur la tête du malade.

                    Mais au fur et à mesure que les sourates pleuvaient le «possédé» faisait semblant de se sentir mieux. Un moment, le guérisseur improvisé se relève et dit au chauffeur : «vous pouvez y aller, il va mieux, c’est son truc, c’est toujours comme ça, les vendredis…».

                    Bourama qui avait tout compris faisait semblant d’embarquer ses passagers, il leur  pose cette question en sourdine : «Hé, vérifiez vos portefeuilles et vos téléphones…».

                    C’est alors que soudain un passager crie à la folie en se fouillant le corps, toutes les poches l’arrière, le devant, le latéral, rien n’ y fait le pactole avait disparu. Il était contenu dans une enveloppe jaune, c’était 170.000 FCFA (cent soixante dix mille) même pas un franc en plus ou en moins.

                    Bourama le chauffeur rétorque alors : «Hé, alors venez avec moi, ne crie pas je sais qui a ton argent, le petit groupe se dirige vers les trois hommes qui étaient à quelques 5 mètres d’eux. Arrivé à leur niveau Bourama exige : «donnez-nous l’enveloppe que vous avez pris sur ce monsieur, faites vite avant qu’on ne vous fouille…» Subitement le malade était plus apte que tout le petit groupe, il avait compris la merde. Il baisse son pantalon arabe (zarabe) et sort l’enveloppe de son caleçon, le propriétaire arrache son enveloppe et se met à compter.

                    Le compte était bon, le trio est alors accompagné dans la bâchée au commissariat avec des jeunes curieux qui avaient joué les bénévoles, pour les empêcher de fuir. Après avoir déposé les malfrats au commissariat, le duruni est revenu déposé les «vigiles» de circonstance, pour ensuite récupérer le restant des passagers.

                    Il est important de préciser que tous les passagers continuaient de poser des questions, sur la méthode qu’ils ont utilisée pour dérober cette enveloppe. En outre le trio dit avoir repéré leur cible à artisanat, ils l’avaient pris en filature, il venait de vendre de l’or.

     

    Youba KONATE

     

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