Mort de 600 Maliens suite à la crise post-électorale ivoirienne : Un manque d’anticipation de l’Etat malien  

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Après la grande prière de vendredi dernier 15  juillet 2011, les fidèles ont été retenus pour quelques minutes de prière et de bénédictions en la mémoire des  disparus maliens lors des évènements tragiques post-électoraux survenus en Côte d’Ivoire. La prière était dirigée par l’Imam Kokè Kalé, en présence du Ministre des Maliens de l’Extérieur, d’une délégation ivoirienne, des représentants des mosquées de Bamako et des Associations religieuses.

A titre de rappel, du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011 de chaudes journées ensanglantées ont eu lieu en Côte d’Ivoire et plus particulièrement à Abidjan. Officiellement, on fait état de 600 Maliens qui ont péri pendant cette période de turbulence et d’affrontements. Sans compter (officieusement), les disparus et les autres blessés graves.

Certes, comme l’exigent nos us et coutumes, il était important d’avoir une pensée pieuse pour nos 600 compatriotes qui ont perdu la vie en terre ivoirienne. On apprend aussi qu’avant le rendez-vous de la réconciliation nationale préconisée par les nouvelles autorités ivoiriennes, une délégation malienne sera dépêchée à Abidjan. Mais, tout cela suffira-t-il à essuyer les larmes des familles éplorées ?

A notre entendement, nos autorités auraient pu éviter ce drame en tenant compte de certains indices. En effet, le Mali et le Burkina  pouvaient  se donner la main pour endiguer  ce mal depuis le départ d’un certain Robert Guéyi du pouvoir. Les prémices de cette déplorable perte de vies humaines existaient depuis les périodes 2000 et 2002. C’est depuis ce temps qu’il fallait mettre en place un dispositif de rapatriement et de réinsertion de nos compatriotes vivant en Côte d’Ivoire. Pourquoi ATT et Blaise Compaoré se sont empêtrés dans les hésitations et le tâtonnement, sachant  bien que le Troubadour  Gbagbo n’était pas un modèle de bon dirigeant pour  la côte d’Ivoire ? Voilà la grande question qui brûle aujourd’hui les lèvres.

En tout cas, nos dirigeants ont manqué de sens d’anticipation. Ils ne nous le démentiront pas avec la crise libyenne qui a aussi créé des pertes en vies humaines de nos compatriotes. Comme le disait un grand penseur, «gouverner, c’est savoir anticiper». Est-ce cela qui manque à nos gouvernants ? En tout cas, nous espérons qu’ils tireront les leçons de ce qui s’est passé pour atténuer, à l’avenir, les souffrances de nos frères et sœurs vivant à l’étranger. Sinon, à quoi sert le Ministère des Maliens de l’Extérieur ? Une coquille vide ? Il y a lieu d’y réfléchir !
MANTALA

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