Le reggaeman Abdoul Fouad Do à propos des élections au Mali :”Je demande la paix avant et après les élections à tous les candidats”

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Il fait partie de l’un des propulseurs de la musique reggae au Mali. Il est l’un des premiers à avoir compris que la descente passionnée dans les entrailles de la légende était de nature à consolider l’expression culturelle nationale et l’identité individuelle. Dans un entretien qu’il a accordé à Bamako Hebdo, l’artiste parle de sa carrière, de sa vision sur la crise libyenne et les futures élections au Mali.

 

Bamako Hebdo : Cela fait longtemps qu’on ne voit pas Abdoul Foua Do sur les scènes. Où en êtes-vous actuellement?
Abdoul Fouad Do : 
Tout d’abord, je remercie votre magazine qui ne cesse de contribuer à la promotion des artistes. Dire que cela fait longtemps, je dirai non. Je viens de terminer un single dont le clip passe actuellement sur les antennes de la télé. Je suis toujours dans la musique reggae. Une musique qui reste toujours engagée et  que j’ai commencée dans une des capitales les plus reggaes: Londres.

 


Avez-vous un nouvel album ?

Pas encore car je suis en train  de le terminer. Inchallah, il sera disponible cette année. Mais pour l’instant, j’ai réalisé des clips qui seront bientôt diffusés sur les antennes de la télévision. Il sera mon neuvième opus car certains de mes albums n’ont pas été connus au Mali. Ce qui veut dire que je n’ai pas commencé la musique au Mali mais plutôt au Ghana et en Europe. Par exemple, en Italie j’ai évolué avec ”Suprem C”, en Angleterre avec ”Black User” avant de me diriger vers l’Afrique.

 


Quels sont les différents messages que vous véhiculez dans le neuvième album?

Mon message constitue à encourager toujours les Noirs à aller de l’avant. Egalement, je lance des messages pour la scolarisation des enfants. Pour que l’Afrique se développe, il faut une main d’œuvre abondante et qualifiée car nous sommes à l’heure de la mondialisation où les compétences sont très importantes.

 
Il comportera combien de titres ?
L’opus est composé de huit titres et sera disponible d’ici au mois de juin et ça sera une surprise.
Quel regard portez-vous sur  le reggae, de façon générale, et sur la musique malienne en particulier?
Actuellement? d’une manière générale, le reggae est en train de perdre tout son sens comme au temps de la légende Bob Marley. La musique reggae n’est pas n’importe quelle musique. Elle véhicule des messages forts et révolutionnaires. Elle éveille les consciences.  Au début, la musique reggae au Mali avait des problèmes à cause du sens des textes. Car, tous les messages véhiculés étaient en anglais. Mais actuellement, la musique reggae évolue très bien au Mali. On voit de plus en plus que les rastas sont mobilisés au sein d’une association et participent à chaque événement du mouvement.

 
Comme vous venez de le dire le reggae est une musique qui éveille les consciences. Quelle appréciation faites-vous des différentes crises que le continent africain  connait actuellement ?
Des différents événements qui se sont déroulés en Afrique, celui de la Libye   m’a choqué. Surtout lorsque les chefs d’Etat africains ont voulu s’y rendre pour s’imprégner de la situation, ils ont été bloqués. Seuls les africains étaient mieux placés pour gérer cette crise libyenne car c’était purement et simplement une affaire libyenne et africaine. On devrait donner l’opportunité aux chefs d’Etat africains de trouver la solution. La solution diplomatique était encore meilleure que les moyens utilisés par les occidentaux. Leur objectif était de chasser un homme malheureusement ce dernier est décédé. Ce fait n’est pas nouveau. Le Ghana a été victime lorsque Nkwamé  Nkrumah était la voix des Africains en 1966, un coup d’Etat a été organisé contre lui avec la complicité de certains ghanéens. Lui aussi avait  un projet destiné à faire l’unité africaine. Aujourd’hui, on ne veut pas voir l’Afrique évoluée. Ils veulent que ce beau continent soit toujours  au genou pour tendre la main.

 

A cet égard, quel appel lancez-vous aux dirigeants africains ?
Les Chefs d’Etat Africains doivent comprendre que ce qui est arrivé en Libye peut aussi  arriver dans n’importe quel pays du continent. C’est le moment pour eux d’être plus solidaires. Il est tant que nos dirigeants cessent de sacrifier ce continent au profit de Babylone.  Il faut qu’ils soient plus responsables et sages. Et que  certains d’entre eux cessent d’être des marionnettes à la solde de Babylone pour déstabiliser leurs homologues.
Bientôt  il y’aura des élections au Mali, avez-vous un message pour les différents candidats ?

 
Il faut signaler qu’en Afrique, les périodes électorales sont des moments de grande mobilisation. Cela depuis plus de vingt ans que je vis au Mali.  Pour cela, les Maliens doivent montrer une fois de plus la maturité de leur démocratie. Le vainqueur et les vaincus doivent travailler ensemble pour le développement de ce beau pays. Je demande la paix avant et après les élections à tous les candidats.

 


Comment se porte la communauté ghanéenne présente au Mali ?

Tout d’abord, je signale que cette association a été enregistrée au niveau du ministère de l’Administration territoriale du temps de Sada Samaké par moi-même. J’ai été également toujours président de CENI lors des élections du président de l’association. Juste pour vous dire qu’elle se porte bien et évolue positivement. Actuellement, il y a une discussion au sein de l’association pour la création d’un Haut conseil de la communauté ghanéenne.
 Entretien réalisé par
Bandiougou DIABATE

 

 


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