Malgré le rapatriement de citoyens occidentaux de Tombouctou :Deux français restent à Tombouctou

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Nous les avons rencontrés, ils se sont dits déterminés à rester à Tombouctou contre AQMI et revenants de la Libye !  L’un s’appelle PANZANI HERVE et l’autre Jean Marc. Ils sont respectivement promoteurs de l’hôtel la Palmerai sis au quartier sans fil et d’une auberge à Abaradjou. Tous les deux ont justifié leur présence à Tombouctou par le fait que la ville mystérieuse du Mali n’est pas plus en insécurité que n’importe quelle ville occidentale où il y a des tueries tous les jours. Jean Marc s’est même permis d’accuser Nicolas Sarkozy, le Président de la république française, d’être responsable de cette situation confuse dans la bande sahélo-saharienne. Lisez ce qu’ont dit ces deux français !  

ENTRETIEN AVEC HERVE PANZANI (nous l’avons rencontré dans son hôtel)

 

 Lafia Révélateur : Bonjour monsieur, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

 

P.H : écoutez, je m’appelle Panzani Hervé de nationalité française. Je suis le promoteur de l’hôtel la Palmerai à Tombouctou.

 

L.R : après les évènements de la semaine passée, les occidentaux ont été rapatriés de la ville. Qu’est ce qui explique encore votre présence ici à Tombouctou ?

 

P.H : Bon ma présence, c’est que j’ai investi à Tombouctou. On a commencé à monter cet hôtel en 2006 et malheureusement  il a ouvert en 2009 au moment où la crise a commencé.

 

L.R : depuis l’ouverture de cet hôtel, est-ce que vous receviez des touristes ? Est-ce que ça marchait réellement pour vous ?

 

P.H : oui, on recevait des touristes les  deux dernières années. Les deux dernières saisons on a reçu des touristes bien que nous étions juste  en début d’ouverture, mais actuellement bien sûr après les événements qui se sont passés ; nous n’avons que des annulations de réservation.

 

L.R : Pensez-vous que vous êtes en sécurité dans cette ville de Tombouctou ?

 

P.H : Bon oui, je pense quant même que je suis en sécurité. Je vois de plus en plus qu’il y’a des patrouilles de police, qu’il y’a des patrouilles de l’armée qui sont par-ci et par-là. Je pense que l’acte qui a été commis est un acte isolé  qui n’a rien à voir avec AQMI.

 

L.R : Après que votre ambassade et les autorités maliennes vous aient demandées de rentrer ; pourquoi  êtes-vous restés malgré tout?

 

P.H : Bon écouter, c’est parce que je crois  au Mali, je crois  encore à  Tombouctou, je crois à ses habitants. Même si je ne suis pas complètement intégré, j’ai quand même beaucoup d’amis ici et puis j’aime cette ville.

 

L.R : Est-ce que vous avez décidé de rester à Tombouctou par ce que vous aimez la ville ou bien pour d’autres raisons ?

 

P.H : bon, pour des raisons multiples. D’abord j’aime cette ville, j’aime ses habitants et puis aussi pour essayer de relancer l’activité touristique parce que je pense que cette activité ne va  pas mourir comme ça. Tombouctou étant une ville mythique, ça va reprendre, il faut garder l’espoir, il faut être optimiste.

 

L.R : Avez-vous longtemps vécu ici à Tombouctou ?

 

P.H : Je suis à Tombouctou depuis Aout 2008.

 

L.R : N’avez-vous jamais reçu de menaces de mort par exemple ?

 

P.H : Non ! Absolument pas ! Je n’ai jamais reçu aucune menace .Bon, il faut dire que je m’occupe de moi-même, de mon hôtel, je m’occupe pas d’autres choses.

 

L.R : après tout ce qui vient de se passer, vous compter rester à Tombouctou ou vous envisagez de rentrer chez vous dans les jours à venir ?

 

P.H : Bon, je ne sais pas. Ça va dépendre des réservations des touristes. Parce que s’il n’y a pas de touristes, je ne pourrais plus payer mon personnel, j’ai déjà été obligé de licencier trois personnes sur mon personnel et s’il n’y a pas de touristes il n’y aurais pas de rentrée d’argent. Je ne pourrais donc plus payer mon personnel et aussi les charges de l’EDM. Dans ce cas, je n’aurais pas deux choix que de fermer automatiquement l’hôtel.

 

L.R : Merci  Herve de nous avoir accueillis dans votre hôtel pour cet entretien.

 

P.H : C’est moi qui vous remercie  de vous occuper de notre sort.

Entretien avec Jean Marc. (Il nous a reçus dans son auberge à Abaradjou)

 

L .R : Bonjour monsieur, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

 

J.M : Assalam Alaikoum, Nin Da Soubo, je suis CHERRIER, mon prénom  Jean Marc, je suis français mais je me considère plutôt comme franco-malien maintenant.

 

L.R : Avez-vous la nationalité malienne ?

 

J.M : Non, pas encore mais je ne désespère pas.

 

L.R : Marc, de nos jours les touristes sont presque invisibles dans cette ville mais qu’est-ce qui explique votre présence ici ?

 

J.M : Eh bien, nous c’est notre vie  ici. On a même voulu nous renvoyer plus ou moins sur Bamako et autres. Non, notre vie, c’est ici à Tombouctou et si nous avons choisis cette ville c’est là que nous vivons, ce n’est ni Bamako ni la France. 

 

L.R : Pensez-vous que vous êtes en sécurité dans cette ville et précisément à Abaradjou où l’allemand a été assassiné et trois autres touristes enlevés ?

 

J.M : C’est relatif, bien sûr qu’il y’a toujours une suspicion de danger mais quand même pas plus de danger que n’importe quelle ville française ou européenne. Mais dans toutes les grandes villes françaises,  c’est  plusieurs morts par jour,  donc je ne pense pas que je sois plus en insécurité ici à Tombouctou  que dans n’importe quelle grande ville de France.

 

L.R : Etes-vous tranquille ? Ne serez-vous pas paniqués après ce qui vient de se passer dans votre quartier, Abaradjou ?

 

J .M : Entre les deux : la panique quand-même pas du tout, loin de là ; à l’aise,  pas complètement quand-même. Il ne faut pas quand même exagérer c’est entre deux situations, une prise de conscience de ce qui se passe dans la ville et surtout dans le pays.

 

L.R : Après que votre ambassade et les autorités maliennes vous aient demandées de rentrer ; pourquoi  êtes-vous restés malgré tout?

 

L.M : Bon, ce n’est pas du tout un exploit. Les habitants vivent ici et nous, on se considère comme des habitants donc nous continuons notre vie quotidienne comme d’habitude.

 

L.R : On ne vous a pas obligé de rentrer ?

 

J.M : Non, mais il y’a eu des pressions venant des militaires, de la gendarmerie et puis des appels de l’ambassade mais je pense qu’on est suffisamment adulte pour prendre des décisions.

 

L.R : Est-ce que vous êtes restés dans la ville pour des raisons personnelles ou parce que vous aimez cette ville ?

 

J .M : Bien sûr que c’est parce que nous aimons bien cette ville. C’est tout à fait une ville situé entre le fleuve et le désert. On se sent bien ici c’est notre ville, on ne va pas la quitter.

 

L.R : Qu’est-ce qui vous a beaucoup impressionné ici à Tombouctou ?

 

J.M : C’est la tradition, cette ville est excentrée c’est ce qui fait sa valeur malgré que l’on sent un peu les attaques du ‘’Modernisme’’ c’est normal, on ne peut l’éviter nul part ailleurs mais cette ville est excentrée, un peu à l’abri. Les traditions font qu’il y’a certaines choses dans cette ville qu’on rencontre rarement en Afrique et au Mali en particulier.

 

L.R : Avez-vous longtemps vécu dans cette ville ?

 

J.M : il y’a eu des interruptions mais cela fait quatre ans que j’ai payé ma maison ici à Tombouctou et je commence à me sentir tombouctien.

 

L.R : Quel appel lancez-vous au monde du tourisme ?

 

J.M : On les appelle, il faudra qu’ils soient encore entendus. Il faudra que le président de la France arrête ses conneries  ce serait mieux pour nous, s’il n’avait pas fait toutes ses bêtises on ne serait pas encore là. Un appel : c’est que les touristes doivent venir car cette ville vit du tourisme. Si on ne veut pas que la misère et d’autres problèmes s’installent, il faut que le tourisme revienne en se sentant sécurisé.

 

Entretiens réalisés par Mohamed Salaha

 

 

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