Kari Bogoba Coulibaly dit Madou Wolo : Un bel exemple à suivre pour la nouvelle génération

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Né en 1962 dans la région de Ségou, plus précisément à Kola, arrondissement de Tona, Kari Bogoba Coulibaly puisque c’est de lui qu’il s’agit est issu d’une famille où la culture est développée. Son père, feu Bogoba Coulibaly et son grand frère, Adama Coulibaly, actuellement chef du village de Kola furent de grands musiciens.

 

Dans les années 1970, à Kola, la scolarisation des enfants n’était chose aisée.  Avec la construction de l’école fondamentale de Tona, un certain M. Cissé, chef d’arrondissement de Tona à l’époque, est allé voir les parents de Kari pour qu’il soit inscrit à l’école. Très éveillés par l’importance de la scolarisation, le Vieux Bogoba et la vieille Moussokoura acceptèrent d’envoyer leur enfant à l’école. A dix ans, Madou Wôlô fut inscrit à l’école fondamentale de Tona. C’était au cours de l’année scolaire 1970-1971. Donc la première génération de l’établissement. C’est de là-bas qu’il obtint son Certificat d’études primaires (CEP) avant de décrocher son Diplôme d’études fondamentales (DEF) en 1980.

 

Après avoir été admis au DEF, en 1981, il choisit de continuer ses études à l’Institut National des Arts (INA) et ce choix n’était pas fortuit : « À l’époque, beaucoup de jeunes villageois pensaient qu’on devenait chef d’arrondissement après l’INA. Moi je voulais devenir un chef d’arrondissement ». Parmi les cinq sections de l’INA, Kari préfère l’animation pensant qu’il est sur le chemin de son objectif. C’était le contraire : «  Une semaine après mon choix, notre censeur, Dadié Dagnogo, qui fut ministre dela Culturesousla Transition, est venu nous encourager en nous définissant toutes les fonctions que nous devrions occuper après les études. Parmi ces fonctions, ne figurait pas ce que j’envisageais d’être chef d’arrondissement ».

 

Une semaine plus tard, l’enfant de Kola décide de changer de section. C’est ainsi qu’il choisit la section art dramatique. Cela aussi avec beaucoup de risques : « Quand j’ai décidé de faire l’art dramatique, on m’a effrayé en me disant que si j’échouais au test, ç’en était fini de moi. Malgré tout, j’ai accepté et  j’ai passé le test avec succès ».

 

En 1985 soit une année avant la fin de ses études, Kari crée le groupe Niongolon avec ses camarades qui sont entres autres : Malick Dramé dit Malickba, Salim Sylla dit Tosh, Tènèma Samogo dit Zantigui ou Lassidan, etc. C’était sous la houlette de Philippe Dossier, professeur français de l’art dramatique, qui les a encouragés de créer une troupe. Après avoir fini avec leurs études en 1986, Kari et son groupe furent invités au festival international de Limoges en 1987 au cours duquel, ils ont alarmé les organisateurs. Suite à de nombreuses prestations très spectaculaires, le Groupe Niogolon fut sollicité  par le Programme national de lutte contre le Sida pour tourner un film afin de sensibiliser les populations sur les dangers du Sida.

 

C’est ainsi qu’en 1990, ils tournèrent un film intitulé « Kouloussidjala ».  Ce spectacle a crevé l’écran : «  C’était notre première production. Dans ce film, je fus baptisé Madou, fils de Ladji. Ce cinéma  a été joué au moins 75 fois avant d’être mis en image. Nous avons sillonné tout le Mali avec (Kouloussidjala), qui fut très bien apprécié par les Maliens ». Tout comme un journaliste, un médecin voire même un cultivateur, un comédien doit être fier de son métier. C’est d’ailleurs ce qui distingue Kari de beaucoup de comédiens : « Moi, mon secret, c’est l’amour de ce métier. Pour être un bon comédien, il faut beaucoup lire.  Moi j’aime  lire et suivre les spectacles. Pour moi, la comédie n’est pas d’imiter quelqu’un, mais de l’être pour bien véhiculer le message. C’est pour cette raison que je fais beaucoup de lecture pour mieux m’outiller ».

 

Très talentueux, Kari Coulibaly est très contemplé par les metteurs en scène. Il participa à un roman sénégalais intitulé « la grève des bateaux » dans lequel, il jouait le rôle de Directeur Général. Cette pièce a été jouée au moins pendant cinq années d’affilé en France : «  Ce roman nous a permis d’être invités au premier Mansa en Côte d’Ivoire ». En 1997, à Hombori, le regretté comédien Sotigui Kouyaté estima les prestations des comédiens maliens. Pour donner plus de visibilité à la comédie malienne,  il leur demanda de créer une compagnie à dimension africaine.  C’est dans cet élan qu’en 1998, Sotigui Kouyaté, Guimba National, Alioune Ifra N’Diaye et Jean-Louis, un Français, ont créé ensemble l’Association « MandenKas Théâtre ». Après la création de cette association, ils ont procédé à  des recrutements de comédiens. Et cela  en fonction des valeurs des uns et des autres. Le critère fort de ces recrutements était que le postulant devait avoir d’autres valeurs telles que faire de la musique. Cela a trouvé que Kari était très doué au balafon, ceci après avoir acquis des expériences auprès de son père et de son grand frère. Parmi les autres membres de Niogolon, il fut le seul recruté pour un projet de film qui a trop duré que prévu : «  Au cours de ce projet, nous avons réalisé des pièces comme l’Antigone et le roi, le théâtre du  groupe du Nord et  le théâtre de la commune.

 

Dans chacun de ses scènes, les spectacles étaient assurés pendant un moi et en guichet fermé. C’est ainsi que le spectacle est allé au delà de nos attentes ». Cela aurait peut être fait des mécontents au sein de son Groupe d’où il décida d’abandonner pour continuer à travailler avec beaucoup de réalisateurs européens. De son retour au bercail, il crée l’Association Culturelle ‘’Tobo Dji’’.  Grâce à la volonté et la détermination des membres de cette association, ils mettent en scène leur premier produit intitulé « Madou wôlô » dont l’acteur principal est Kari Coulibaly : « J’avais déjà le nom Madou à travers le film Kouloussidjala. Je n’ai pas cherché très loin. J’ai  ajouté seulement wolo, qui veut dire en bambara  la perdrix. Donc, Madou le malin. Ce sont des individus, qui n’ont aucune pitié. Ils n’ont aucune moralité.

 

Les populations étaient victimes de beaucoup d’escroqueries de la part des arlequins qui se croient plus malins que tout le monde. Je voulais dire aux gens de ne pas s’exposer aux  faux marabouts ». Ce film a exposé l’écran dans notre pays. Ensuite, il fut sollicité par le réalisateur Boubacar Sidibé pour la réalisation du film «  Le Roi de Ségou » ou Kari jouait le rôle de griot auprès de Biton Coulibaly. Cela suite à ses prestations enthousiastes aux pièces de théâtre ‘’Sanoudjè’’, ‘’Fatobougou’’ et même ‘’Dou, la famille’’. Depuis le 15 novembre dernier, il assure la présidence de l’Union Nationale des Comédiens du Mali (UNACOM).

Patrice Diarra

 

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nonono<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 619</span>
Membre
nonono 619
4 années 7 mois plus tôt

MADOU WOLO EST L,UN DES PLUS GRAND COMEIEN QUE J,APRECIS BEAUCOUP,MAIS JE VAIS DIRE UNE CHOSES,EN ESPAGNE,IL Y A QUE DES DVD PIRATE DE MADOU WOLO,DE SEKO BOUARE ET LES MUSIEN DU MALI…A 1,50 EURO…..LA PLUS PART CES ECRIT CAMARA PRODUCTION,ET VOULEZ
-VOUS QUE L,ART PROGRESSE COMME CA SI IL SONT PIRATER A TORD ETA TRAVERS.VIVE LA CULTURE MALIENNE,VIVE L,ART DANS SA DIVERSITEE.

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